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Festival du Film Britannique de Dinard 2015 : palmarès et compte rendu

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Située sur la Côte d’Emeraude aux couleurs si changeantes et fascinantes, avec sa statue d’Hitchcock portant les oiseaux de son célèbre film éponyme, avec ses Union Jacks qui , le temps du festival, fleurissent un peu partout, ses bâtisses majestueuses et, selon les lumières, grandioses ou inquiétantes, la ville de Dinard, à l’image du cinéma qu’elle met à l’honneur quelques jours par an, le temps du Festival du Film Britannique, allie magnifiquement les contrastes, les paradoxes, les styles divers.

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« Il y a deux sortes de festivals : ceux qui servent le cinéma et ceux qui se servent du cinéma. Nous appartenons à la première catégorie», a ainsi écrit Hussam Hindi, l’enthousiaste et passionné directeur artistique du festival dans son édito et, indéniablement, Dinard fait partie de ces festivals où le cinéma est la vraie star, c’est pourquoi j’ai tant de plaisir à y revenir depuis ma participation à son jury, alors présidé par Jane Birkin, en 1999 (notamment avec un certain Tom Hollander à qui le jury rendait hommage cette année). Grâce à une nouvelle agence (Pierre Laporte) qui a fait un travail admirable, le festival s’était de surcroît donné cette année des airs de Cannes, avec ses tapis rouges ornés de palmiers, sa musique euphorisante, ses photocalls qui ont ravi les festivaliers sans que cela nuise un seul instant à la convivialité et à l’accessibilité qui caractérisent ce festival.

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Comme l’a souligné le premier édile de la ville, Mme Martina Craveia Schutz,  le président du jury de cette édition 2015, Jean Rochefort, a « illuminé et embrasé la ville », s’adressant à la salle à chacune de ses arrivées, ponctuant ses paroles de son rire inénarrable et si communicatif, et, en arrivant un matin, allant même jusqu’à raconter au public son émotion en recevant, à Dinard, une lettre d’un homme qui lui parlait de son père qui l’avait aidé pendant la guerre.

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Ce qui distingue aussi ce festival, c’est la richesse et la diversité de sa programmation, une audace et une originalité (parfois, une radicalité) caractéristiques du cinéma britannique, synonyme de tant de styles de David Lean à Stephen Frears ou Kean Loach, des fresques lyriques au réalisme social. C’étaient plutôt le film de genre et la comédie qui étaient à l’honneur cette année et si des personnages étaient englués dans une réalité sociale c’est par le décalage que leurs protagonistes tentaient d’y échapper. L’incongruité, l’absurde, le surgissement de l’inconnu, la sauvagerie pourraient d’ailleurs être le point commun des films en lice et des avant-premières de « The Lobster »  en passant par le film qui a raflé tous les prix, « Couple in a hole » sans oublier l’étrange « Norfolk ».

Dès la cérémonie d’ouverture, Jean Rochefort avait donné le ton en déclarant « Je suis président pour la première fois de ma vie. Il est normal que j’emmerde tout le monde » avant de présenter chaque membre de son jury : Emma de Caunes, Melanie Doutey, Alexandra Lamy, Amara Karan, Helena Mackenzie, Natalie Dormer, Pierre Salvadori, Noah Taylor, Benard Lecoq, Bertrand Faivre, Virginie Effira initialement annoncée comme membre du jury étant finalement absente.

Les avant-premières

Je vais d’abord évoquer mes deux coups de cœur (hors compétition) de ce festival, « The Lobster » de Yorgos Lanthimos et « 45 ans » de Andrew Haigh qui pourrait d’ailleurs être le parfait contraire du premier.

Projeté en séance spéciale « The Lobster » de Yorgos Lanthimos avait reçu le prix du jury du dernier Festival de Cannes et si avaient existé un prix du film jubilatoire et un prix de l’originalité, il les aurait forcément aussi remportés.

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Dans un futur (très- trop ?- proche), toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. C’est ce qui attend David incarné par Colin Farrell qui se retrouve dans ce fameux hôtel luxueusement glacial avec d’autres célibataires parce que que sa compagne vient de le  quitter. Moins conformiste que les autres qui choisissent généralement le chien (comme son frère qu’il traine  partout où il va), il opte pour le homard parce qu’il vit longtemps, qu’il a le sang bleu et qu’il a toujours aimé l’eau. Ceux qui trouvent l’âme sœur auront droit à une chambre plus grande, voire à un enfant (parce que « cela aide en cas de difficultés ») et, régulièrement, des démonstrations par l’absurde, leur prouvent les avantages de la vie à deux comme…ne pas mourir étouffé si on avale de travers. Pour échapper à ce destin, David s’enfuit et rejoint alors un groupe de résistants : les Solitaires …dont les règles sont aussi sectaires que celles du groupe qu’il vient de quitter.

Un film déroutant, cinglant, burlesque, métaphorique, inventif, dans lequel l’homme est un loup pour l’homme (littéralement) –ou un Rhinocéros aurait dit Ionesco, la rhinocérite dans sa pièce éponyme métaphorisant une autre forme de totalitarisme-, profondément égoïste et dont la fin n’est pas décevante comme l’ont déploré certains commentateurs mais au contraire illustre brillamment ce propos. Le couple devient un totalitarisme condamnant le solitaire à l’animalité, excluant tout sentiment. Un film intelligemment singulier qui regorge de trouvailles insolites, certes sous influences, notamment de Buñuel (« Un chien andalou »), mais qui ne ressemble à aucun autre… Même l’univers amoureux est régi par des lois, des règles. Pour former un couple les individus doivent avoir un point commun (une myopie, un saignement de nez) et sont bien souvent conduits à mentir pour se conformer à ces principes. La spontanéité n’existe plus. Par l’absurde et la dystopie, Lanthimos souligne les contradictions de notre société, et ses tentations totalitaires. La photographie grisâtre, les ralentis, sont au service de cet univers régi par des règles implacables.

Colin Farrell est méconnaissable et parfait pour incarner cet homme égaré entre ces deux mondes sectaires et conformistes. Un film constamment inattendu qui regorge de trouvailles (souvent au second plan), comme une gestuelle décalée, parfois « animalière ». Un ton  incisif, caustique et une incontestable inventivité visuelle au service d’une brillante satire de notre société qui condamne à s’identifier à des modèles…ou tuer l’autre pour exister. Brillant !

« 45 ans » de Andrew Haigh en clôture

Cette année, pour accéder à la clôture, les invités devaient arpenter un tapis rouge autour duquel était massée une foule impressionnante.

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did4Kate (Charlotte Rampling) et Geoff Mercer (Tom Courtenay) incarnent un couple aimant sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Ce matin-là, à quelques jours de la grande fête,  en ramenant le courrier, Kate est loin d’imaginer  qu’ une lettre va bouleverser la vie du couple : le corps du premier grand amour de Geoff, disparue 50 ans auparavant dans les glaces des Alpes, vient d’être retrouvé… La joyeuse tranquillité du couple va alors en être bouleversée et au fur et mesure des indices que Kate découvre sur cette vie passée, la jalousie s’empare d’elle et l’issue (la fête qui célèbre leur 45ème anniversaire de mariage) en devient plus incertaine.

Au contraire de  « The Lobster » dans lequel le couple est une obligation sociétale régie par des règles strictes, dans « 45 ans » il relève d’un choix délibéré et libre. Kate et Geoff vont se choisir (ou pas) à nouveau malgré cette nouvelle qui, non seulement, remet en cause leur présent mais aussi leurs souvenirs et leur passé commun. La lenteur mais aussi la beauté et la tranquillité de la nature qui les environnement renforcent la puissance silencieuse du tsunami qui les dévaste. Charlotte Rampling et Tom Courtenay, en un regard, un geste, un silence font passer une multitude de sentiments et rendent ce film plus palpitant qu’un thriller, ce qui leur a valu respectivement un ours d’argent de la meilleure actrice et un ours d’argent du meilleur acteur, amplement mérités. D’abord à l’écoute des tourments de Geoff, Kate va finalement refuser de l’écouter tant chaque détail semble creuser ce fossé qui les sépare progressivement. La fin  de ce film délicat tout en non dits est d’une beauté et d’une intensité ravageuses portée et exacerbée par deux immenses comédiens…

« Mr. Holmes » de Bill Condon

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 « Mr Holmes » de Bill Condon  met en scène l’élégant et charismatique Ian McKellen qui, à l’image de Charlotte Rampling et Tom Courtenay dans le film précédemment évoqué porte ce long-métrage sur ses épaules, un long-métrage qui partage aussi deux singularités de « 45 ans »: mettre en scène un protagoniste âgé et un suspense latent. Il incarne ici Sherlock Holmes, désormais à la retraite, vivant paisiblement dans le Sussex avec sa gouvernante et le fils de celle-ci, un jeune détective débutant. Avec l’aide du garçon, et bien que sa mémoire et son légendaire pouvoir de déduction ne soient plus désormais ce qu’ils étaient, Holmes se lance dans une ultime enquête, se remémorant les circonstances du cas non résolu qui l’obligea à mettre un terme à sa carrière, tout en cherchant des réponses aux mystères de la vie et à ceux de l’amour…

 Le personnage de Sherlock Holmes a donné lieu à une multitude de films mais cette fois c’est un rôle un peu différent qui est attribué au célèbre détective. A 93 ans, Holmes mène en quelques sorte sa dernière enquête en fouillant dans ses souvenirs épars et incertains, au milieu de ses abeilles,  ses regrets et le héros de Sir Conan Doyle, à l’esprit toujours alerte, malgré une mémoire et une santé défaillantes, prend un malin plaisir à déconstruire sa figure mythique préférant le cigare à la pipe et affirmant n’avoir jamais porté sa célèbre casquette, et avoir été caricaturé par Watson. Toute l’intelligence du scénario réside dans la déconstruction du mythe tout en le renforçant puisque Holmes est représenté comme une personne ayant réellement existé. Célèbre pour son rôle de Gandalf dans « Le Seigneur des anneaux », Ian McKellen est avant tout un acteur de théâtre qui, comme il l’a dit lors de la conférence de presse du film lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville (qui lui a rendu hommage), aime donner corps à ses personnages (« Venant du théâtre, j’ai un goût pour la dimension physique des personnages »). Il apporte beaucoup de profondeur à ce Holmes. Le film est nimbé d’une splendide lumière mélancolique. Son scénario, très malin, qui alterne entre passé et présent, rêve et réalité, mythe et vérité nous amène à réfléchir sur le vrai visage des héros et des légendes, l’ingratitude de la vieillesse, la transmission et nous embarque dans une mise en abyme, dans laquelle, après avoir dénoncé la légende mensongère qui l’a enfermé, Holmes se met à inventer des histoires pour édulcorer la dureté de la réalité. Finalement un bel hommage au pouvoir salvateur des doux mensonges que sont les romans et la fiction, et à Holmes lui-même.

« Up and down » de Pascal Chaumeil (film d’ouverture)

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 Avant le film d’ouverture a été projeté un court-métrage particulièrement réussi: « Love is blind » de Dan Hogdson, la mise en scène burlesque d’un adultère, je ne vous en dirai pas plus pour conserver l’effet de surprise mais je vous encourage vivement à le découvrir.

L’émotion était au rendez-vous avec la projection de « Up and down » dont le réalisateur, Pascal Chaumeil, est décédé cet été. A Londres, le soir du nouvel an, Martin (Pierce Brosnan), ancien présentateur vedette grimpe sur le toit d’un immeuble.  Maureen, Jay-Jay et Jessie, trois autres cabossés de la vie (un livreur de pizzas -Aaron Paul-, musicien frustré, une mère célibataire s’occupant de son fils handicapé- Toni Colette-, la fille d’un politicien -Imogene Poots-dont la sœur a disparu) ont également eu la même idée: se jeter dans le vide du même endroit! Cette improbable bande réunie par le destin se lance alors un défi : retrouver le sens de leurs vies d’ici à la Saint-Valentin. Un excellent pitch comme l’est celui-ci ne suffit malheureusement pas à faire un excellent film. Evidemment l’émotion était au rendez-vous et l’histoire prend un tout autre relief au regard du destin tragique du réalisateur  (décédé en août d’un cancer) et de la présence digne de sa femme et ses enfants lors de la projection mais le film est plombé par une avalanche de stéréotypes (le présentateur orgueilleux, la fille du politicien aveuglé par son ambition…) et de rebondissements improbables (ces quatre-là se lient d’amitié d’emblée sans qu’on comprenne pourquoi), sans parler des personnages qui apparaissent puis disparaissent sans que personne ne s’en soucie ou encore du découpage en chapitres plus artificiel qu’utile. Le film est une adaptation du roman « Vous descendez ? « de Nick Hornby (auteur notamment de « High Fidelity »). C’est d’autant plus dommage que le sujet était passionnant: qu’est-ce qui nous retient à la vie et la vraie famille n’est-elle pas celle qu’on se choisit? On en attendait plus du réalisateur de « L’Arnacoeur » qui devrait sortir un autre film posthume avec …Romain Duris.

Enfin, « The lost honour of Christopher Jefferies » de Roger Michell, est l’ histoire d’un enseignant à la retraite, Christopher Jefferies (fantastique Jason Watkins) à Bristol,    arrêté lorsque Joanna Yeates, qui lui avait loué un appartement, est retrouvée morte le jour de Noël 2010. Les journalistes s’emparent de l’affaire et présentent Jefferies comme un suspect malgré l’absence évidente de preuves. Un film qui met en scène l’inique et terrifiante versatilité des médias et fait l’éloge de la différence symbolisée par l’inquiétant, singulier et touchant Jason Watkins.

La compétition

Au programme de la compétition, des films mettant en scène des personnages en lutte pour leur survie, confrontés à la violence et la sauvagerie. Trois films dominaient la compétition (peut-être quatre, je n’ai pas vu « Departure » qui a reçu le prix spécial du jury). Le premier d’entre eux, c’est « American hero » de Nick Love dans lequel Melvin est super-héro malgré lui. La quarantaine passée il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime. Mais dans un monde dans lequel personne ne comprend ni sa situation, ni d’où il tient ses incroyables pouvoirs, ces derniers pourraient bien causer sa perte… Ce film a été projeté dans une version non définitive et il a donc été recommandé à la presse de ne pas en parler et c’est bien dommage tant son originalité incontestable (entre film social et de super héros), et ses personnages liés par une indéfectible amitié dans une Nouvelle-Orléans post-Katrina, le rendent attachants. En plus produit par le producteur de « Human Traffic » (à qui le jury auquel j’appartenais en 1999 avait remis le Hitchcock d’or), ce film certes inachevé possède un charme certain et ensorcelant.

Le grand gagnant de cette 26ème édition est « Couple in a hole » de Tom Geens dont j’ignorais le pitch avant de le découvrir. La surprise fut donc totale. Ce « couple in a hole », ce sont deux Britanniques qui vivent comme des bêtes sauvages dans un trou creusé à même le sol d’une forêt, quelque part en France. Le couple a vécu un drame moins d’un an auparavant et depuis se terre, en rupture avec la société.

Jean Rochefort a expliqué que même si les saisons ne se suivaient pas dans ce film, même si certaines situations n’étaient pas vraisemblables, le jury se fichait bien de tout cela, captivé, et a ainsi décidé de le récompenser du prix du scénario et du Hitchcock d’or. Cette fable terrible raconte comment, pour faire face à l’indicible, au deuil inacceptable, ineffable, un couple va revenir à l’état sauvage, comme si seul l’instinct vital les maintenait encore en vie face à une société incapable de comprendre cette douleur absolue. Les plans de la nature, sauvage et impitoyable,(mais moins que l’in-humanité à laquelle ils seront ensuite confrontés) alternent avec ceux du couple qui survit plus qu’il ne vit, fuyant tout contact avec les Hommes, ne vivant que de chasse et cueillette pour le mari tandis que sa femme reste cloitrée dans son refuge comme si la lumière extérieure la confrontait à son obscure réalité. Pendant ce temps, le mari,  descendu en ville pour trouver un médicament pour la soigner d’une piqûre d’araignée  rencontre un homme (Jérôme Kircher) avec qui il va nouer une amitié.

Le deuil apparaît alors comme un piège inextricable… La radicalité du traitement (avec néanmoins de petites incursions fantastiques) sied parfaitement à la dureté du sujet et n’a pas effrayé le public qui lui a aussi attribué son prix. Les deux acteurs principaux, Paul Higgins et Kate Dickie, se donnent corps et âme pour incarner cette folie, finalement peut-être seule réponse possible à l’absurdité d’un deuil inconcevable. Etonnant et poignant. (Et l’occasion de revoir la formidable Corinne Masiero).

 « Kill your friends » de Owen Harris, autre coup de cœur de cette compétition, mêle humour  et film noirs pour le plus grand plaisir du spectateur. Londres 1997. L’industrie musicale britannique est alors à son apogée. A 27 ans, Steven Stelfox est un dénicheur de talents sans scrupules qui essaie de se frayer un chemin dans l’univers de la pop, un monde dans lequel les carrières se font aussi vite qu’elles se défont, au rythme des caprices du public. Cupide, ambitieux, constamment sous divers drogues, il n’a qu’un objectif: trouver le prochain tube pour gravir l’échelle sociale. Et pour cela il est prêt à tout… Adapté du roman de John Niven par son auteur, le caractère jouissif de ce film (premier long-métrage de Owen Harris) doit beaucoup à son interprète principal, Nicolas Hoult, redoutablement, irrépressiblement et cyniquement ambitieux. Pour son personnage, dénué de toute morale, la fin justifie les moyens. L’élégance de la mise en scène contraste intelligemment avec la noirceur du personnage et de ses actes. Dans cet univers dans lequel la musique est un pur produit commercial, le cynisme est de mise. Danny Boyle n’est parfois pas bien loin mais Owen Harris possède un style bien un lui qui me fait attendre impatiemment son prochain film. Une plongée rythmée dans les affres de la (non) création et de ceux qui l’exploitent. La dissection de ce monde dépravée et carnassier est aussi servie par une formidable BO. Une chronique aussi grinçante que réjouissante de ces milieux (pseudo)artistiques dans lesquels l’ambition dévore et annihile toute humanité. Décidément, la sauvagerie était à l’honneur dans les films de ce festival.  Un peu coupable, on se demande finalement néanmoins si Owen Harris n’utilise pas les mêmes méthodes que celles de ceux qu’il dénonce pour séduire le public, aveuglé par cette course effrénée.

Egalement en compétition « Just Jim » de Craig Roberts, premier film d’un jeune homme de 24 ans d’abord connu comme acteur, également présent dans « Kill your friends » et incarnant ici le rôle principal, celui d’un adolescent de 16 ans rejeté et incompris de tous, avec pour seul compagnon un chien qui va s’échapper et le laisser désespérément seul. Un voisin prénommé Dean (et qui fait apparemment tout pour ressembler au James du même nom), irrésistible Emile Hirsch, va lui venir en aide pour changer son image… Cette comédie satirique qui flirte avec le film noir souffre justement de cette alternance de genres et d’une dernière demie-heure abracadabrantesque. Dommage pour ce film qui possède un ton bien à lui et un humour féroce qui, parfois, fait mouche.

Dans un style différent, « The Violators » de Helen Walsh nous emmène à la rencontre de Shelly et Rachel, deux jeunes filles à problèmes de milieux totalement opposés. Le hasard place leurs destins sur une route de collision qui fera le salut de l’une, mais signera la fin de l’autre. Ce film parfois éprouvant tant les réalités auxquelles sont confrontées les deux jeunes filles sont cruelles et violentes (viol, inceste) souffre d’une fin manquée que parviennent presque à nous faire oublier ses deux incroyables interprètes:  Lauren McQueenil et Brogan Ellis.

J’ai également eu le plaisir de parler de mon parcours, de ma passion pour ce festival et les festivals, de blogs et de romans en direct sur France Bleu Armorique

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Cette année, la boutique du festival s’était également enrichie. On pouvait notamment y trouver « Flashback », le livre des 20 ans du festival dans lequel je partage mon expérience de jurée du festival, en 1999.

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Autre belle idée du festival cette année, sur l’initiative du directeur du Grand Hôtel, Franck Marie, un karaoké pianistique, l’occasion notamment d’entendre Bernard Lecoq entonner « I will survive » pour le plus grand plaisir de Jean Rochefort dont la chambre se situait au-dessus du piano bar. Retrouvez également mon avis sur le Grand hôtel, en cliquant ici, dans mon article sur mes bonnes  adresses à Dinard et Saint-Malo.

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PALMARÈS – AWARDS

Le Jury de la 26e édition du Festival du film britannique de Dinard présidé par Jean Rochefort, entouré de Emma De Caunes, Natalie Dormer, Mélanie Doutey, Bertrand Faivre, Amara Karan, Alexandra Lamy, Bernard Le Coq, Helena Mackenzie, Pierre Salvadori et Noah Taylor a décerné les prix suivants :

Hitchcock d’Or Ciné + Grand Prix du Jury

COUPLE IN A HOLE

de TOM GEENS
Ce Prix est doté d’une campagne de promotion sur les chaînes Ciné+, et d’un soutien financier apporté au distributeur et au réalisateur par la Ville de Dinard.

Hitchcock du meilleur Scénario

 COUPLE IN A HOLE

de TOM GEENS

2 mentions spéciales du jury 

pour le film

DEPARTURE

de ANDREW STEGGALL 

et ses acteurs

JULIET STEVENSON, ALEX LAWTHER,

PHENIX BROSSARD

Le Public de cette 26e édition a, quant à lui, décerné 2 prix

Hitchcock du Public Première

COUPLE IN A HOLE

de TOM GEENS

Hitchcock du meilleur Court-métrage

AFTER THE END

de SAM SOUTHWARD 

2 prix « Coup de cœur » ont été remis  

Hitchcock « Coup de coeur » de l’association La Règle du Jeu 

45 YEARS

de ANDREW HAIGH

 Les films qui concouraient pour ce prix avait déjà un distributeur en France. Distribution du film primé dans 40 salles du Grand Ouest.

Hitchcock d’Honneur

Orange Honorary Hitchcock, by Orange

à

HANIF KUREISHI

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