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  • Festival de Cannes 2011, troisième jour : du pathétique au sublime

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    C’est seulement mon troisième jour à Cannes et, déjà, je réalise que j’oublie de laisser le temps au temps, que je me laisse entraîner par l’insatiable frénésie cannoise, que je passe de films en soirées, de soirées en concerts, de concerts en films, de films en conférences de presse oubliant déjà qu’existe un ailleurs hors de ce petit microcosme qui ne vit qu’au prétexte du cinéma. J’avais oublié que Cannes peut passer du pathétique au sublime d’une seconde à l’autre. J’avais oublié qu’ici il faut jouer un rôle, que le silence et le mystère y sont bannis. Mais je n’avais pas oublié ces palpitations à chaque fois qu’une projection commence et qui éclipsent tout le reste.  Alors, je vais laisser le pathétique, l’excentrique et le vain, pour vous parler du sublime (et puis surtout je vous ai déjà parlé du pathétique, longuement, dans mon édito, ici). Le sublime c’est une projection à la Semaine de la critique, celle du deuxième film de l’actrice réalisatrice Valérie Donzelli « La guerre est déclarée » (retrouvez ma critique de son premier film « La reine des pommes », ci-dessous) inspiré du combat qu’elle a menée avec son compagnon contre la maladie de son fils.  Une déclaration de guerre mais surtout d’amour. Un hymne à la vie, au courage, à la fugacité du bonheur, un film plein de douce fantaisie, avec une inspiration toujours très truffaldienne, et jamais mièvre. Un film bouleversant. Justement parce que je ne veux pas trahir mes impressions ni la beauté subtile et sensible de ce film, je ferai ma critique ultérieurement, avec le recul nécessaire pour l’appréhender.  Savourer plutôt qu’ingurgiter même si l’inverse est plus à la mode ici. En guise de teaser, vous trouverez ci-dessous l’intégralité du débat qui a suivi le film que j’ai filmé hier après-midi. Sur scène, vous y découvrirez une animatrice inattendue… Je vous laisse avec cette vidéo qui se passe de commentaires.

    D’autres aventures m’attendent…à suivre demain sur le blog et en direct sur mon compte twitter spécial Cannes http://twitter.com/moodforcannes . Retrouvez-moi également aujourd’hui sur France info et dans le documentaire « Tous critiques » diffusé sur France 3 Méditerranée et France 3 Côte d'Azur à 15H50 (puis ensuite sur d’autres chaines, je vous en reparlerai).

    Je vous parlerai également ultérieurement de « Footnote » de Joseph Cedar, film en compétition officielle vu hier soir, comédie maligne à la mise en scène inspirée et parfois même décalée, et beaucoup plus universelle que son thème pourrait le laisser entendre.  (Synopsis : Les Shkolnik sont chercheurs de père en fils. Alors qu’Eliezer Shkolnik, professeur puriste et misanthrope a toujours joué de malchance, son fils Uriel est reconnu par ses pairs. Jusqu’au jour où le père reçoit un appel : l’académie a décidé de lui remettre le prix le plus prestigieux de sa discipline. Son désir de reconnaissance éclate au grand jour.)

     Et deux petites vues de la plage Majestic 64 pour terminer.

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    Critique de "La reine des pommes" de Valérie Donzelli

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    Adèle (Valérie Donzelli) une jeune trentenaire se fait quitter par Mathieu (Jérémie Elkaïm), l'amour de sa vie. Anéantie, suffoquée, Adèle ne pense plus qu'à une chose : mourir. Rachel (Béatrice de Staël), une cousine éloignée, la prend en charge. Elle décide d'aider Adèle en essayant de lui trouver du travail, de lui redonner goût à la vie et de la conseiller sentimentalement. Son principal conseil : coucher avec d'autres hommes afin de désacraliser cette histoire. Ce sera Pierre, Paul et Jacques (dans les trois cas, Jérémie Elkaïm).

    Adèle donc. Déjà tout un programme truffaldien, Truffaut à qui Valérie Donzelli n'emprunte pas seulement le nom d'une de ses héroïnes mais aussi une tristesse désinvolte, un ton ludique, une légèreté, une narration, un personnage décalé et anachronique à la Antoine Doinel, un jeu agréablement suranné à la Jean-Pierre Léaud. Ajoutez à cela un marivaudage qui relève de Rohmer, des passages en-chantés, enchanteurs à la Demy et une note d'Agnès Varda ou d'Emmanuel Mouret et vous obtiendrez un premier film aussi singulier qu'attachant. Ces multiples références assumées et même proclamées auraient pu alourdir et plomber l'ensemble, et nous agacer mais Valérie Donzelli a l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux et de se tourner en ridicule juste à temps pour que son film ne le soit pas. Loin de là !

    Avec un  sujet galvaudé, grâce à un ton et un personnage burlesques, à des situations cocasses, à des dialogues décalés, Valérie Donzelli nous emporte dans sa comédie légère aux airs de Nouvelle Vague rafraîchissante et dans son univers (scénariste, réalisatrice, actrice, elle a aussi composé, écrit, interprété la musique du film).

     La légèreté des moyens rend service au sujet puisque le même acteur interprète tous les hommes que rencontre Adèle, tous les hommes en qui elle voit celui qu'elle a perdu, qu'ils s'appellent (avec beaucoup d'ironie) Pierre, Paul ou Jacques.

    Seule la fin, à new York (où Adèle a un nouveau regard sur un nouveau monde, quand la reine des pommes se retrouve dans la grosse pomme) redevient sérieuse là où le film aurait peut-être gagné à rester dans le décalage et la légèreté.

    Sélectionné à la Quizaine des réalisateurs pour son court-métrage « Il fait beau dans la plus belle ville du monde »,  avec « La Reine des pommes » Valérie Donzelli a reçu le prix du public du festival d'Angers.

    Un film fantaisiste, attachant, parfois même touchant qui sort du cadre formaté des comédies habituelles et on aurait bien tord de s'en priver et de ne pas se laisser enchanter par cet air connu et joliment singularisé.

    Remarque :  Les plus cinéphiles s'amuseront à reconnaître Serge Bozon, Dominik Moll et Gilles Marchand.

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  • L'anachronique et mystérieuse bande-annonce du film "Hussards"

    Une petite pause dans mon trépidant programme cannois pour vous faire découvrir une singulière et mystérieuse bande-annonce qui m'a fortement intriguée. Est-ce la projection de "Minuit à Paris" qui, dans mon cerveau mis à rude épreuve par l'enthousiasmante agitation festivalière, a aboli les frontières entre passé et présent, à l'image de ce qu'a vécu le protagoniste du film de Woody Allen? Est-ce une erreur de montage? Est-ce la bande-annonce d'un premier film volontairement anachronique? La bande-annonce du film d'un grand cinéaste qui, à l'image de Claude Lelouch pour "Roman de gare" souhaite rester incognito? En tout cas impossible de découvrir la moindre information à ce sujet sur internet... Peut-être en saurons-nous plus les jours prochains. En attendant, je vous laisse découvrir cette énigmatique bande-annonce. Et à votre avis, de quoi s'agit-il? Trouverez-vous la clef du mystère?

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  • Remise des Audi Talent Awards et concert de Craig Armstrong, Micky Green...

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    Avant-hier soir suite à  la remise des Audi Talent Awards catégories musique et court-métrage attribués respectivement à Pascal Lengagne et Dominique Rocher (en présence de Lambert Wilson, Gilles Lellouche, Patrice Leconte...) a eu lieu un live ensorcelant  Craig Armstrong après Micky Green: quelques images et une vidéo...  qui vous donneront un tout petit aperçu avant que je vous livre d'autres vidéos.

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  • Festival de Cannes 2011 - Conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn avec Joeystarr, Emmanuelle Bercot, Marina Foïs, Sandrine Kiberlain, Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm…

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    Pour ceux qui ne sont pas à Cannes (mais aussi pour les autres), cette année plus que jamais, j’ai décidé de vous permettre de vivre les différents aspects de ce festival et donc également les conférences de presse.

    Hier midi avait lieu la conférence de presse de « Polisse » de Maïwenn, film figurant en compétition officielle, en présence de l’équipe au grand complet (retrouvez ma critique du film en cliquant ici). C’est aussi cela Cannes pour les équipes de films : le marathon journalistique et les conférences de presse qui peuvent parfois se révéler tendues en raison des enjeux. La conférence était présentée par Jean-Pierre Lavoignat. La fébrilité et l’anxiété, comme souvent dans les conférences de presse cannoises, étaient palpables (même si un(e)membre de l’équipe a essayé de détendre l’atmosphère avec son humour pince sans-rire et qu’un autre semblait un peu ailleurs et las sauf pour désapprouver certaines questions, je vous laisse deviner de qui il s’agit).

    Cette conférence a ainsi été l’occasion pour Maïwenn d’évoquer ses motivations en choisissant ce sujet : « ce qui m’a transcendée, c’est le thème de l’enfance, point commun entre mes films. » Sur la défensive, et s’avouant impressionnée, Maïwenn a en tout cas montré une vraie connaissance de son sujet et une véritable empathie pour ces policiers « qui ne restent jamais plus de 10 ans à la Brigade des mineurs ».

     « Ce qui motivait les enfants, c’est lorsque je leur disais qu’il s’agissant d’histoires vraies a-t-elle ajouté. Ce sont des choses très pures et dignes qui les poussaient à jouer. » Concernant les dialogues très crues sur la sexualité, entre les membres de la brigade des mineurs lors de leurs moments de pauses, c’est « un moyen de décompresser ». « Les policiers de la brigade des mineurs ont en tout cas tous des raisons personnelles d’être dans cette brigade ». Maïwenn est également revenue sur son rôle dans le film : « ce n’est pas quelque chose que j’ai bien vécu de jouer dans ce film et ce personnage est très renfermé, en contradiction avec l’énergie que nécessite la réalisation  et ce n’est pas un rôle que j’aurais dû jouer, », « C’est une erreur de casting ».

     Maïwenn a répondu à une question sur le nombre de femmes en compétition cette année à Cannes : « Je trouverais ça déplorable qu’il y ait des quotas de femmes. », « C’est très dur sur un plateau. C’est un milieu très masculin. C’est difficile d’être face à des financiers parfois misogynes. »

    Vient ensuite une question pour Joeystarr, un journaliste lui demandant si son personnage de policier a changé son regard sur la police, question à laquelle l’intéresse n’a pas répondu (ou si, par quelques onomatopées).

     Maïwenn s’est dit « frappée de voir que le soir ces policiers ne voulaient pas se quitter. »

    Elle a également évoqué la fin du film « seul moment du film où grâce à la parole et un pardon on comprend qu’un enfant peut se reconstruire. », l’occasion aussi de raconter l’histoire réelle (glaçante) qui lui a inspiré l’histoire de ce petit garçon.

     Sur ses inspirations : « Je crois que j’aime bien Tavernier mais je crois que je préfère Maurice Pialat. C’est surtout les documentaires qui m’ont aidée. »

     Marina Foïs a évoqué la travail de Maïwenn en tant que réalisatrice : « Elle nous fait croire que nous allons inventer ce qui se passe. » Pour Karin Viard, « sa méthode est sans chichis et très direct ». Maïwenn l’a d’ailleurs montré lors de la conférence qualifiant de « scolaire » l’aide d’Emmanuelle Bercot…avant de se rattraper. Pour Sandrine Kiberlain, il n’y a pas « la frontière habituelle », cela l’a aidée à ce qu’il n’y ait pas « le rituel » habituel.

    Maïwenn a également précisé que, pendant le tournage elle était constamment accompagnée d’une psychologue et par une personne de la Dass, qu’elle devait respecter le texte scrupuleusement pour les enfants et qu’elle « n’aurait pu se regarder en face » si elle ne l’avait pas fait en raison d’éventuelles séquelles ultérieures pour les enfants.

    Emmanuelle Bercot a évoqué son admiration pour le « détachement absolu » de Maïwenn, sa « liberté qui a quelque chose de très exaltant ».

     En préambule, j’évoquais les enjeux de Cannes, le producteur Alain Attal a justement répondu à une question à ce sujet. Pour lui « il n’y a pas d’enjeu, c’est une joie énorme » car « c’est un film qui ne peut pas passer sur les chaînes hertziennes traditionnelles » mais il a admit que « les enjeux nous rattrapent. » en parlant de « l’exposition mondiale  pour le film. » Il a également évoqué son admiration pour Maïwenn la remerciant de l’avoir « choisi ».

     
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