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Critique - JEUNE ET JOLIE de François Ozon

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Après « Dans la maison », un des meilleurs films de 2012, et une brillante leçon d’écriture, de manipulation et un hommage au pouvoir de l’écriture, Ozon explore une nouvelle fois les fragilités de l’adolescence, plus exactement d’une adolescente, qui se dévoile en quatre saisons, qui se lance dans la prostitution comme d’autres se jetteraient dans l’alcool ou dans la drogue, pour expérimenter, explorer ses désirs, franchir un interdit.

 Son film, elliptique,  est imprégné de la mélancolie de son personnage principal, intrigant (magnifique Marine Vacth) et a la bonne idée de ne jamais tomber dans le graveleux ou de provoquer gratuitement nous montrant davantage ses rituels que les actes en eux-mêmes, esthétisant ce qui est néanmoins certainement beaucoup plus sordide. Ozon a choisi la prostitution comme il aurait choisi une autre manifestation du malaise adolescent et un autre moyen de dépasser les interdits.

Les chansons de Françoise Hardy qui rythment ces saisons contribue également à la mélancolie qui émane de ce film, néanmoins émaillé de scènes de comédie (la séance chez le psy) qui provoquent entre le malaise et le rire, l’inconscience des actes de la « jeune et jolie » Marine Vacth me faisant d’ailleurs penser à celle de certains personnages du « Polisse » de Maïwenn.

Malheureusement, habituellement fin psychologue, je trouve que, ici, François Ozon ne parvient pas à dépasser les clichés, et plus que misogyne (au fond, il semble aimer son personnage principal qui, elle, n’y parvient justement pas) plutôt misanthrope ne donnant pas de l’humanité dans son ensemble, et en particulier des hommes, une image  très glorieuse (jusqu’au petit frère).

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. La plus belle scène du film reste d’ailleurs sans doute celle où des adolescents donnent chacun leur interprétation du poème de Rimbaud, une scène pour laquelle de vrais lycéens d’Henri IV, après avoir lu le poème, en donnent leur analyse.

Si certains voyaient déjà en Marine Vacth un prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes 2013 (le film figurait en compétition),l'absence de ce film au palmarès n'est guère étonnante, même s’il est très élégamment filmé, même s’il dit indéniablement quelque chose de la jeunesse d’aujourd’hui, et de l’intemporelle violence de cet âge de tous les possibles, où se mêlent désirs  et souffrances (où « joie et souffrance » pour paraphraser Truffaut que François Ozon aime d’ailleurs lui-même citer).

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