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Mon avis sur le concert du Groupe Archimède au Théâtre de Laval et sur le nouvel album "Méhari"

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Il est rare que je vous parle ici de musique mais, après tout, évoquer le groupe Archimède, c’est aussi parler de cinéma car leurs chansons, toujours incroyablement bien écrites, avec des phrases ciselées, des mots d’une redoutable précision, sont des histoires qui nous embarquent dans leur univers, comme des courts-métrages qui nous emmènent en voyage, a fortiori avec cet album intitulé Méhari. Ce Tour en Méhari, une tournée qui célèbre leur quatrième album (déjà !) débutait ce samedi soir à Laval, la ville dont Frédéric et Nicolas Boisnard sont originaires (comme l’auteur de ces lignes) et à laquelle ils sont toujours restés fidèles, commençant toujours leurs tournées dans cette ville, comme samedi, au Théâtre de Laval.

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Ce samedi soir, sous un soleil étincelant et presque irréel, aux abords du théâtre, régnait déjà un air de fête, une atmosphère à l’unisson de cet album annoncé par le groupe comme « solaire, vintage, plus fun et plus débraillé que jamais », « joyeux, primesautier et sans artifices ». La pochette de l’album, sorti ce 7 avril 2017, donnait déjà le ton : vrombissante, bondissante, ludique, cinématographique, cartoonesque et réjouissante. Déjà une magnifique invitation à l’évasion.

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Sur scène, avec les frères Boisnard, trois musiciens et une Méhari rutilante (grâce à la restauration méthodique de l’oncle des frères Boisnard) avec pour plaque d’immatriculation la date de sortie de l’album et, au-dessus, un écran diffusant des images tantôt décalées, tantôt attendrissantes ou parfois même plus revendicatives (comme celles, parfois révoltantes ou poignantes, sur la chanson intitulée Toujours plus con).

Lors de ce concert, Archimède a eu la bonne idée d’alterner nouveaux et anciens titres et l’extrême délicatesse de proposer un voyage enjoué, interprétant tous les titres de ce nouvel album à l’exception de celui consacré aux attentats du 13 novembre, le sublime et émouvant Vivre est un poème que je vous recommande vivement d’écouter. S’ils sont parfois mordants, (im)pertinents plus qu’insolents, leur impertinence résonne comme une forme de pudeur et c’est finalement de la bienveillance qui ressort de ces chansons, ou en tout cas une douce et lucide incitation et invitation au bonheur.

Dans Méhari, j’ai retrouvé leurs sonorités pop et enjouées aux influences anglo-saxonnes qui caractérisaient déjà leurs précédents albums, une musique d’une nostalgie joyeuse, des chansons gaiement mélancoliques, intelligemment paradoxales. Et surtout une musique composée et interprétée par Frédéric Boisnard (et composée avec son frère aussi pour quelques titres, le chanteur, Nicolas) et des musiciens tout aussi talentueux  que leur interprétation en live a réellement sublimée.

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Photo ci-dessous prise lors d'un précédent concert au Théâtre de Laval. ©Inthemoodforcinema.com

Derrière les mélodies allègres, les textes de Nicolas Boisnard mettent en effet souvent l’accent sur les travers de notre société comme la pensée uniformisée dans l’excellent On singe le monkey (« La bêtise humaine est pandémique, On a perdu tout sens critique, On ne pense qu’à la chaîne, Clichés poncifs, rengaines… »), les utopies perdues dans l’enthousiasmant Rue de la joie (« On a rêvé du grand soir, Et les lendemains ont déchanté, Tout ce qu’on a voulu croire ne s’est jamais réalisé »), la destruction égoïste et aveugle d’un monde laissé comme triste héritage aux générations futures dans le percutant Toujours plus con (« Pardon pour les plages qu’on bétonne, Pardon pour les baleines qu’on harponne, Fallait bien des cosmétiques pour nos blondes »).

Derrière ce triste constat chanté avec une allégresse judicieusement décalée, Archimède prône la joie, la fraternité, l’amour, une bienveillance derrière l’impertinence. Et cela fait un bien fou.

On retrouve les mêmes influences que dans leurs précédents albums : Dutronc, Renaud, Oasis, Bashung, les Beatles auxquels me fait aussi penser cette pochette de Méhari. Des références qu’ils ont su dépasser et intégrer pour créer leur style bien à eux encore étoffé, sublimé, plus engagé aussi sous le beau masque de la légèreté. Avec leur singulière élégance, ironiques mais jamais cyniques, légers -seulement en apparence- mais jamais désinvoltes (ou alors royalement comme dans Rue de la joie), impertinents mais jamais arrogants, délicats sans être mièvres, ils nous embarquent une nouvelle fois dans leur univers, universel et particulier.  Ils ne cherchent pas à être à la mode et c’est ce qui les rend précurseurs et indémodables.

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J’avais découvert le groupe Archimède tout à fait par hasard, il y a quelques années, lors d’un mini-concert qu’ils donnaient chez un disquaire (lavallois, donc). Entre-temps, j’ai écouté et aimé leurs trois albums (un album éponyme, Trafalgar et Arcadie), les ai entendus dans les jardins du Palais Royal, à Paris pour la fête de la musique, devant un public électrisé par leur énergie communicative (comme ce fut d'ailleurs également le cas à Laval samedi dernier), et j’ai suivi leur fulgurant parcours. Archimède a ainsi été nommé deux fois aux Victoires de la musique: en 2010  (comme album révélation de l’année, l’occasion notamment de découvrir le remarquable L’été revient (je vous mets au défi de l'écouter sans qu'il vous reste agréablement dans la tête) ou le très beau  Au diable Vauvert) puis en 2012 pour leur album Trafalgar comme « Album rock de l’année ». Je suis certaine que la troisième fois sera la bonne… Ils le mériteraient en tout cas pour ce nouvel album qui est une indéniable réussite.

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Vous les avez  peut-être ainsi découverts à ces occasions ou lors d’un de leurs nombreux passages télévisés où, d’ailleurs, ils ont souvent fait l’unanimité comme dans Taratata, notamment l’occasion pour eux de chanter avec Bénabar une remarquable version de Mathilde de Jacques Brel, Bénabar pour qui ils ont  composé et dont ils ont fait la première partie de la tournée ou même aux concerts de Thiéfaine dont ils ont fait la première partie à Bercy et dans une dizaine de Zénith et évidemment en première partie de Johnny Hallyday pour qui ils ont composé une très belle chanson co-écrite avec Miossec A l’Abri du monde.

En plus des nouveaux titres dont la découverte fut un réel plaisir, quelle joie, lors de ce concert lavallois, de réentendre Je prends,  Les premiers lundis de septembre,  Au marché des Amandiers, ça fly away...!  Des mélodies et des textes qui vous trottent rapidement dans la tête, vous mettent de bonne humeur (vertu de plus en plus en plus rare et ô combien précieuse) et vous donnent envie de les écouter et réécouter sans modération.

Des premiers albums, je vous recommande tout particulièrement Je prends,  Le bonheur, L’été revient, Les premiers lundis de septembre, A mes dépens,  Au diable vauvert,  Nos vies d’avant, Au marché des Amandiers, Les indociles…et la chanson du groupe que je préfère, beaucoup plus mélancolique que leurs chansons plus connues (et qui prouve aussi la diversité de leur talent, et la qualité admirable de l’écriture) Le grand jour qui me bouleverse et qui, tous chanteurs et groupes confondus, est une de mes chansons préférées.

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Ce nouvel album contient plusieurs titres qui pour moi sont des tubes (c’est tout le mal que je leur souhaite), évidemment celui qui passe en radio actuellement Je t’aime low cost, ode à l’amour « qui ne s’achète pas », Hendaye, ou encore celui que je préfère Rue de la joie. Assurément aussi, après Fils de, chanson hommage pudique et décalée à leur père, ce dernier ne sera  «plus tout à fait un inconnu », le public ayant pris un malin plaisir à scander le nom de « Gérard Boisnard ».

Inutile de vous dire que ce même public a passé plus de temps debout qu’assis, que la bonne ambiance était au rendez-vous, et que ce concert était formidable. Sans doute direz-vous que nos origines communes m’ôtent un peu d’objectivité mais je vous le garantis, ils sont aussi sympathiques que talentueux.

Le concert s’est achevé avec Le bonheur. La délicatesse, l’allégresse et le souci de transmettre le bonheur d’être jusqu’au bout.  « La bonté pour seule arme » pour répandre la « joie comme un soleil » comme dans Vivre est un poème, nous communiquant leur fraternité joyeuse comme une réponse à l’égoïsme et au désenchantement du monde.

Je suis ressortie du Théâtre de Laval, alors que le soleil avait décliné, mais le cœur en joie, me croyant « un soir d’été » à Hendaye avec en tête cette chanson que, à coup sûr, vous fredonnerez à votre tour lorsque vous l’aurez entendue, Rue de la joie, dans laquelle « on rira comme des rois désinvoltes ». Et à me dire que la vie « est un poème » qu’il nous appartient d’écrire, de rêver, de sublimer pour en devenir les rois désinvoltes. Ce que sont indéniablement les frères Boisnard. Et ce qu'ils nous ont donné l'illusion d'être le temps de ce concert.

Alors n’attendez plus, embarquez dans cette Méhari et prenez la route du soleil et des vacances pour oublier le quotidien, l’espace de quelques chansons parce que, certes, « la vie dure le temps d’une étincelle » (La vie est un poème) mais elle vaut la peine d’être savourée intensément, fraternellement ou amoureusement. Chaque instant. Chaque note de musique.

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Pour tout savoir sur Archimède et suivre leur tour  en Méhari :

-l’excellente page Fan Archimède dirigée par le passionné et très sympathique Tristan

-la page Facebook officielle du groupe Archimède

-le compte twitter officiel du groupe Archimède @archimedemusic

-le compte Instagram officiel du groupe Archimède @archimedemusic

-Quelques dates de la tournée:

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Et pour terminer un petit clin d’œil en photos à la très affable équipe de Cultura qui a organisé la vente de l'album avant et après le concert, et la dédicace du groupe, et par laquelle j’avais été remarquablement accueillie lors de ma propre dédicace dans leur magasin de Laval St Berthevin.

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© B.Renault

 

Retrouvez également cet article sur mon nouveau blog, le 8ème blog "in the mood", cette fois consacré à la ville de Laval: http://inthemoodforlaval.hautetfort.com.

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