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FESTIVAL LUMIERE DE LYON 2011 - Page 2

  • Programme complet du Festival Lumière de Lyon 2011

     

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    C'est avec beaucoup de plaisir que je suis cette année invitée au Festival Lumière de Lyon (je vous en dirai prochainement plus sur les raisons de ma présence) auquel je rêve d'assister depuis sa création, il y a 3 ans. Ce festival présente une programmation hétéroclite qui met à l'honneur autant les oeuvres les plus pointues que le cinéma le plus "populaire", un festival qui ravira autant les cinéphiles avertis que les simples amateurs de cinéma. La bonne idée de ce festival est de confier la présentation de classiques du cinéma à des personnalités du 7ème art (pas forcément impliquées dans les films en question, vous pouvez en découvrir quelques exemples ci-dessus). Bref, un rendez-vous de cinéphilie, d'échanges et de passion(s) cinématographique(s), à ne pas manquer, par ailleurs créé par l'enthousiaste Thierry Frémaux (directeur de l'Isntitut Lumière de Lyon mais aussi évidemment délégué général du Festival de Cannes). Un festival à découvrir à Lyon du 3 au 9 octobre prochain. Pour les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du festival: http://www.festival-lumiere.org/lumiere-2011.html .

    Quelques critiques de films que vous pourrez découvrir à Lyon, cette année (et que je vous recommande) - Cliquez sur les titres des films pour accéder à mes critiques:

    "The Artist" de Michel Hazanavicius (film d'ouverture)

    "La Femme d'à côté" de François Truffaut (dans le cadre du prix Lumière attribué cette année à Gérard Depardieu). Vous pourrez découvrir de nombreux autres grands films dans lesquels a joué l'acteur (liste ci-dessous) parmi lesquels "Le Dernier métro", "Le choix des armes", "Cyrano de Bergerac"...

    "Le Quai des Brumes" de Marcel Carné dans la section "Le temps retrouvé".

    "The Look" d'Angelina Maccarone dans le cadre de l'invitation à Charlotte Rampling.

    A ne pas manquer non plus : l'intégrale Jacques Becker et à voir notamment l'incontournable "Casque d'or". Vous pourrez aussi voir "Le Voyage dans la Lune" de Méliès, grand moment du dernier Festival de Cannes. Moment magique concentrant toute la beauté, la richesse, la modernité, la puissance du cinéma. Vous pourrez aussi découvrir des chefs d'oeuvre du film de gangster japonais dans la section "Yakuza!". Egalement à ne pas manquer parmi les évènéments du festival, le chef d'oeuvre de Marcel Carné "Les Enfants du Paradis". Et bien d'autres grands moments de cinéma que je vous laisse découvrir, ci-dessous.

    PROGRAMME COMPLET DU FESTIVAL LUMIERE DE LYON 2011:

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    Ouverture

    The Artist de Michel Hazanavicius (2011, 1h40)

    Prix Lumière : Gérard Depardieu

     Pas si méchant que ça de Claude Goretta (1974, 1h52)

    1900 de Bernardo Bertolucci (Novecento, 1975, 5h25 – 1ère partie: 2h49/2e partie: 2h26)

    Dites-lui que je l’aime de Claude Miller (1977, 1h46)

    La Nuit tous les chats sont gris de Gérard Zingg (1977, 1h44)

    Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978, 1h48)

    Le Sucre de Jacques Rouffio (1978, 1h40)

    Loulou de Maurice Pialat (1980, 1h57)

    Le Dernier métro de François Truffaut (1980, 2h11)

    Le Choix des armes d’Alain Corneau (1981, 2h15)

    La Femme d’à côté de François Truffaut (1981, 1h46) Remise du Prix Lumière

    Danton d’Andrzej Wajda (1982, 2h16)

    Le Tartuffe de Gérard Depardieu (1984, 2h20)

    Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat (1987, 1h37)

    Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (1990, 2h18)

    Le Visiteur de Satyajit Ray (Agantuk, 1991, 2h)

     Court métrage :

    Le Beatnik et le minet de Roger Leenhardt (1965, 20min)

    Grenouille d'hiver de Slony Sow (2011, 17min)

     Intégrale Jacques Becker

    Dernier atout de Jacques Becker (1942, 1h45)

    Goupi Mains Rouges de Jacques Becker (1943, 1h44)

    Falbalas de Jacques Becker (1945, 1h50)

    Antoine et Antoinette de Jacques Becker (1947, 1h38)

    Rendez-vous de juillet de Jacques Becker (1949, 1h39)

    Édouard et Caroline de Jacques Becker (1951, 1h28)

    Casque d'Or de Jacques Becker (1952, 1h36)

    Rue de l’Estrapade de Jacques Becker (1953, 1h42)

    Touchez pas au grisbi de Jacques Becker (1954, 1h36)

    Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker (1954, 1h32)

    Les Aventures d’Arsène Lupin de Jacques Becker (1957, 1h44)

    Montparnasse 19 de Jacques Becker (1958, 1h49)

    Le Trou de Jacques Becker (1960, 2h12)

     Court métrage :

    La Grande espérance de Jacques Becker (1938, 30min)

     Documentaires :

    Jacques Becker, la passion cinéma de Hubert Niogret (1998, 1h17)

    Jacques Becker ou l’élégance morale de Claude-Jean Philippe (1979, 24min)

    Cinéastes de notre temps Jacques Becker de Claude de Givray (1967, 1h16)

     Rétrospective William A. Wellman

    Les Ailes de William A. Wellman (Wings, 1927, 2h31)

    Les Mendiants de la vie de William A. Wellman (Beggars of Life, 1928, 1h21)

    Other Men’s Women de William A. Wellman (1931, 1h10)

    L’Ennemi public de William A. Wellman (The Public Enemy, 1931, 1h23)

    L’Ange blancde William A. Wellman (Night Nurse, 1931, 1h12)

    Safe in Hell de William A. Wellman (1931, 1h13)

    Héros à vendre de William A. Wellman (Heroes For Sale, 1933, 1h16)

    Wild Boys of the Road de William A. Wellman (1933, 1h08)

    Une étoile est née de William A. Wellman (A Star is Born, 1937, 1h51)

    L’Étrange incident de William A. Wellman (The Ox-Bow Incident, 1943, 1h15)

    Les Forçats de la gloire de William A. Wellman (Story of G.I. Joe, 1945, 1h49)

    La Ville abandonnée de William A. Wellman (Yellow Sky, 1948, 1h38)

    Convoi de femmes de William A. Wellman (Westward the Women, 1951, 1h58)

    Documentaire : The Men who Made Movies: William Wellman de Richard Schickel (1973, 58min)

    Yakuza ! 5 chefs-d’œuvre du film de gangsters japonais

    Fleur pâle de Masahiro Shinoda (Kawaita hana, 1964, 1h32)

    Guerre des gangs à Okinawa de Kinji Fukasaku (Bakuto gaijin butai, 1971, 1h33)

    Combat sans code d'honneur de Kinji Fukasaku (Jingi naki tatakai, 1973, 1h39)

    Police contre syndicat du crime de Kinji Fukasaku (Kenkei tai soshiki Boryoku, 1975, 1h34)

    Femmes de Yakuzas de Hideo Gosha (Gokudô no onna-tachi, 1986, 1h57)

     Documentaires:

    Yakuza Eiga, une histoire du cinéma yakuza de Yves Montmayeur (2008, 1h)

    Pinku Eiga, The Pleasure Dome of Japanese Erotic Cinema d’Yves Montmayeur (2011, 1h25)

     Cinéma muet : hommage à Kevin Brownlow

    Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram (The Four Horsemen of the Apocalypse, 1921, 2h12)

    Loin de Hollywood - L'art européen du cinéma muet de Kevin Brownlow et David Gill (Cinema Europe - The Other Hollywood, 1994, 6 épisodes de 52min)

     Cinémathèque invitée : Il Museo del Cinema di Torino

    Le Feu de Giovanni Pastrone (Il fuoco, 1916, 51min)

    L’Assassin d’Elio Petri (L’assassino, 1961, 1h38)

    I giorni contati d’Elio Petri (1962, 1h39)

     Sublimes moments du muet

    Muets en couleurs (1896-1914, 54min)

    Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902, 16min)

    Le Feu de Giovanni Pastrone (Il fuoco, 1916, 51min)

    Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram (The Four Horsemen of the Apocalypse, 1921, 2h12)

    Les Ailes de William A. Wellman (Wings, 1927, 2h31)

    Les Mendiants de la vie de William A. Wellman (Beggars of Life, 1928, 1h21)

     Le temps retrouvé

    Muets en couleurs (1896-1914, 54min)

    No Man’s Land de Victor Trivas (Niemansland, 1931, 1h33)

    Le Quai des brumes de Marcel Carné (1938, 1h44)

    Lumière d’été de Jean Grémillon (1943, 1h52)

    Femme de feu d’André De Toth (Ramrod, 1947, 1h35)

    La Machine à tuer les méchants de Roberto Rossellini (La macchina ammazzacattivi, 1952, 1h20)

    Park Row de Samuel Fuller (1952, 1h23)

    Jowita de Janusz Morgenstern (1967, 1h34)

    Portrait d’une enfant déchue de Jerry Schatzberg (Puzzle of a Downfall Child, 1970, 1h45)

    La Horse de Pierre Granier-Deferre (1970, 1h18)

    Frankenstein Junior de Mel Brooks (Young Frankenstein, 1974, 1h45)

    The Plague Dogs de Martin Rosen (1982, 1h43)

     Hommage à Roger Corman

    Corman’s World d’Alex Stapleton (Corman’s World: Exploits of a Hollywood Rebel, 2011, 1h35)

    L’Affaire Al Capone de Roger Corman (The St. Valentine's Day Massacre, 1967, 1h40)

     Événements

    • Restauration par Pathé

    Les Enfants du paradis de Marcel Carné (1945, 3h10)

     • Invitation à Benicio Del Toro

    L’Île nue de Kaneto Shindô (Hadaka no shima, 1960, 1h36)

     • Invitation à Fatih Akin

    La Loi de la frontière de Lüfti Akad (Hudutlarin Kanunu, 1966, 1h11)

     • Invitation à Helmut Berger

    Le Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica (Il giardino dei Finzi-Contini, 1970, 1h34)

     • Hommage à Raoul Ruiz

    Trois vies & une seule mort de Raoul Ruiz (1995, 2h15)

     • Axel Brücker, empereur de la bande-annonce

    Mini-nuit de la bande annonce (environ 3h)

     • Avant-première

    Bollywood, Bollywood de Rakeysh Omprakash Mehra et Jeff Zimbalist (Bollywood : The Greatest Love Story Ever Told, 2011, 1h21)

    • Hommage à Warner Home Video

    Ben-Hur de William Wyler (1959, 3h32) 

     • Invitation à Charlotte Rampling

    The Look d’Angelina Maccarone (2011, 1h34) 

    Déjà classiques !

    La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan (1969, 1h47)

    L’Important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski (1975, 1h50)

    Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975, 1h43)

    Le Sucre de Jacques Rouffio (1978, 1h40)

     Nuit de la science fiction : de la Terre à la Lune

    Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902, 16min)

    Soleil vert de Richard Fleischer (Soylent Green, 1973, 1h37)

    District 9 de Neill Blomkamp (2009, 1h52)

    La Machine à explorer le temps de George Pal (The Time Machine, 1960, 1h35)

    2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (2001 : A Space Odyssey, 1968, 2h27)

     Mon festival à moi

    La Guerre des boutons d’Yves Robert (1962, 1h33)

    Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker (1954, 1h32)

    Documentaires sur le cinéma

    Loin de Hollywood - L'art européen du cinéma muet de Kevin Brownlow et David Gill (Cinema Europe - The Other Hollywood, 1994, 6 épisodes de 52min)

    Jacques Becker, la passion cinéma de Hubert Niogret (1998, 1h17)

    Jacques Becker ou l’élégance morale de Claude-Jean Philippe (1979, 24min)

    Cinéastes de notre temps Jacques Becker de Claude de Givray (1967, 1h16)

    The Men who Made Movies: William Wellman de Richard Schickel (1973, 58min)

    Yakuza Eiga, une histoire du cinéma yakuza de Yves Montmayeur (2008, 1h)

    Pinku Eiga, The Pleasure Dome of Japanese Erotic Cinema d’Yves Montmayeur (2011, 1h25)

    Elio Petri, notes sur un auteur de Stefano Leone, Federico Bacci, Nicola Guarneri (Elio Petri… appunti su une autore, 2005, 1h10)

    Jean Douchet ou l’art d’aimer de Thierry Jousse (2011, 1h15)

    Marcel Ophuls et Jean-Luc Godard : La rencontre de Saint-Gervais de Vincent Lowy et Frédéric Choffat (44 min, 2011)

    Dominique Laffin, portrait d’une enfant pas sage de Laurent Perrin (2007, 55 min)

    Maurice Pialat, l’amour existe de Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devilliers (2007, 1h21)

    Il était une fois... Vol au-dessus d'un nid de coucou d’Antoine de Gaudemar (2011, 52min)

     

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  • Festival Lumière de Lyon - Remise du prix Lumière à Gérard Depardieu et projection de "La femme d'à côté" - Critique

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    Cette année, j'aurai le plaisir de vous parler de ce festival en direct (retrouvez mes articles sur la programmation, ici) puisque je ferai partie des intervenants dans deux débats (je vous en reparlerai). Le 8 octobre, à 20H, sera remis le prix Lumière, à Gérard Depardieu, à l'Amphithéâtre du Centre de Congrès. A cette occasion sera projetée "La femme d'à côté"de François Truffaut, en présence de Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Bertrand Tavernier et des personnalités invitées du festival. Les places sont en vente depuis ce midi. Rendez-vous sur le site officiel pour réserver votre place: http://www.festival-lumiere.org .

    Critique de "La Femme d'à côté" de François Truffaut

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    Bernard Coudray (Gérard Depardieu) et Mathilde Bauchard (Fanny Ardant) se sont connus et aimés follement, passionnément, douloureusement, et séparés violemment, sept ans plus tôt. L’ironie tragique du destin va les remettre en présence lorsque le mari de Mathilde, Philippe Bauchard (Henri Garcin), qu’elle a récemment épousé, lui fait la surprise d’acheter une maison dans un hameau isolé, non loin de Grenoble, dans la maison voisine de celle qu’occupent Bernard, son épouse Arlette (Michèle Baumgartner), et leur jeune fils. (Une fenêtre sur cour que l’admirateur et grand connaisseur d’Hitchcock qu’était Truffaut n’a d’ailleurs certainement pas choisie innocemment.) Bernard et Mathilde taisent leur  passé commun à leurs époux respectifs et vont bientôt renouer avec leur ancienne passion.

    A mon sens,  personne d’autre que Truffaut n’a su aussi bien transcrire les ravages de la passion, sa cruauté sublime et sa beauté douloureuse, cette « joie » et cette « souffrance » entremêlées. Si : dans un autre domaine, Balzac peut-être, dont Truffaut s’est d’ailleurs inspiré, notamment pour « Baisers volés » (« Le Lys dans la vallée ») ou « La Peau douce » (Pierre Lachenay y donne ainsi une conférence sur Balzac). L’amour chez Truffaut est en effet presque toujours destructeur et fatal.

    La femme d’à côté est cette étrange étrangère au prénom d’héroïne de Stendhal, magnifiquement incarnée par la classe, l’élégance, le mystère, la voix ensorcelante et inimitable de Fanny Ardant, ici impétueuse et fragile, incandescente, ardente Fanny.

    Truffaut dira ainsi : "J'ai volontairement gardé les conjoints à l'arrière-plan, choisissant d'avantager un personnage de confidente qui lance l'histoire et lui donne sa conclusion : "Ni avec toi, ni sans toi ".  De quoi s'agit-il dans la "La Femme d'à côté" ? D'amour et, bien entendu, d'amour contrarié sans quoi il n'y aurait pas d'histoire. L'obstacle, ici, entre les deux amants, ce n'est pas le poids de la société, ce n'est pas la présence d'autrui, ce n'est pas non plus la disparité des deux tempéraments mais bien au contraire leurs ressemblances. Ils sont encore tous deux dans l'exaltation du "tout ou rien" qui les a déjà séparés huit ans plus tôt. Lorsque le hasard du voisinage les remet en présence, dans un premier temps Mathilde se montre raisonnable, tandis que Bernard ne parvient pas à l'être. Puis la situation, comme le cylindre de verre d'un sablier, se renverse et c'est le drame."

    Le rapport entre les deux  va en effet se renverser à deux reprises. Bernard va peu à peu se laisser emporter par la passion, à en perdre ses repères sociaux, professionnels et familiaux, à en perdre même la raison, toute notion de convenance sociale alors bien dérisoire. Le tourbillon vertigineux de la passion, leurs caractères exaltés, leurs sentiments dans lesquels amour et haine s’entremêlent, se confondent et s’entrechoquent vont rendre le dénouement fatal inévitable.  Chaque geste, chaque regard, chaque parole qu’ils échangent sont ainsi empreints de douceur et de douleur, de joie et de souffrance, de sensualité et de violence.

    Truffaut y démontre une nouvelle fois une grande maîtrise scénaristique et de mise en scène. Après « Le Dernier Métro » , la fresque sur l’Occupation avec ses nombreux personnages, il a choisi ce film plus intimiste au centre duquel se situe un couple, sans pour autant négliger les personnages secondaires, au premier rang desquels Madame Jouve (Véronique Silver), la narratrice, sorte de double de Mathilde, dont le corps comme celui de Mathilde porte les stigmates d’une passion destructrice. Elle donne un ton apparemment neutre au récit, en retrait, narrant comme un fait divers cette histoire qui se déroule dans une ville comme il y en a tant, entre deux personnes aux existences en apparence banales, loin de la grandiloquence d’Adèle.H, mais qui n’ en a alors que plus d’impact, de même que ces plans séquences dans lesquels le tragique se révèle d’autant plus dans leur caractère apparemment anodin et aérien. A l’image des deux personnages, la sagesse de la mise en scène dissimule la folie fiévreuse de la passion, et ce qui aurait pu être un vaudeville se révèle une chronique sensible d’une passion fatale. D’ailleurs, ici les portes ne claquent pas: elles résonnent dans la nuit comme un appel à l’aide, à l’amour et à la mort.

     Deux personnages inoubliables, troublants et attachants, interprétés par deux acteurs magnifiques. Truffaut aurait songé à eux pour incarner cette histoire, en les voyant côte-à-côte lors du dîner après les César lors desquels  « Le Dernier Métro » avait été largement récompensé.

    Il fallait un talent démesuré pour raconter avec autant de simplicité cette histoire d’amour fou, de passion dévastatrice, qui nous emporte dans sa fièvre, son vertige étourdissant et bouleversant, comme elle emporte toute notion d'ordre social et la raison de ses protagonistes. Un film qui a la simplicité bouleversante d’une chanson d’amour, de ces chansons qui « plus elles sont bêtes plus, elles disent la vérité ».

    Ce film sorti le 30 septembre 1981 est l’avant-dernier de Truffaut, juste avant « Vivement Dimanche » dans lequel Fanny Ardant aura également le rôle féminin principal.

     

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  • "The Artist" de Michel Hazanavicius, film d'ouverture du Festival Lumière de Lyon 2011

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    En juin dernier, je vous parlais de la programmation 2011 de ce festival, ici, qui annonce aujourd'hui (en plus d'une programmation déjà particulièrement riche et variée) que c'est "The Artist" de Michel Hazananicius qui fera l'ouverture du festival, en présence de ce dernier et des deux acteurs principaux, Jean Dujardin et Bérénice Béjo. C'est ce même film qui fera la clôture du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2011, le 10 septembre.

    En trois ans, Lyon a déjà réussi à s'imposer comme un rendez-vous cinématographique incontournable. Il se pourrait d'ailleurs que cette année, je vous en parle davantage...mais je ne peux pas encore en dire plus. A suivre...

    En attendant retrouvez ma critique de "The Artist" de Michel Hazanavicius en cliquant ici...et, si vous êtes au festival, ne le manquez sous aucun prétexte!

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  • Programme du Festival Lumière de Lyon 2011 : le Prix Lumière 2011 pour Gérard Depardieu

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    En 3 ans, le Festival Lumière de Lyon a réussi à s'imposer comme un des grands rendez-vous de l'année professionnelle avec à chaque fois une programmation remarquable... Pas tellement étonnant lorsque l'on sait que le directeur de l'Institut Lumière se nomme... Thierry Frémaux.  Le festival aura lieu du 3 au 9 octobre. Après Clint Eastwood la première année du festival et Milos Forman l'an passé, c'est Gérard Depardieu qui sera à l'honneur pour cette nouvelle édition du festival, il recevra son prix le samedi 8 octobre. Thierry Frémaux a ainsi expliqué ce choix:

    Gérard Depardieu est un homme très populaire, très vu, très aimé mais qui n'a jamais reçu vraiment d'hommage. Il nous a semblé que la place qu'il occupe dans l'histoire du cinéma français et ce que avec lui on peut redire de ce qu'est le cinéma français des années 70, 80, 90 noussemble être un prétexte formidable pour l'acceuillir ici. Il adore Lyon et a accepté très rapidement alors qu'il a souvent refusé d'être honoré. Il faudra que plus qu'un hommage se soit une fête car il a encore beaucoup de choses à faire."

    Au programme également cette année:

    -190 séances dans 36 cinémas

    -une nuit de la science fiction sur le thème de la Terre à la Lune le vendredi 7 octobre avec : Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902), Blade Runner de Ridley Scott (1983) ou Soleil vert de Richard Fleischer (1973) )

    - une soirée pour les enfants avec la projection de La Guerre des Boutons d'Yves Robert (1962)

    -une rétrospective des films restaurés de Jacques Becker et de Kevin Brownlow, William Wellman

     -une sélection de films de Yakuza

     -le mercredi 5 octobre un ciné-concert avec la projection du film de Rex Ingram Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse (1921) accompagné par l'Orchestre national de Lyon.

    -Des projections de classiques en présence des réalisateurs

    : Le Sucre de Jacques Rouffio (1978)
    La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan (1969)
    Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975

    -Présentation de Corman’s World : Exploits of a Hollywood Rebel d’Alex Stapleton (2011)En présence de Roger Corman et Alex Stapleton.
    Vous connaîtrez le programme définitif fin août mais pouvez d'ores et déjà réserver vos places pour la cérémonie d'ouverture et pour la séance jeune public.

    Plus de renseignements sur www.festival-lumiere.org

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