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  • « Mauvais génie » de Marianne Denicourt et Judith Perrignon

    Mauvais génie c’est la réponse vindicative et caustique de Marianne Denicourt à « Rois et Reines » d’Arnaud Desplechin qui a pillé son existence (mort de son père, du père de son enfant, dernière séquence inspirée de la lettre de Desplechin au fils de Marianne Denicourt etc) pour écrire son scénario. On comprend aisément les raisons de cette réaction mais ce roman s’apparente davantage à une vengeance aigrie dénuée de véritable trame narrative qu’à une véritable histoire. Cela pourrait être une simple lettre adressée à Despechin, restée dans la sphère privée mais pour évacuer sa douleur, sa rancœur Marianne Denicourt a préféré livrer son histoire au public. Sa vengeance est peut-être réussie, ou du moins son désir de rétablir la vérité, rassasié, il en va autrement de cette histoire nous contant les mesquineries de cet Arnold Duplancher qui n’aurait très certainement pas été éditée et ne présenterait pas le plus infime intérêt si Arnold Duplancher n’était pas Arnaud Desplechin. Fallait-il répondre à une mesquinerie par une autre mesquinerie? Peut-être Marianne Denicourt a-t-elle oublié que « la vengeance est un plat qui se mange froid » et cette réaction à chaud manque-t-elle par conséquent de recul et de subtilité. Peut-être juste nous pose-t-elle une question plus qu’elle n’apporte de réponse, question que peut aussi susciter le dernier film de Claude Berri « L’un reste, l’autre part » : jusqu’à quel point la création peut-elle puiser dans sa vie et celle de ses proches sans devenir indécente ? Mais une œuvre d’art doit-elle être décente ou bien en est-elle encore une lorsque sa source est malséante, au mépris de la dignité d’autrui et donc de celle de l’auteur ? Sandra.M

    Editions Stock- Pour en savoir plus voir aussi ci-dessous medium_mauvais_genie.jpgma critique de « Rois et reines » de Desplechin-

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  • « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé, un voyage ensoleillé

    Ce roman solaire nous narre judicieusement, par un mélange de soliloque et de narration objective, les destins de ces Scorta qui s’entrelacent sous le soleil étouffant des Pouille. Laurent Gaudé y fait preuve d’un talent de conteur indéniable nous livrant un récit, celui de la vie des Scorta ; des vies que le lecteur regarde se dérouler avec un certain détachement. C’est un livre lumineux, flamboyant duquel on émerge en ayant l’impression d’être allé sous le soleil écrasant des Pouille, lieu décrit avec tant de précision, de chaleur, de véracité. On peut néanmoins regretter qu’il s’agisse davantage de tableaux, certes éclatants, que d’un récit réellement linéaire, ce qui contribue à disperser l’attention du lecteur et à ce qui a contribué à ce que je ne parvienne jamais réellement à m’immerger dans le récit comme si l’auteur avait souhaité décrire davantage une atmosphère que narrer une histoire, nous emmener en voyage seuls plutôt qu’accompagnés réellement de ses personnages.
    Prix Goncourt 2004. Editions Actes Sud.
    Sandra.M
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  • « Mon ange » de Serge Frydman ou une quête envoûtante du(de) paradis.

    Il existe des lieux, des personnes, des musiques, des peintures qui vous envoûtent et vous transportent dans leurs univers sans que vous sachiez réellement pourquoi, et sans qu'il importe réellement de savoir. Un envoûtement délicieusement indicible que suscitent certains films, aussi. « Mon ange » est de ceux là. Cette fois je ne résumerai pas l’intrigue car comme une musique envoûtante, peu importe que l’on ait entendu (vu) le début ou que l’on en connaisse le sens réel. Vous êtes insidieusement transportés dans un univers poétique, presque onirique et vous vous laissez bercer par son rythme fascinant sans voir les secondes s’écouler. Pour son premier film en tant que réalisateur Serge Frydman (scénariste notamment du sublime « La fille sur le pont » de Leconte) fait également preuve d’une indéniable inventivité visuelle, un esthétisme auquel n’est pas non plus étranger Vilko Filac(notamment chef opérateur des « Enfants du siècle » etc). Quelques plans nous font songer aux "ailes du désir" de Wim Wenders, écho visuel au titre du film. L’ensorcellement résulte enfin de la bande originale de Tom Waits et Elvis Presley, et de ce duo d’acteurs (Vanessa Paradis et le jeune Vincent Rottiers qui apporte à son personnage une touchante fragilité déterminée) judicieusement choisi qui nous emporte avec lui dans ce road movie sensuel etmedium_18399347.jpg envoûtant et qui nous transporte longtemps encore après le générique de fin.

    A noter : le site officiel du film www.monange.fr« Mon ange » est coproduit par Claudie Ossard (et Martin Karmitz)
    A voir absolument: « La fille sur le pont » de Patrice Leconte.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE(2004 à 2007) Pin it! 0 commentaire