Pour tout savoir sur le festival de Cannes 2006!
Dans un mois Cannes déroulera son ruban de pellicules et de rêves, son tapis rouge, sa folie, ses
excentricités, ses passions, ses 11 jours hors du temps, de la réalité, de la raison parfois. Alors que dans un mois aura lieu la cérémonie d'ouverture présentée par Vincent Cassel, le festival de Cannes vient donc de communiquer les films sélectionnés, les jurys, l'afiche très "Wong-Kar-Waiesque" ..., en tout cas un programme que je trouve particulièrement allèchant. Ci-dessous retrouvez toutes les informations concernant le festival de Cannes 2006 .
Alors que ces dernières années donnaient la part belle au cinéma asiatique nous pouvons d'ores et déjà remarquer un retour du cinéma européen, et une constante de Cannes, qui certes cette année présente des films de jeunes cinéastes n'ayant jamais présenté de films à Cannes mais surtout des films de cinéastes habitués de la Croisette: Nanni Moretti (Palme d'or en 2001 avec la Chambre du fils), qui revient avec son nouveau film, le Caïman), Aki Kaurismäki (Grand Prix 2002 pour l'Homme sans passé), qui présente les Lumières du faubourg), Pedro Almodovar (Prix de la mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère), qui revient avec Volver, Ken Loach (Prix du scénario en 2002 avec Sweet Sixteen) qui présente le Vent se lève ou enfin les français Bruno Dumont ou Nicole Garcia, déjà venus en compétition.
Quant aux thématiques du festival on nous promet plus que jamais un cinéma reflet du monde et de
ses bouleversements politiques et sociaux mais aussi de belles histoires
d'amour. Un festival de Cannes pour tous les goûts, plus que jamais reflet et vitrine de luxe du cinéma actuel et un cinéma lui-même reflet de l'état du monde pour ceux qui douteraient encore que le cinéma est un art et politique, peut-être un pléonasme. Tout art n'est-il pas politique? A méditer. En attendant ... viva il cinéma!
Rendez-vous sur ce blog le 17 Mai pour ma première chronique quotidienne du festival et le 28 Mai pour connaître le nom de l'heureux successeur des frères Dardenne (d'ailleurs de nouveau présents cette année comme présidents du jury de la caméra d'or).
Cannes 2006, en quelques chiffres
-10 jours de compétition
-55 films représentant 30 pays
-48 premières mondiales
-une compétition de 20 longs métrages venant de 13 pays dont 8 premiers films
-3 films français en compétition officielle:Flandres, Selon Charlie, Quand j'étais chanteur
Jury des longs métrages
WONG Kar Wai, Président
Réalisateur chinois
Monica BELLUCCI - actrice italienne
Helena BONHAM CARTER - actrice anglaise
Lucrecia MARTEL - réalisatrice argentine
ZHANG Ziyi - actrice chinoise
Samuel L. JACKSON - acteur américain
Patrice LECONTE - réalisateur français
Tim ROTH - réalisateur, acteur anglais
Elia SULEIMAN - réalisateur palestinien
Jury de la Cinéfondation et des courts métrages
Andreï KONCHALOVSKY, Président
Réalisateur russe
Sandrine BONNAIRE - actrice française
Daniel BRÜHL - acteur allemand
Souleymane CISSE - réalisateur malien
Zbigniew PREISNER - compositeur polonais
Film d'Ouverture :
Ron HOWARD THE DA VINCI CODE Hors Compétition 2h32
La compétition
Pedro ALMODÓVAR VOLVER 2h01 
Andrea ARNOLD RED ROAD 1er Film 1h40
Lucas BELVAUX LA RAISON DU PLUS FAIBLE 1h30
Rachid BOUCHAREB INDIGÈNES 1h50
Nuri Bilge CEYLAN IKLIMLER (Les Climats) 1h37
Sofia COPPOLA MARIE-ANTOINETTE 2h03
Pedro COSTA JUVENTUDE EM MARCHA 2h20
Guillermo DEL TORO EL LABERINTO DEL FAUNO (Le Labyrinthe de Pan) 1h50
Bruno DUMONT FLANDRES 1h30
Nicole GARCIA SELON CHARLIE 2h20
Xavier GIANNOLI QUAND J'ÉTAIS CHANTEUR 1h50
Alejandro González IÑÁRRITU BABEL 2h15
Aki KAURISMÄKI LAITAKAUPUNGIN VALOT (Les Lumières du faubourg) 1h20
Richard KELLY SOUTHLAND TALES 2h31
Richard LINKLATER FAST FOOD NATION 1h44
Ken LOACH THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Le Vent se lève) 2h04
LOU Ye SUMMER PALACE (Palais d'été) 2h20
Nanni MORETTI IL CAIMANO 1h52
Paolo SORRENTINO L'AMICO DI FAMIGLIA (L'Ami de la famille) 1h50
Film de Clôture :
Tony GATLIF TRANSYLVANIA Hors Compétition 1h43
Les films hors compétition
Grand Théâtre Lumière :
Paul GREENGRASS UNITED 93 (Vol 93) 1h45
Brett RATNER X-MEN: THE LAST STAND 1h43
Tim JOHNSON, Karey KIRKPATRICK OVER THE HEDGE (Nos voisins les hommes) 1h30
Séances de minuit :
John Cameron MITCHELL SHORTBUS 1h42
SU Chao Pin GUISI (Soie / Silk) 1h56
Johnnie TO ELECTION 2 1h32
Salle Buñuel :
Mimo CALOPRESTI VOLEVO SOLO VIVERE 1h25
Bill COUTURIE BOFFO: TINSELTOWN'S BOMBS AND BLOCKBUSTERS (Boffo! Les Revers et réussites d'Hollywood) 1h20
Benoît DELÉPINE AVIDA 1h23
Davis GUGGENHEIM AN INCONVENIENT TRUTH 1h58
Adam GUZINSKI CHLOPIEC NA GALPOPUJACYM KONIU (The boy on a galloping horse) 1h10
Jean-Henri MEUNIER ICI NAJAC, À VOUS LA TERRE 1h35
Phillipe PARRENO, Douglas GORDON ZIDANE, UN PORTRAIT DU 21E SIÈCLE 1h35
Sydney POLLACK SKETCHES OF FRANK GEHRY 1h30
Tahani RACHED EL-BANATE DOL (Ces filles-là / These Girls) 1h30
Abderrahmane SISSAKO BAMAKO 1h52
Un Certain Regard
Film d'Ouverture :
PARIS, JE T'AIME 2h00
Rabah AMEUR-ZAÏMECHE BLED NUMBER ONE 1h40
Marco BELLOCCHIO IL REGISTA DI MATRIMONI (Le Metteur en scène de mariages) 1h40
Israel Adrian CAETANO CRONICA DE UNA FUGA (Chronique d'une fuite) 1h55
Rolf DE HEER TEN CANOES 1h30
Denis DERCOURT LA TOURNEUSE DE PAGES 1h25
Paz ENCINA HAMACA PARAGUAYA 1er Film 1h18
Stefan FALDBAKKEN URO 1er Film 1h38
Jacques FIESCHI LA CALIFORNIE 1er Film 1h47
Paul GOLDMAN SUBURBAN MAYHEM (Le Feu sous la peau) 1h35
Patrick GRANDPERRET MEURTRIÈRES 1h40
Slawomir FABICKI Z ODZYSKU 1er Film 1h40
Manuel HUERGA SALVADOR PUIG ANTICH 2h13
Nikolay KHOMERIKI 977 1er Film 1h27
Richard LINKLATER A SCANNER DARKLY 1h50
Catalin MITULESCU CUM MI-AM PETRECUT SFARSITUL LUMII (Comment j'ai fêté la fin du monde) 1er Film 1h45
Garin NUGROHO SERAMBI 1h10
György PÁLFI TAXIDERMIE 1h30
Oxide PANG CHUN, Danny PANG GWAI WIK 1h45
Djamshed USMONOV BIHISHT FAQAT BAROI MURDAGON (Pour aller au ciel il faut mourir) 1h45
Francisco VARGAS EL VIOLIN (Le Violon) 1er Film 1h38
Kristijonas VILDZIUNAS YOU AM I (Toi être moi) 1h30
WANG Chao LUXURY CAR (Voiture de luxe) 1h30
YOON Jong-bin THE UNFORGIVEN 1er Film 2h06
UN CERTAIN REGARD A PARIS
Le Reflet Médicis accueillera du mercredi 31 mai au mardi 6 juin les films de la Sélection Officielle Un Certain Regard 2006.
Programme de courts métrages:
THE WATER DIARY de Jane CAMPION (17'), LES SIGNES de Eugène GREEN (32'), STANLEY'S GIRLFRIEND de Monte HELLMAN (27'), SIDA de Gaspar NOE (19'), UN LEVER DE RIDEAU de François OZON (28')
Les courts métrages en compétition
Pablo AGUERO PRIMERA NIEVE (Première neige) 15'
Belma BAS POYRAZ 13'
Claude BARRAS, Cédric LOUIS BANQUISE 7'
Robin KLEINSMIDT ONGERIEWE 14'46''
Florence MIAILHE CONTE DE QUARTIER 15'
Parker OSBERT FILM NOIR 3'
Bobbie PEERS SNIFFER 10'
Denie PENTECOST SEXY THING (Chose sexy) 14'
Jane SHEARER NATURE'S WAY 10'
Eduardo VALENTE O MONSTRO (Le Monstre) 13'
La Cinéfondation
Yaniv BERMAN
Université de Tel-Aviv, Israël EVEN KIDS STARTED SMALL 30'
Andreas BOLM
HFF München, Allemagne JABA 37'
Anirban DATTA
Satyajit Ray Film & Television Institute, Inde TETRIS 31'
Deniz Gamze ERGÜVEN
La fémis, France BIR DAMLA SU (Une goutte d'eau) 19'
Dustin FENELEY
VCA, Australie SNOW 15'
Sian HEDER
AFI, Etats-Unis MOTHER 17'
Matthias HUSER
HGKZ, Suisse HUNDE (Chiens) 19'
Bruno JORGE
ESPM, Brésil JUSTIÇA AO INSULTO (Justice à l'insulte) 14'
Etienne KALLOS
NYU, Etats-Unis DOORMAN 17'
Ágnes KOCSIS
Színház- és Filmmuvészeti Egyetem, Hongrie A VIRUS 27'
Axel KOENZEN
DFFB, Allemagne FIRN 39'
Nadav LAPID
The Sam Spiegel Film and TV School, Israël HA'CHAVERA SHELL EMILE (La copine d'Emile) 51'
Stefan MUELLER
Fachhochschule Wiesbaden, Allemagne MR. SCHWARTZ, MR. HAZEN & MR. HORLOCKER 7'
Milla NYBONDAS
Turku Arts Academy, Finlande ELASTINEN PARTURI (Le coiffeur élastique) 5'
Gustavo RIET
Universidad del Cine, Argentine GE & ZETA 16'
Anocha SUWICHAKORNPONG
Columbia University, Etats-Unis GRACELAND 17'
Jaap VAN HEUSDEN
NFTA, Pays-Bas EEN INGEWIKKELD VERHAAL, EENVOUDIG VERTELD (Une histoire compliquée, racontée simplement) 27'
Cannes Classics
Documentaires sur le cinéma :
Mario CANALE, Annarosa MORRI MARCELLO UNA VITA DOLCE (Marcello A Sweet Life) 1h30
Anne FEINSILBER REQUIEM FOR BILLY THE KID 1er Film 1h30
Marie GENIN, Serge JULY IL ETAIT UNE FOIS…ROME VILLE OUVERTE 52'
Sam POLLARD JOHN FORD/JOHN WAYNE: The Filmmaker and the Legend 1h24
En bref:
Le jury Un Certain Regard sera présidé par Monte Hellman.
Le jury de la Caméra d'Or sera présidé par Luc et Jean-Pierre Dardenne.
La Leçon d'acteur sera donnée le vendredi 19 mai par Gena Rowlands.
La Leçon de musique d'Alexandre Desplat, en dialogue avec Jacques Audiard, aura lieu dimanche 21 mai.
La Leçon de cinéma sera donnée par Sydney Pollack le jeudi 25 mai.
Une exposition inédite consacrée à Sergei M. Eisenstein présentera, en contrepoint de la part plus connue de l'œuvre du réalisateur, une collection de dessins érotiques.
Le programme sera complété par la projection d'Octobre (1927), Le Pré de Bejine (1937) et
Alexandre Nevski (1938).
L'affiche du Certain Regard lui rend hommage avec un dessin original pour un costume de théâtre.
Pour la Journée de l'Europe du mardi 23 mai, le Festival de Cannes accueillera avec la Commission Européenne les ministres de la culture européens et des personnalités du cinéma, autour du thème : « les cinémas d'Europe courent le monde / European films go global »
Sont notamment attendus sur la Croisette:
D'abord les comédiens du film d'ouverture Tom Hanks, Audrey Tautou , Jean Reno, Jean-Pierre Marielle. Puis, par film, Penélope Cruz, Carmen Maura, Cillian Murphy, Liam Cunningham, Kirsten Dunst, Judy Davis, Asia Argento, Marianne Faithfull, Steve Coogan, Michele Placido, Cate Blanchett, Gael García Bernal, Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Patricia Arquette, Ethan Hawke, The Rock, Sean William Scott, Sarah Michelle Gellar, Sergi López, Cécile De France, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon, Benoît Magimel, Benoît Poelvoorde, Fanny Ardant, Bruce Willis, Nick Nolte, Juliette Binoche, Willem Dafoe, Ben Gazzara, Bob Hoskins, Maggie Gyllenhaal, Ludivine Sagnier, Gena Rowlands, Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen, Kris Kristofferson, Nanni Moretti, Silvio Orlando, ainsi que les comédiens présents au Jury : Tim Roth, Samuel L. Jackson, Helena Bonham-Carter, Zhang Ziyi et Monica Belluci.
LIENS:
Site officiel du festival de Cannes
Mon compte-rendu du festival de Cannes 2005
Evidemment je pourrais vous parler des nombreuses comédies françaises à l’affiche actuellement. Je pourrais vous dire que vous avez l’embarras du choix entre Francis Veber avec La Doublure qui signe là le retour du naïf au grand coeur François Pignon, cette fois incarné par Gad Elmaleh, Albert Dupontel et sa "comédie sociale" Enfermés dehors qui nous narre les tribulations burlesques d’un SDF ayant trouvé un costume de policier et l’utilisant pour imposer sa propre loi déjantée, et Laurent Tuel avec Jean-Philippe qui nous entraîne dans une autre dimension où Johnny Hallyday serait resté Jean-Philippe Smet, sans compter Cabaret Paradis de Corinne et Gilles Benizio et OSS117,Le Caire nid d'espions de Michel Hazanavicius (je n’ai pas vu les deux derniers films cités).
la référence affirmée par son auteur à Chaplin et Keaton, référence pour le moins exagérée. Il ne suffit pas de s’auto-proclamer poétique pour le devenir. Je l’avoue : j’ai ri néanmoins, du moins plus qu’à la projection des Bronzés, amis pour la vie, ce qui n’est pas un défi insurmontable, je vous l’accorde.
face exceptionnel entre un Luchini dont le talent n’est certes plus à prouver mais dont le don pour la comédie est ici éclatant face à un Johnny Hallyday tout en retenue comme dans L’Homme du train, ici il fait de surcroît preuve d’une auto-dérision désarmante . Je pourrais en effet vous dire tout ça et encore que je vous recommanderais sûrement le dernier. Parce qu’il n’imite personne même s’il a un petit air de Being John Malkovich (au risque d'en agacer certains avec cette intouchable réfèrence) davantage que de Podium, même production et malgré un clin d’œil désopilant au film en question. Parce que, aussi, il nous parle des rendez-vous manqués ou décisifs, du destin, parce que le sujet est moins léger qu’il n’en a l’air, en tout cas universel. Je pourrais encore, justement, vous parler des rendez-vous manqués, esquivés ou essentiels.
de
Alors que les multiplexes continuent leur implantation à Paris (un UGC vient ainsi d’ouvrir à la Défense) rares sont encore les cine-clubs qui subsistent. C’est pourtant le cas de Ciné-club de l’Arlequin, en plein cœur de Saint Germain des Prés, animé par Claude-Jean Philippe, le dimanche matin, dans l’enceinte du mythique cinéma de la rue de Rennes. Petit compte-rendu de la projection et du débat de dimanche dernier consacrés à la Strada de Federico Fellini (1954).
Après avoir collaboré à l’hebdomadaire Marc’Aurelio, en y effectuant des travaux rédactionnels et des caricatures, après avoir participé à l’écriture de nombreux scénarios dès 1942, dont de nombreux scénarios du nouveau cinéma italien dont, après guerre, trois films de Roberto Rossellini: Rome ville ouverte, en 1945, Paisa en 1947 et Europe 51 en 1951, Fellini rédige ensuite des scénarios pour Alberto Lattuada avec qui il réalise Les Feux du music-hall en 1951. Puis, il prend déjà quelque peu ses distances avec le néoréalisme en tournant Courrier du cœur en 1952, puis Les Vitelloni en 1953. Contrairement à ce qu’imaginaient les producteurs, Dino de Laurentiis et Carlo Ponti, non seulement La Strada ne fut pas un échec commercial mais en plus le public et la critique à l’unisson firent un triomphe au film. Jusqu’alors le cinéma italien triomphait en effet selon les critères néoréalistes : absence de décor, absence de sophistication formelle, dramaturgie fondée sur une représentation de l’instant, sobriété, approche sociale réaliste. Si certes l’intrigue met en scène des gens simples, cela ne relève nullement du documentaire et ne recherche pas la sobriété mais au contraire une poésie surprenante. La Strada ne s’inscrit néanmoins pas réellement dans une rupture avec le néoréalisme, elle y ajoute plutôt un élément : une touche de poésie très personnelle. Jean de Baroncelli affirmait ainsi que "La Strada est comme une transfiguration du néo-réalisme. Tout y est quotidien, familier, parfaitement plausible. Cette histoire de saltimbanque a l'apparence d'un fait divers, pourtant nous sommes aux confins de l'étrange, sinon du fantastique."
Le troisième point sur lequel le débat a mis l’accent c’est l’influence du franciscanisme et du christianisme par lesquels Rossellini et Fellini étaient tous deux imprégnés, Fellini faisant aussi de La Strada un véritable drame métaphysique. Fellini avait en effet découvert la simplicité des moines franciscains sur Paisa, le film de Rossellini. La simplicité de Gelsomina fait ainsi écho à celle des Franciscains. La religion est d’ailleurs omniprésente dans le film. Gelsomina croise ainsi une procession, Zampano et elle seront hébergés dans un couvent etc. Par ailleurs, le Fou énonce tout un discours sur l’utilité des choses, notamment par la parabole du caillou, lorsqu’il laisse entendre à Gelsomina qu’elle est essentielle à la création après lui avoir tenu ce discours terrible sur sa laideur la comparant à une « tête d’artichaut ». Les éléments ont d’ailleurs un rôle essentiel, ne serait-ce que le titre qui lui-même en désigne un. Pour Geneviève Agel (dans Les chemins de Fellini), quatre scènes (la procession, la découverte de l'enfant malade, l'hébergement au couvent et la mort du Fou) sont les quatre jalons qui marquent "la procession spirituelle de la jeune femme". Claude-Jean Philippe a également insisté sur l’opposition entre les Chrétiens et les Marxistes encore très forte à l’époque où le film a été tourné, ces derniers s’en étant d’ailleurs pris avec virulence à La Strada.