Festival de Cannes 2025 – Compétition officielle – Critique de SIRAT d’Oliver Laxe (16/05/2025)

Quel choc que ce film qui nous embarque au cœur des montagnes du sud du Maroc avec Luis (Sergi Lopez), accompagné de son fils Estéban (et de leur chien), qui recherche sa fille aînée qui a disparu. Ils rallient un groupe de ravers en route vers une énième fête dans les profondeurs du désert. Ils s’enfoncent dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites.
Le titre peut se traduire par chemin mais aussi le pont qui relie l’enfer et le paradis. Un pont que nous traversons avec les personnages vers l’enfer tant ce film est une expérience sensorielle. Sur ce chemin, la mort va sans cesse surgir, implacable, fulgurante. Et, pourtant, c’est paradoxalement la vie que l’on retient de ce film. La vie qui transparait dans le soleil aveuglant ou dans la musique obsédante qui à la fin résonne comme un cœur obstiné.
Pedro Almodovar, qui a coproduit le film avec son frère Agustin avec leur société de production El Deseo., ne s’y est pas trompé.
Autour de Sergi Lopez d’une vulnérabilité foudroyante gravitent des acteurs non professionnels qui ajoutent encore à l’intensité brute du film.
La musique joue évidemment un rôle central. Oliver Laxe a collaboré ici avec David Lettelier, alias Kangding Ray qui signe la musique. Le film est aussi un voyage sonore brute et viscéral.
Un film crépusculaire et radical, entre ténèbres et lumière éblouissante. Une transe qui fait passer de l’angoisse à l’acceptation ou quand la musique devient un rituel mystique, une ode au sacré et à la vie d’une électricité rare.
Un sérieux prétendant au palmarès, et notamment au Prix du jury ou de la mise en scène.
19:10 Écrit par Sandra Mézière | Lien permanent | Commentaires (0) |
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