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<title>IN THE MOOD FOR CINEMA</title>
<description>IN THE MOOD FOR CINEMA</description>
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<lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 08:26:27 +0200</lastBuildDate>
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<title>D'une (ir)réalité à l'autre...</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2012</category>
<pubDate>Mon, 21 May 2012 08:24:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3590558&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/00/2911249448.jpg&quot; alt=&quot;m30.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3590559&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/00/01/682494547.jpg&quot; alt=&quot;m15.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3590560&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/00/1808438780.jpg&quot; alt=&quot;m29.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans « Un homme et une femme » de Claude Lelouch, film si indissociable de l’histoire du Festival de Cannes, Jean-Louis (Jean-Louis Trintignant, d’ailleurs à l’honneur hier mais j’y reviendrai dans ma critique de « Amour » de Michael Haneke dans lequel il interprète un des deux rôle principaux), citant Giacometti, demande «Qu'est-ce que vous choisiriez : l'art ou la vie? ». C’est un peu le cruel dilemme du festivalier: choisir l’art ou la vie, choisir la réalité ou sa retranscription aussi, même si, ici plus qu’ailleurs, l’un et l’autre son étrangement imbriqués à se confondre parfois comme hier, lors de la projection du 65&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; anniversaire du Festival, celle du documentaire de Gilles Jacob « Une journée particulière » pour laquelle 18 des 35 cinéastes de « Chacun son cinéma » (le film anniversaire du 60&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; festival) sont montés sur scène. Un générique inouï! Un de ces moments magiques qui vous font frissonner d’émotion (oui, comme la musique de Saint-Saëns dont je parlais à l’ouverture) et dont je vous reparlerai plus tard ainsi que du dîner du 65&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; anniversaire auquel j’ai eu le privilège et plaisir d’être invitée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’espère néanmoins que tout cela n’était pas le fruit de mon imagination un peu trop débordante comme celle de Luciano dans l’excellent « Reality » de Matteo Garrone, une imagination et surtout un désir de reconnaissance qui lui font prendre ses rêves (des rêves d'ailleurs cauchemardesques vus par le prisme de la raison) pour la réalité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus qu’un article, ceci est donc un teaser pour vous annoncer : le récit de la projection des 65 ans et de son dîner, ma critique de « Reality » et de « Lawless » mais en attendant j’ai choisi à la fois l’art et la vie en allant voir ce matin en séance du lendemain « Amour » de Michael Haneke, un des films de cette 65&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; édition que j’attends avec le plus d’impatience et dont je vous promets également la critique très rapidement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelques photos de la projection de « Une journée particulière », ci-dessus, pour vous faire patienter, en en attendant également d'autres.&lt;/p&gt;
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<title>Critique de &quot;Tess&quot; de Roman Polanski - Projection Cannes Classics 2012 en sa présence et celle de Nastassja Kinski</title>
<link>http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2012/05/21/critique-de-tess-de-roman-polanski-projection-cannes-classic.html</link>
<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2012</category>
<pubDate>Mon, 21 May 2012 07:54:50 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569127&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/01/1551259863.jpg&quot; alt=&quot;tessaffiche.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La projection, aujourd'hui de &quot;Tess&quot; de Roman Polanski, dans la section &quot;Cannes Classics&quot; est un des évènements de ce 65ème Festival de Cannes à ne pas manquer (ce lundi, à 19H30, en salle du 60ème) d'autant que le cinéaste et son actrice Nastassja Kinski seront présents, Roman Polanski était ainsi déjà présent hier pour la projection du documentaire &quot;Une journée particulière&quot; de Gilles Jacob, documentaire dans lequel il fait par ailleurs des apparitions remarquées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3590541&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/01/01/443376775.jpg&quot; alt=&quot;m3.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;(&lt;em&gt;Photo ci-dessus copyright inthemoodforcannes.com )&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chaque année, les projections cannoises de classiques du cinéma dans le cadre de Cannes Classics sont l’occasion de revoir de grands films, voire des chefs d’œuvre, mais aussi l’occasion de grands moments d’émotion, l’histoire du cinéma côtoyant le présent du Festival de Cannes, et cinéma et réalité se rejoignant et se confondant même parfois dans ce tourbillon d’émotions. Ce fut ainsi le cas avec la projection en version restaurée du « Guépard », il y a deux ans.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis 2004, le Festival de Cannes présente ainsi des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. La plupart des films sélectionnés sont projetés dans le Palais des Festivals, salle Buñuel ou salle du Soixantième, en présence de ceux qui ont restauré ces films et, parfois, de ceux qui les ont réalisés.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette année, Pathé présente ainsi « Tess », le film de Roman Polanski sorti en 1979 ( durée de 171 minutes), dans une restauration qu’il a lui-même supervisée, il s’est dit « épaté » par le travail des laboratoires. Cette projection se déroulera en présence de Roman Polanski et de Nastassja Kinski. Une restauration Pathé, exécutée par Éclair Group pour la partie image et Le Diapason pour la partie sonore.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film que je vous engage vivement à (re)voir lors de sa projection cannoise le 21 mai 2012, salle du Soixantième, a fortiori dans ce cadre splendide et en présence de ses protagonistes. Une projection qui s’annonce émouvante. Pour achever de vous en convaincre, retrouvez ma critique du film, ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569118&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/3867023281.jpg&quot; alt=&quot;tess1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;Photographie Bernard Prim - Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;©1979 PATHE PRODUCTION - TIMOTHY BURRILL PRODUCTIONS LIMITED&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l'Angleterre du XIXème siècle, un paysan du Dorset, John Durbeyfield (John Collin) apprend par le vaniteux pasteur Tringham qu'il est le dernier descendant d'une grande famille d'aristocrates. Songeant au profit qu'il pourrait tirer de cette noblesse perdue, Durbeyfield envoie sa fille aînée, Tess (Nastassja Kinski), se réclamer de cette parenté chez la riche famille d'Urberville. C’est le jeune et arrogant Alec d'Urberville (Leigh Lawson) qui la reçoit. Immédiatement charmée par « sa délicieuse cousine » et par sa beauté, il propose de l’employer, s’obstinant ensuite à la séduire. Il finit par abuser d’elle. Enceinte, elle retourne chez ses parents. L’enfant meurt peu de temps après sa naissance. Pour fuir son destin et sa réputation, Tess s'enfuit de son village. Elle trouve un emploi dans une ferme où personne ne connaît son histoire. C’est là qu’elle rencontre le fils du pasteur : Angel Clare (Peter Firth). Il tombe éperdument amoureux d'elle mais le destin va continuer à s’acharner et le bonheur pour Tess à jamais être impossible.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569125&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/782145729.jpg&quot; alt=&quot;tess4.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;Photographie Bernard Prim - Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;©1979 PATHE PRODUCTION - TIMOTHY BURRILL PRODUCTIONS LIMITED&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Roman Polanski étant, à l’époque du tournage, accusé de viol sur mineur aux États-Unis et étant alors menacé d'extradition depuis l'Angleterre, bien que le film se déroule en Angleterre, il a été tourné en France : en Normandie, (Cap de la Hague, près de Cherbourg), mais aussi en Bretagne, à Locronan (Finistère), au Leslay (Côtes-d'Armor), au Château de Beaumanoir, et enfin à Condette , dans le Pas-de-Calais). Quant au site mégalithique de Stonehenge, il été reconstitué dans une campagne en Seine-et-Marne.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le film est dédié à Sharon Tate. La mention « To Sharon » figure ainsi au début du film. Celle-ci, avant d’être assassinée en 1969 par Charles Manson avec l’enfant qu’elle portait, avait ainsi laissé sur son chevet un exemplaire du roman de Thomas Hardy « Tess d’Urberville», dont le film est l’adaptation, avec un mot disant qu’il ferait un bon film.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Tess d'Urberville » dont le sous-titre est &quot;Une femme pure, fidèlement présentée par Thomas Hardy&quot; est un roman publié par épisodes à partir de 1891, dans divers journaux et revues. Son adaptation était donc un véritable défi d’autant que jusqu’alors Roman Polanski n’avait pas encore signé de film d’amour.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deux adaptations cinématographiques, toutes deux intitulées « Tess Of d'Urbervilles » avaient déjà été tournées, l’une mise en scène en 1913 par J. Searle Dawley et l’autre par Marshall Neilan en 1924. David O. Selznik en racheta les droits mais il fallut attendre Claude Berri qui racheta les droits à son tour avant que l'œuvre ne tombe dans le domaine public, pour que le film puisse enfin voir le jour.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Polanski a entièrement réussi ce défi et nous le comprenons dès le début qui nous plonge d’emblée dans l’atmosphère du XIXème siècle, un impressionnant plan séquence qui semble déjà faire peser le sceau de la fatalité sur la tête de la jeune Tess. Tandis qu’arrive un cortège de jeunes filles au sein duquel elle se trouve, tandis qu’est planté le décor mélancolique sous un soleil d’été, tandis qu’est présentée l'innocence de la jeune Tess, le pasteur vaniteux croise son père et lui annonce la nouvelle (celle de son ascendance noble) qui fera basculer son destin. C’est aussi là qu’elle verra Angel pour la première fois. Toute sa destinée est contenue dans ce premier plan séquence qui, par une cruelle ironie, fait se croiser ces routes. Les personnages se rencontrent à un carrefour qui est aussi, symboliquement, celui de leurs existences.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si la scène est lumineuse, dans ces deux routes qui se croisent, ces destins qui se rencontrent, la fatalité de celui de Tess et son ironie tragique semble ainsi déjà nous être annoncée. Tout le film sera à l’image de cette première scène magistrale. Aucun didactisme, aucune outrance mélodramatique alors que le sujet aurait pu s’y prêter. Polanski manie l’ellipse temporelle avec virtuosité renforçant encore la mélancolie de son sujet et sa beauté tragique. Comme cet insert sur le couteau et ces deux plans sur cette tache de sang au plafond qui s’étend qui suffisent à nous faire comprendre qu’un drame est survenu, mais aussi sa violence. Le talent se loge dans les détails, dans la retenue, jamais dans la démonstration ou l’outrance. Par exemple, les costumes de Tess en disent beaucoup plus long que de longues tirades comme cette robe rouge, couleur passion qu’elle porte dans la dernière partie du film et qui contraste avec les vêtements qu’elle portait au début. Un rouge qui rappelle celui de cette fraise que lui fera manger Alec, combattant ses réticences qui en annoncent d’autres, avant de l’initier (la forcer) à d’autres gourmandises. Subtilement encore, en un plan qui laisse entrevoir un vitrail représentant une scène inspirée de Roméo et Juliette, Polanski, comme il l’avait fait dans le plan séquence initial nous rappelle que l’issue ne peut être tragique. Un dénouement aussi magnifique que tragique, la frontière étant toujours très fragile chez Polanski entre le réalisme et une forme de fantastique ou de mysticisme, Tess apparait alors au milieu de ce site mégalithique de Stonehenge, au décor presque irréel, aux formes géométriques et inquiétantes, comme surgies de nulle part, comme sacrifiée sur un autel.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569120&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/2715708769.jpg&quot; alt=&quot;tess2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;Photographie Bernard Prim - Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;©1979 PATHE PRODUCTION - TIMOTHY BURRILL PRODUCTIONS LIMITED&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le spectateur éprouve immédiatement de l’empathie pour Tess, personnage vulnérable et fier malmené par le destin qui semble s’y résigner jusqu’à la révolte finale fatale. Le film doit aussi beaucoup au choix de la trop rare Nastassja Kinski (fille de l'acteur Klaus Kinski), à la fois rayonnante et sombre, naturelle et gracieuse, si triste malgré sa beauté lumineuse et surtout d’une justesse constante et admirable. Elle porte en elle les contraires et les contrastes de ce film dans lequel le destin ne cesse de se jouer d’elle. Contraste entre la tranquillité apparente des paysages (magistralement filmés et mis en lumière, rappelant les peintures du XIXème comme notamment « Des Glaneuses » de Millet ou certains paysages de Courbet, la nature emblème romantique par excellence, le passage des saisons, des paysages symbolisant les variations des âmes ) et les passions qui s’y déchaînent, contraste entre la bonté apparente d’Angel (à dessein sans doute ainsi nommé) qui a « Le Capital » de Marx pour livre de chevet mais qui agit avec un égoïsme diabolique finalement presque plus condamnable que le cynisme et l’arrogance d’Alec. Même lorsqu’elle apparait en haut de cet escalier, transformée, sa tenue et sa coiffure suffisant à nous faire comprendre qu’elle est devenue la maitresse d’Alec, Tess garde cette candeur et cette fragilité si émouvantes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3569123&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/335458673.jpg&quot; alt=&quot;tess5.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;Photographie Bernard Prim - Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;©1979 PATHE PRODUCTION - TIMOTHY BURRILL PRODUCTIONS LIMITED&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nommé six fois aux Oscars (pour 3 récompenses), récompensé d’un Golden Globe et par trois César dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur, « Tess » est un très grand film empreint de mélancolie poétique, d’une beauté formelle envoûtante, un film tout en retenue grâce à des ellipses judicieuses. Le film nous captive avec toute la douceur de son personnage principal, lentement mais sûrement, par une mise en scène sobre. L’impact dramatique n’en est que plus fort et bouleversant. On y retrouve le thème de l’enfermement (ici dans les conventions) si cher à Polanski, un thème également dans les deux films dont je vous livre les critiques en bonus après celle de « Tess », ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce mélange d’imprégnation de la peinture du XIXème, ce romantisme tragique qui rappelle les plus grands écrivains russes et cette fresque lente et majestueuse sur la déchéance d’un monde qui rappelle Visconti (dont le cinéma était aussi très imprégné de peinture), sans oublier cette photographie sublime, l’interprétation magistrale de Nastassja Kinski et sa grâce juvénile, lumineuse et sombre, et la musique de Philippe Sarde, en font un film inoubliable. Au-delà de la peinture du poids des conventions (morales et religieuses) et d’une critique des injustices sociales, « Tess » est un film universel d’une poésie mélancolique sur l’innocence pervertie, sur les caprices cruels du destin, sur la passion tragique d’une héroïne intègre, fier et candide, un personnage qui vous accompagne longtemps après le générique de fin.&lt;/p&gt;&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;table border=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;614&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« J'ai toujours voulu tourner une grande histoire d'amour. Ce qui m'attirait également dans ce roman, c'était le thème de la fatalité : belle physiquement autant que spirituellement, l'héroïne a tout pour être heureuse. Pourtant le climat social dans lequel elle vit et les pressions inexorables qui s'exercent sur elle l'enferment dans une chaîne de circonstances qui la conduisent à un destin tragique. » Roman Polanski&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Critique « Paradis :Amour » de Ulrich Seidl – Compétition officielle du Festival de Cannes 2012</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2012</category>
<pubDate>Sat, 19 May 2012 09:52:49 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3588001&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/2682355873.jpg&quot; alt=&quot;seidl.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’amour est décidément au centre de cette compétition 2012, du moins à en croire ses titres éponymes. Après l’histoire d’amour de Jacques Audiard, « De rouille et d’os » qui a bouleversé la Croisette (une des plus longues standing ovation de ces dernières années selon Thierry Frémaux, retrouvez ma critique dans l’article précèdent), en attendant le film de Michael Haneke au titre aussi sibyllin qu’explicite « Amour », film que j’attends avec une impatience grandissante, hier après-midi également en compétition était projeté « Paradis : amour » de l’Autrichien Ulrich Seidl, pour la deuxième fois en compétition à Cannes (d’ailleurs en présence de son compatriote Michael Haneke. )&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est l’histoire de Teresa, une Autrichienne qui part au Kenya, non pas pour un safari, quoique… puisque le tourisme sexuel est l’objectif de son voyage et qu’elle traite les jeunes Africains, avec une condescendance abjecte, comme des animaux… tout en cherchant à être regardée dans le cœur, dans les yeux, bref le véritable amour qu’elle commencera par acheter et qu’elle finira par implorer, l’exploiteur devenant alors l’exploité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La dénonciation d’une nouvelle forme de colonialisme, d’un racisme sans complexes, passe par des scènes humiliantes et difficilement soutenables pour le spectateur qui se retrouve soudain malgré lui presque complice. Certes, ce sont aussi elles qui sont humiliées en montrant sans fards leurs corps exposés sans pudeur mais une impudeur qui n’est rien face à la vulgarité de leurs mots indécents, insultants, inconscients et de leur égoïsme, ces dernières ne songeant qu’à leur quête effréné, vaine, vorace de plaisir mais finalement d’amour. Teresa n’est guère plus subtile avec sa fille dont elle ne se soucie vraiment que lorsque celle-ci oublie son anniversaire, implorant là aussi un amour en retour de son égoïsme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui est drôle au début (Ulrich Seidl sait avec un cynisme redoutable les tourner en ridicule) devient gênant et lourd au fil du film. La quête insatiable d’un « amour » qui passe par l’humiliation de l’autre et finalement de soi-même nous est montré par des scènes répétitives et de plus en plus embarrassantes pour le spectateur et qui finissent par frôler la complaisance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne faut néanmoins pas écarter ce film d’emblée pour une récompense, bien au contraire. La réalisation inspirée contribue fortement à cette dénonciation comme ce dernier plan d’une nature sublime et impassible qui dissimule une « humanité » hideuse, celle de ces femmes pathétiques. Comme ces plans, à la fois magnifiques et terribles, beaux et tellement tristes, de corps d’Européens allongés sur des transats séparés par un fil de ces jeunes Africains, debout, qui les regardent depuis la plage, comme deux mondes qui ne se comprennent pas, qui se confrontent, qui se font face sans se voir. D’autres font songer à du Botero comme ce plan du corps de Teresa sous une moustiquaire et un instant, Ulrich Seidl, comme un hommage à une forme de beauté souillée par la bêtise et un égoïsme aveugle. Le cadrage exacerbe aussi bien souvent leur ridicule et met l’accent davantage encore sur leur mépris et leur condescendance comme lorsque Teresa et sa compatriote parlent des jeunes Africains, accoudées au bar, tandis que l’un d’entre eux est en arrière-plan, invisible et inexistant pour elles.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certaines métaphores sont aussi très (trop) appuyées. Au plan d’un crocodile succède ainsi celui d’un jeune Africain pour bien nous faire comprendre que l’amour qu’il semble témoigner n’est que fallacieux et que Teresa n’est qu’une proie parmi tant d’autres. Au-delà de sa réalisation, ce « Paradis : Amour » aura également le « mérite » de mettre l’accent sur des pratiques tristement banalisées, et sur un racisme tristement et dramatiquement ordinaire. Si Ulrich Seidl regarde ces femmes sans complaisance, il semble néanmoins plus les plaindre que les mépriser sans pourtant les épargner, laissant Teresa, seule, vaincue, humiliée, en larmes, sur son lit.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce soir, je vous parlerai d’un autre film, « Reality » de Matteo Garrone que l’on peut d’ailleurs rapprocher (si, si) de celui-ci en ce qu’il montre aussi la quête effrénée d’amour ou du moins de bonheur d’un homme dans le regard d’une multitude d’autres croyant que là réside le bonheur et qui y trouvera finalement la folie. Cette journée s’est achevée par mon deuxième film d’animation en 12 ans de Festival de Cannes, « Madagascar », après une montée des marches avec un casting éblouissant. Récit également à suivre ce soir.&lt;/p&gt;
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<title>Ouverture et 1er jour du Festival de Cannes 2012 : entre ombres et lumières, bruits et silences…</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2012</category>
<pubDate>Fri, 18 May 2012 11:00:28 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3586255&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/2686835633.jpg&quot; alt=&quot;billet.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est avec une ignominieuse journée de retard que je reviens sur l’ouverture de ce 65ème Festival de Cannes, préférant ne pas me laisser happer par cette course vaine et vorace à l’information, au risque de formules expéditives, faciles et hasardeuses, pour plutôt retranscrire avec justesse mes impressions et émotions et me laisser en revanche happer par le lumineux gouffre des salles obscures. Préférant toujours le silence éloquent au bruit insignifiant, aussi. Cela tombe bien, c’est justement de bruit(s) et de silence(s) dont il fut question lors de cette ouverture et dans le film qui est mon premier coup de cœur (qui, de battre, s’en serait presque arrêté) mais n’allons pas trop vite…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant cela, il a fallu entreprendre un trajet Paris-Cannes de 9H aussi absurde qu’un film de Tati (le talent en moins) et aussi rocambolesque que le pire (ou le meilleur) des blockbusters dont je vous épargnerai néanmoins le récit, certainement plus ennuyeux que les films précités. Arrivée une heure à peine avant la montée des marches, je suis miraculeusement parvenue à temps pour la réjouissante ascension ; je pense que j’aurais fait un parfait personnage dans un film d’Hitchcock, vous savez dans ces histoires extraordinaires qui arrivent à des hommes ou des femmes ordinaires transcendés par l’excitation et/ou la peur du danger. Le danger en l’espèce était tout de même très relatif.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A peine avais-je donc eu le temps de réaliser que j’étais à Cannes, après m’être transformée en une festivalière avec une allure digne de monter les marches, après avoir récupéré badge et invitation, je me retrouvai donc sur les mythiques marches tout en constatant qu’elles n’étaient toujours pas au nombre de 39 (hitchcockienne jusqu’au bout) mais 24 parait-il. Mais sans doute est-ce la magie de Cannes, une fois sur le tapis rouge, plus rien d’autre n’existait que le bonheur d’être là (si ce ne sont les dizaines de regards qui me font toujours redouter le faux pas, et les gravir comme si je m’entraînais pour le marathon de New York, meilleure manière de faire un faux pas d’ailleurs, vous saurez ainsi de qui il s’agit la prochaine que vous y verrez passer une marathonienne en robe de soirée), sur le point d’entrer dans ce lieu qui est l’antre du 7ème art. A chaque fois, je repense à l’enfant que j’étais qui regardait cette cérémonie comme un cénacle inaccessible, les yeux brillants et rêveurs, bien loin de m’imaginer que quelques années plus tard, un concours (le prix de la jeunesse, qui existe toujours et permet à de jeunes cinéphiles de découvrir le festival) me permettrait d’y assister et d’y retourner, chaque année, quoiqu’il arrive, par la suite. « On » a donc bien fait plaisir à l’enfant que j’étais et à la cinéphile que je suis devenue en m’invitant et me permettant d’y assister, cette fois aux premières loges.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après ce double marathon (depuis la gare puis sur le tapis rouge, donc), j’avais tellement redouté d’être en retard que je pensais l’être…et que je suis finalement entrée la première dans l’orchestre du Grand Théâtre Lumière. Avec la même émotion que les autres fois, comme une réminiscence de la première où je suis entrée dans cette salle (c’était en 2001, c’était pour « Marie-Jo et ses deux amours » de Guédiguian, cette année-là un certain Nanni Moretti avait obtenu la palme d’or pour « La chambre du fils ») songeant à tous les films qui y ont été présentés, à tous les cinéastes qui ont émergé aux yeux du monde, à toute l’émotion contenue ou déployée dans cette salle depuis tant d’années, à tant d’applaudissements qui si souvent m’ont donnée la chair de poule, la réalité rejoignant le cinéma, se confondant presque avec celui-ci lorsque la lumière se rallume et que l’écran laisse entrevoir les visages qui y figuraient quelque secondes plus tôt, dans une autre réalité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis, une nouvelle fois, il y a eu « le Carnaval des animaux » de Saint-Saëns qui clôt la/les marche(s) et qui me fait à chaque fois frissonner comme la bande-originale de mes souvenirs cannois. Puis, la lumière s’est éteinte. Et la petite fille, une nouvelle fois, s’est réveillée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite ELLE est apparue, dans une robe rouge dont la flamboyance n’aurait pas déplu à Pedro Almodovar. Tentant de prendre un air exagérément assuré masquant mal son trac, si touchant pourtant. Peppy Miller. Bérénice Béjo. Un an après « The Artist », film que ne peut pas ne pas aimer tout amoureux du cinéma, mais surtout film sur l’orgueil doublé de solitude des artistes, sublimés mais aussi révélés dans leurs nobles fragilités. Elle était là grâce à Peppy Miller, un peu elle aussi, sans doute hier soir. Elle a d’ailleurs remercié le festival « où tout a commencé pour moi et pour le film l’année dernière ». J’ai même cru qu’elle avait vu mes yeux d’enfant éblouie lorsqu’elle a dit « Tais-toi, toi qui dis à ton enfant qu’il ne faut pas rêver, que ce n’est pas possible. » D’ailleurs, la référence aux « soupirs des personnages de Wong Kar Wai » n’étaient-elle pas une référence explicite à ce blog « in the mood » ? (Le Marathon est épuisant pour les neurones et la lucidité, je le crains). Je crois pouvoir dire avec un peu plus de certitude qu’elle a fait référence à ce qui existe, aussi, à Cannes : ceux qui ne sont JAMAIS contents pour bien marquer leur supposée supériorité sur la masse de cinéphiles enthousiastes (imaginez-vous, s’enthousiasmer pour un film, c’est forcément ne pas avoir d’esprit critique) quand elle a dit « Tais-toi, toi qui cherches la petite bête, toi qui râles ».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis la musique a presque tout emporté dans mes souvenirs, du moins leur chronologie. Mais pas les frissons toujours bel et bien là. La musique de Saint-Saëns donc. La voix assurée de Beth Ditto rendant hommage à Marilyn (égérie de l’affiche 2012 , finalement ce festival est à l’image de Marilyn, un mélange de force et de fragilité, d’ombre et de lumière, de glamour masquant la mélancolie) en reprenant la chanson d’Elton John. La petite musique de la voix si émue de Bérénice Béjo. La Sérénade de Schubert qui n’a fait que renforcer mon envie ardente de voir « Amour » de Michael Haneke. La musique de « Like someone in love » qui n’a fait que renforcer mon envie, tout aussi ardente, de découvrir le film de Kiarostami. Et puis tous ces extraits de films à donner le tournis, plus que la plus échevelée des valses. Tant d’instants rares de cinéma contenus déjà dans ces quelques bribes de films, formidable mise en bouche (parfois en abyme comme chez Resnais), réponse cinglante et incontestable à ceux qui reprochent tout et n’importe quoi à la sélection (les râleurs précités par Bérénice Béjo doivent bien les connaître). Entretemps le jury est monté sur scène : Emmanuelle Devos, Raoul Peck, Hiam Abbas, Ewan McGregor, Alexander Payne, Andrea Arnold, Jean-Paul Gautier (vêtu d’une de ses remarquables créations) et Diane Kruger. Un astucieux montage de films de Nanni Moretti a été présenté. En deux phrases, ce dernier nous a rappelé son humour décalé mais aussi qu’il est un cinéaste engagé « Je veux remercier dès maintenant mes merveilles jurés, merci à votre talent, à votre compétence, à votre bonne humeur. Merci au Festival de Cannes et à ce pays qui a contrairement à d’autres réserver toujours un rôle important au cinéma dans la société ».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis, jusqu’au bout suspendue au souffle coupé de Bérénice Béjo, je l’ai entendu dire dans un souffle (si redouté qu’on aurait dit le dernier, redouté par elle en tout cas, un peu aussi soulagée sans doute) : « Et maintenant je vais suivre mon conseil et me taire à mon tour pour laisser parler le cinéma car c’est toujours lui qui a le dernier mot ». (précisons que son discours a été écrit par Kyan Khojandi et Bruno &quot;Navo&quot; Muschio, les auteurs de la mini-série &lt;em&gt;Bref&lt;/em&gt; diffusée sur Canal +).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, le cinéma qui, de toutes façons, sortira vainqueur, quel que soit le lauréat de la palme d’or. Quels que soient le tumulte ou le silence qu’elle suscitera, qu’elle nous éclaire sur le monde ou nous en révèle les ombres (ou qu’elle nous éclaire en nous en révélant les ombres). Et peut-être une petite fille aux yeux éblouis qui aura acquis la certitude qu’il ne faut jamais faire taire ses rêves en sortira-t-elle, elle aussi, victorieuse…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3586244&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/01/02/3771328742.2.jpg&quot; alt=&quot;album3.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3586246&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/00/1871256902.jpg&quot; alt=&quot;album5.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3586247&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/00/2584329094.jpg&quot; alt=&quot;album1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3557760&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/00/1715881365.jpg&quot; alt=&quot;rouille1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plutôt que de vous parler du film de Wes Anderson, le film d’ouverture, conte mélancolique et tendrement déjanté sur lequel je reviendrai ultérieurement, puisque le bruit et le silence étaient à l’honneur lors de cette ouverture, je ne pouvais pas ne pas vous parler d’abord du film de Jacques Audiard (brièvement, j’y reviendrai également dans une critique digne de ce nom après le festival) qui nous raconte justement l’histoire d’un homme qui va acquérir les mots…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet homme, c’est Ali (Matthias Schoenaerts) qui se retrouve avec Sam, 5 ans son fils qu’il connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur (Corine Masiero) à Antibes. Elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie (Marion Cotillard). Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame, que Stéphanie perde ses jambes, pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Lors de la conférence de presse Jacques Audiard a ainsi évoqué des « destins simples magnifiés par les accidents », « une histoire d’amour des années de crise », « deux personnages qui tentent de s’extraire de leurs conditions. »&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jacques Audiard revient ainsi sur la Croisette et en compétition officielle avec « De rouille et d'os », adapté d’une nouvelle de Craig Davidson après avoir remporté le prix du Meilleur Scénario pour « Un héros très discret » lors de l'édition 1996 du festival, et le Grand Prix du Jury pour « Un prophète », il y a 3 ans. Cette fois, il revient avec une histoire d’amour entre deux êtres blessés (mais les personnages d’Audiard le sont finalement toujours), et comme toujours chez Audiard, pas forcément immédiatement aimables mais emportant progressivement notre adhésion. Son cinéma est à l’image de ce film et de ces deux personnages : un mélange habile et poignant de rudesse et de délicatesse. C’est un film de sensations, de chair, de corps, de sang. Le corps meurtri de Stéphanie face à celui presque animal d’Ali. Le corps brutalisé et filmé avec délicatesse, caressé presque par la caméra de Jacques Audiard (comme par le regard de Stéphanie). La dureté sublimée par une douce lumière et une chaleureuse atmosphère qui atténuent la violence (sociale) ravageuse du film. « J’ai horreur de la violence. Curieux de dire que j’ai horreur de la violence et d’y revenir tout le temps » a ainsi déclaré Jacques Audiard, ce midi, en conférence de presse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien qu’ils soient très différents dans leurs manières de filmer, ce film d’Audiard en particulier m’a fait penser au cinéma des Dardenne qui, eux aussi, mettent en scène des êtres cabossés par la vie et la société (avec certes beaucoup plus de réalisme, évidemment), dont les enfants sont souvent les involontaires victimes, et ils ont bien sûr en commun une remarquable direction d’acteurs, et une force de la mise en scène, aussi différentes soient-elles.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est un film de contrastes et d’évolutions. De l’arrogance, ou du moins du contrôle à l’abandon. De l’impossibilité de s’exprimer à la possibilité de dire les plus beaux mots qui soient. Et surtout de la solitude à la réconciliation avec leurs proches (sœur, enfant) et avec eux-mêmes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film âpre et plein d’espoir. De rouille et d’os. De chair et de sang. De rudesse et de délicatesse. De douceur et de violence. De troublants paradoxes pour un troublant film. Des contrastes à l’image de ceux de l’esthétique du film. Le (magnifique montage) met en exergue et oppose les sons, les silences, les corps, le contrôle, l’abandon. Ajoutez à cela une bande originale réussie, de la musique de Desplat à « Firework » de Katy Perry. Deux acteurs extraordinaires et extraordinairement dirigés. Comme dans « Bullhead », c’est l’animalité de son personnage que fait ressortir ici Matthias Schoenaerts, mais ici, au contraire de son personnage dans le film qui l’a révélé, il va aller vers la parole, l’humanité. Son personnage concentre aussi les contrastes du film, de même que celui de Marion Cotillard. Tous deux sont bouleversants de justesse, de dureté et de douceur, d’humanité et d’animalité, et en tout cas de fragilité masquée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marion Cotillard était ainsi visiblement très heureuse d’être à Cannes. Lors de la conférence de presse, elle a ainsi déclaré : « C’est ma première fois dans un film en compétition officielle à Cannes. Je ne pensais pas que ça allait me rentre si joyeuse. C’est un festival mythique qui a vu tellement de grandes histoires, de grands acteurs, de grands artistes et je suis particulièrement heureuse d’y être avec le film de Jacques» tandis que Matthias Schoenaerts a déclaré à son propos « C’est une comédienne exceptionnelle. On va dans l’absolu ». Pour Jacques Audiard, « Marion est une actrice très virile et sensuelle en même temps. Elle a une autorité dans le jeu. Elle est capable de passer de l’autre côté du mur ». Signalons enfin la présence de Corinne Masiero (dans le rôle de la sœur d’Ali), révélée par le personnage de Louise Wimmer dans le film éponyme de Cyril Mennegin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Prix d’interprétation masculine ou féminine, prix de la mise en scène, grand prix du jury… Le festival commence très fort avec ce film qui pourrait prétendre à tous les prix, ou presque. Un film coup de poing qui est aussi mon premier coup de cœur de cette édition 2012. Un film sensoriel magistralement monté, joué, pensé et mis en scène.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vivement la suite de la compétition !&lt;/p&gt;
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<title>Comment me suivre en direct du Festival de Cannes 2012 :</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<pubDate>Mon, 14 May 2012 11:22:50 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3579990&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/00/02/422640909.jpg&quot; alt=&quot;bannierecannesgrand.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour mon 12&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; Festival de Cannes, vous pourrez me suivre sur mes blogs comme les années passées, néanmoins avec quelques changements mais aussi avec de nouveaux partenariats.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;BLOGS:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Tous mes articles consacrés au festival et publiés en direct le seront sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://www.inthemoodforcannes.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; quotidiennement (et non en parallèle sur &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com&quot;&gt;http://www.inthemoodforcinema.com&lt;/a&gt; comme d’habitude même si certains articles pourront y être repris ) avec des articles sur la sélection officielle, les conférences de presse, des interviews etc. Je vous donne donc quotidiennement rendez-vous&amp;nbsp;sur &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com&quot;&gt;http://www.inthemoodforcannes.com&lt;/a&gt; &amp;nbsp;pour mes articles quotidiens du 16 au 28 Mai.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous trouverez aussi quelques articles consacrés au Festival de Cannes sur mon nouveau blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://inthemoodlemag.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://inthemoodlemag.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; .&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3579992&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/01/4046533234.jpg&quot; alt=&quot;logointhemoodlemag2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3579996&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/00/01/3548079201.jpg&quot; alt=&quot;twitter.jpg&quot; /&gt;TWITTER:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Pour connaître mes commentaires encore plus régulièrement, vous pouvez aussi me suivre sur twitter : &lt;a href=&quot;http://twitter.com/moodforcinema&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://twitter.com/moodforcinema&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (@moodforcinema) et &lt;a href=&quot;http://twitter.com/moodforcannes&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://twitter.com/moodforcannes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (@moodforcannes ). Mes twitts sont également en direct sur ce blog (colonne de gauche).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’essaierai aussi de prendre quelques photos d’ambiance sur twitter notamment via instangram (@moodforcinema ).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3580000&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/01/00/2555530877.jpg&quot; alt=&quot;facebook613.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;FACEBOOK:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Vous pourrez aussi retrouver des informations sur les pages Facebook d’inthemoodforcannes.com et inthemoodforcinema.com : &lt;a href=&quot;http://facebook.com/inthemoodforcinema%20/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://facebook.com/inthemoodforcinema /&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://facbeook.com/inthemoodforcannes&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://facebook.com/inthemoodforcannes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le rythme du festival ne me permettra pas de parler ici de tous les films que je verrai et aussi longuement que le reste de l’année mais, bien entendu, je vous ferai au retour un compte-rendu complet et détaillé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme chaque année, j’aurai également divers &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;PARTENARIATS&lt;/span&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Avec Orange, vous pourrez ainsi retrouver certains de mes articles sur&lt;a href=&quot;http://live.orange.com/&quot;&gt;&lt;strong&gt; le blog live Orange&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (et d’ores et déjà &lt;a href=&quot;http://live.orange.com/sandra-meziere-in-the-mood-for-cannes-presentation-pronostics-festival-cannes-2012/&quot;&gt;mon article de présentation, ici &lt;/a&gt;) . Vous y retrouverez aussi des vidéos de temps à autre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&lt;strong&gt;Avec &lt;a href=&quot;http://www.touscoprod.com/&quot;&gt;Touscoprod.com &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;: des vidéos sur lesquelles je partagerai mes coups de cœur et peut-être aussi des interviews.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Cette année, j’aurai également le privilège de figurer dans le palmomètre quotidien du &lt;strong&gt;journal Metro&lt;/strong&gt;, bible des festivaliers.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Enfin, certains &lt;strong&gt;MEDIAS locaux et nationaux&lt;/strong&gt; (journaux et télévisions) m’ont contactée pour des reportages. Je vous en informerai au fur et à mesure.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;EMAIL/CONTACT: &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Pour me joindre pendant le festival : &lt;a href=&quot;mailto:inthemoodforcinema@gmail.com&quot;&gt;inthemoodforcinema@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoiqu’il en soit, la passion, la liberté et l’enthousiasme restent les maîtres mots…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et pour ceux qui découvriraient ce blog à cette occasion, je vous renvoie vers &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/archive/2012/05/14/editorial-en-attendant-l-ouverture-du-65eme-festival-de-cann.html&quot;&gt;l’édito dans l’article ci-dessous&lt;/a&gt; pour en savoir plus sur l’auteur de ces lignes, mais aussi sur mes attentes et « pronostics » pour cette 65&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; édition.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt; SITE OFFICIEL :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Pour d’autres informations, je vous recommande l’excellent site officiel du festival : &lt;a href=&quot;http://www.festival-cannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://www.festival-cannes.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; . Vous trouverez également de nombreux liens utiles sur &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;http://www.inthemoodforcannes.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bon festival à tous et pour ceux qui n’auront pas la chance de le vivre en direct, j’essaierai de vous le relater le mieux possible pour vous donner l’impression d’être réellement « in the mood for Cannes &quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Retrouvez toute l'année les 5 blogs inthemood: &lt;a href=&quot;http://inthemoodlemag.com&quot;&gt;http://inthemoodlemag.com&lt;/a&gt; , &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com&quot;&gt;http://www.inthemoodforcinema.com&lt;/a&gt; , &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com&quot;&gt;http://www.inthemoodforcannes.com&lt;/a&gt; , &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodfordeauville.com&quot;&gt;http://www.inthemoodfordeauville.com&lt;/a&gt; , &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforluxe.com&quot;&gt;http://www.inthemoodforluxe.com&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour en savoir plus, retrouvez aussi les rubriques &lt;a href=&quot;http://inthemoodlemag.com/about/&quot;&gt;&quot;A propos&lt;/a&gt;&quot; et &quot;&lt;a href=&quot;http://inthemoodlemag.com/presse/&quot;&gt;Dans les médias&lt;/a&gt;&quot; d' In the mood -Le Magazine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Découvrez aussi mon recueil de nouvelles sur le cinéma pour lequel je recherche un éditeur (4 sur 13 nouvelles sont en ligne): &lt;a href=&quot;http://mymajorcompanybooks.com/meziere&quot;&gt;http://mymajorcompanybooks.com/meziere&lt;/a&gt; . A bons entendeurs!&lt;/p&gt;
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<title>En attendant l'ouverture du Festival de Cannes 2012 : mes attentes pour ce 65ème Festival de Cannes</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>EDITORIAUX</category>
<pubDate>Mon, 14 May 2012 11:20:55 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/1187888397.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3462749&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/3185356890.png&quot; alt=&quot;affichecannes2012.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Comme je vous le disais dans l’article précèdent, cette année, mes blogs seront à nouveau partenaires (notamment, cf le prochain article pour la liste des partenariats) du &lt;a href=&quot;http://live.orange.com/sandra-meziere-in-the-mood-for-cannes-presentation-pronostics-festival-cannes-2012/&quot;&gt;blog Live Orange&lt;/a&gt; pour lequel on m’a demandé de me présenter (&lt;a href=&quot;http://live.orange.com/sandra-meziere-in-the-mood-for-cannes-presentation-pronostics-festival-cannes-2012/&quot;&gt;ici),&lt;/a&gt; ainsi que mes attentes et « pronostics » pour cette 65&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; édition du Festival de Cannes. Voici à nouveau l’article en question dans une version plus longue et ceux qui découvrent les blogs inthemood à cette occasion en sauront ainsi plus sur celle qui rédige ces lignes (désolée pour les autres pour qui le début sera sans doute un peu rébarbatif voire présomptueux). Et en attendant l’ouverture à laquelle j’espère pouvoir assister (rien de certain pour le moment),&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/archive/2012/05/12/critique-minuit-a-paris-de-woody-allen-le-16-mai-a-20h55-sur.html&quot;&gt; retrouvez mon compte-rendu de l’ouverture du Festival de Cannes 2011 en cliquant ici.&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans aucun doute, en 2001, lors de mon premier Festival de Cannes auquel j’avais assisté grâce au concours du prix de la jeunesse, n’imaginais-je pas y retourner, quoiqu’il arrive, chaque année, et y être encore en 2012. Après 5 blogs (dont le premier créé il y a 9 ans et dont un consacré à ce festival), 13 participations à des jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d’écriture), 10 années de passionnantes études (droit, sciences politiques, médiation culturelle, cinéma) ; ma passion viscérale du cinéma et de l’écriture, cette envie irrépressible de les partager (notamment dans un recueil de 13 nouvelles sur le cinéma pour lequel je recherche un éditeur -à bons entendeurs !- mais aussi par l’écriture de scénarii) sont plus que jamais vivaces. 11 ans plus tard, après tant de pérégrinations, j’y vais avec le même enthousiasme, la même curiosité insatiable que cette première fois où je découvrais, fascinée, le vertigineux et mythique Grand Théâtre Lumière, ses rituels dérisoires et sublimes. C’est en effet ce festival, la plus grande des « fenêtres ouvertes sur le monde », tourbillon enivrant d’images, qui a exacerbé ma passion pour le cinéma.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien sûr, je connais les pièges et revers de ce théâtre des vanités, cette comédie humaine fascinante et terrifiante, la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité. Je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner, que le cinéma est parfois éclipsé derrière tous ceux qui font le leur mais Cannes reste la plus grande déclaration d’amour au cinéma et aux cinéastes qui y émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme chaque année, la compétition reflète ainsi la diversité du cinéma mondial (contrairement à ce que certains prétendent, chaque année), mais aussi les colères, les blessures, les ombres et les lumières du monde, parfois sa poésie. Certainement cela sera-t-il le cas de « Like someone in love » de Kiarostami, le film de cette compétition que j’attends le plus. Pour sa 5ème sélection en compétition, le cinéaste iranien qui avait obtenu la palme d'or en 1997 pour &quot;Le goût de la cerise&quot;, nous emmène au Japon. Je lui dois ainsi un de mes plus grands chocs cinématographiques cannois avec « Copie conforme », film de questionnements plus que de réponses si ludique, unique, jubilatoire dans lequel le jeu si riche et habité de Juliette Binoche, lumineuse et sensuelle, se prête à plusieurs interprétations, à l'image de l'art évoqué dans le film dont l'interprétation dépend du regard de chacun, comme une illustration pratique de la théorie énoncée. Brillante réflexion sur l'art et l'amour.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Amour », tel est justement le titre simple et sibyllin du film de Michael Haneke, de retour en compétition trois ans après sa palme d’or pour l'œuvre austère à la cruauté tranchante, dérangeante, à la mise en scène fascinante qu’est « Le Ruban blanc ». Il devrait à nouveau nous dérouter avec ce film que je suis particulièrement curieuse de découvrir, également pour le retour de Jean-Louis Trintignant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’attends également beaucoup du dernier film, aussi en compétition, d’un réalisateur dont le cinéma semble paradoxalement de plus en plus juvénile et inventif : « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais, une adaptation très libre d’&quot;Euridyce&quot; de Jean Anouilh qui s'apparente vraisemblablement à un hommage au cinéma et au théâtre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est avec la même avidité que je dégusterai un autre des trois films français en compétition : « De rouille et d’os » de Jacques Audiard, trois ans après le Grand prix pour « Un Prophète », une histoire entremêlant amour et brutalité de l’existence dont la mise en scène, le sujet et l’interprétation semblent particulièrement prometteurs.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parmi mes attentes encore : le film de Catherine Corsini à Un Certain Regard que Thierry Frémaux a défini comme un &quot; film policier qu'on pourrait dire inspiré par Claude Sautet », lequel est un de mes cinéastes de prédilection : argument imparable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’attends également beaucoup de « Reality » de Matteo Garrone ; de « The Hunt » de Vinterberg dans lequel le mensonge se métamorphose en vérité dans l'esprit de ceux qui le reçoivent, un film sur la rumeur qui, à Cannes, si souvent atteint son paroxysme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faudrait encore citer « Killing them soflty » qui signe le retour d’Andrew Dominik après le western crépusculaire et magistral « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » ; « Cosmopolis » qui(ré)concilie vraisemblablement glamour et film d’auteur ; « Laurence anyways » de Xavier Dolan après sa grisante fantasmagorie « Les amours imaginaires » ; « Confession d’un enfant du siècle » étant curieuse de voir comment l’œuvre de Musset a pu être adaptée, de même que celle de Kerouac (« Sur la route ») par Walter Salles.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’aimerais revoir « Lawrence d’Arabie », « Cléo de « 5 à 7 », &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/archive/2012/05/05/critique-de-tess-de-roman-polanski-cannes-classics-festival.html&quot;&gt;« Tess »,&lt;/a&gt; chefs d’œuvre dont les projections des copies restaurées dans le cadre de Cannes Classics promettent de grands moments d’émotion.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je retournerai voir &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/archive/2012/04/23/critique-une-journee-particuliere-histoires-de-festival-n-4.html&quot;&gt;« Une journée particulière » de Gilles Jacob&lt;/a&gt; que j’ai découvert récemment, documentaire sur les 60 ans du festival qui sera projeté pour le 65ème anniversaire en présence de 18 des cinéastes de « Chacun son cinéma ». Un film qui s’attarde sur « la géographie d’un visage », des visages, ceux des artistes. Bel écho avec les extraits des films qui le jalonnent et qui eux-mêmes se concentrent surtout sur les visages et les rites cinématographiques comme une mise en abyme de la mise en abyme. Au détour d’un plan, on devine la malice juvénile de Gilles Jacob ; le regard est toujours tendre, bienveillant. Son documentaire met en lumière ce qui caractérise un grand cinéaste, un auteur : le caractère immédiatement identifiable de son regard sur le monde et de son univers.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Etablir des pronostics revient à s’interroger sur les caractéristiques d’une palme d’or. Un film qui justement témoigne d’un regard sur le monde ? Un film avec une portée sociale, politique, philosophique ? Un film intemporel ? Un film qui porte l’art cinématographique et ses composantes à leur firmament ? Un film qui nous transporte, nous éblouit, nous émeut ? Un film qui nous questionne ? Un film qui nous apporte des réponses ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nanni Moretti, cinéaste « engagé », pourrait primer un film en résonance avec l’actualité comme celui de Yousri Nasrallah. Ou celui de Kiarostami à qui il a consacré un court-métrage et qui lui doit en partie la palme d’or en 1997 (il faisait alors partie du jury.) Marion Cotillard ou Matthias Schoenaerts pourraient recevoir un prix d’interprétation, manière détournée de récompenser Jacques Audiard qui aura tant de concurrents pour la mise en scène. Je ne peux m’empêcher de souhaiter un prix du scénario pour Resnais, l’écriture de ses films étant toujours remarquable mais, à vrai dire, je préfère ne rien présager, laisser place au vertige de la surprise et la découverte cinématographiques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne prends guère de risques, en revanche, en pronostiquant 11 jours de chocs et d’éblouissements cinématographiques, d’exquise et troublante confusion entre fiction et réalité enlacées en un tango langoureux annihilant frontières et repères, où la vie sera alors exaltante, palpitante, grisante. Comme au cinéma…&lt;/p&gt;
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<title>En attendant l'ouverture du Festival de Cannes 2012, flashback sur celle de Cannes 2011 et &quot;Minuit à Paris&quot; de Woody Allen</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2012</category>
<pubDate>Mon, 14 May 2012 07:33:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3578662&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/00/02/2552094893.jpg&quot; alt=&quot;woody.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Canal plus a eu la bonne idée de diffuser &quot;Minuit à Paris&quot;l'enchanteur film de Woody Allen (après-demain soir à 20H55)&amp;nbsp;qui avait fait l'ouverture du dernier Festival de Cannes 2011, le jour de l'ouverture du Festival de Cannes 2012. Pour l'occasion, je vous propose donc ma critique du film ainsi que mon article publié suite à l'ouverture du Festival de Cannes 2011. Flashback... en attendant peut-être le récit de l'ouverture 2012 (même si je n'ai pas encore le précieux sésame pour y accéder pour le moment.:- )).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'article ci-dessous a été publié suite à l'ouverture du Festival de Cannes 2011:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/806855014.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027294&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/1521990959.jpg&quot; alt=&quot;ouv9.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hier après-midi, à peine descendue du train de 14H51 dans lequel tout le monde ne parlait déjà que cinéma, après un véritable marathon : marathon pour aller chercher mon accréditation, sans prendre le temps de regarder la façade rajeunie du palais des festival, marathon pour répondre à quelques questions de France 3 pour un documentaire sur les coulisses du festival (je vous en reparlerai), marathon pour aller chercher mon invitation pour l’ouverture, et marathon pour monter les marches aussi rapidement que me le permettaient ma robe longue et mes talons d’un nombre de centimètres indécent en essayant d’oublier que, bien évidemment, à ce moment-là, je me retrouvais seule sur le tapis rouge soudain interminable, en essayant de donner l’air de ne pas voir les dizaines de caméras et de photographes braqués sur ledit tapis rouge, et potentiellement sur moi, et que si certes le ridicule d’une chute éventuelle ne tue pas, il peut tout de même blesser l’amour propre, oui après tout cela en un espace temps de 1H30, et en ayant à peine eu le temps de réaliser et de me cogner au soleil, à la foule, à l’irréalité cannoise, j’étais à nouveau dans ce Grand Théâtre Lumière, lieu de tant de souvenirs de vie et de cinéma.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me retrouvais là, surprise mais ravie d’être émue à nouveau en entendant « Le Carnaval des animaux » de Saint-Saëns qui accompagne la montée des marches de l’équipe du film. Je me retrouvais là à frissonner en entendant le générique de l’ouverture que tant d’années j’ai regardé devant mon petit écran, avant tant d’années ensuite de l’entendre en direct dans la salle vertigineuse du Grand Théâtre Lumière. D’ailleurs, je n’ai pas arrêté de frissonner pendant cette cérémonie d’ouverture…&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai frissonné de joie à l’idée d’être à nouveau là où bat le cœur du cinéma mondial, avec tant de vitalité et de passion, et d’excès. J’ai frissonné de bonheur cinématographique en découvrant ce bijou de cinéma qui a précédé la cérémonie : une version couleur peinte à la main du « Voyage dans la lune » de Méliès de 1902 sur une musique de Air, une version restaurée dont Serge Bromberg a été l’artisan (qui déjà avait restauré ce chef d’œuvre inachevé de Clouzot : &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/10/25/l-enfer-d-henri-georges-clouzot-critique-du-film.html&quot;&gt;« L’Enfer »).&lt;/a&gt; Moment magique concentrant toute la beauté, la richesse, la modernité, la puissance du cinéma.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis, j’ai frissonné de peur pour Mélanie Laurent, seule face à cette foule impitoyable parmi laquelle un grand nombre attendait sans doute le faux pas qu’elle a magistralement évité, radieuse, arrivant à paraître spontanée, faisant même esquisser quelques pas de danse à Uma Thurman.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/01/3535337954.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027296&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/01/268936590.jpg&quot; alt=&quot;ouv3.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai frissonné d’émotion en revoyant les images des films de Robert De Niro longuement ovationné par la salle, debout, (« Quand on cherche le mot acteur dans le dictionnaire, il y a écrit Robert de Niro » a dit Mélanie Laurent), Robert de Niro accompagné pour ce jury 2011 de : la productrice chinoise Nansun Shi, l'écrivaine norvégienne Linn Ullmann, l'Américaine Uma Thurman, le Britannique Jude Law, le Français Olivier Assayas, le Tchadien Mahamat Saleh Haroun, la productrice argentine Martina Gusman du Hongkongais Johnnie To.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/2750371232.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027299&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/3639028478.jpg&quot; alt=&quot;ouv6.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/973943713.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027302&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/2672250926.jpg&quot; alt=&quot;ouv5.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai à nouveau frissonné d’émotion en entendant le chanteur Jamie Cullum rendre un hommage musical à Robert de Niro, avec une version remixée de «New York, New York», mélange de &lt;em&gt;New-York New-York&lt;/em&gt; de Frank Sinatra et de &lt;em&gt;NewYork&lt;/em&gt; d'Alicia Keys, fortement taraudée par l’envie d’esquisser quelques pas de danse, moi aussi (mais je n’avais ni Robert, ni Uma, à portée de main, moi).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/2329165859.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027304&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/1791489774.jpg&quot; alt=&quot;ouv1.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai frissonné d’impatience et de jubilation en voyant les extraits des films de la sélection officielle. De mémoire de festivalière cannoise, rarement elle aura été si diversifiée, prometteuse, alléchante. Emotion encore quand Gilles Jacob, l’homme pour qui le Festival et la vie « passent comme un rêve », avec son humour décalé et pince sans-rire, a rendu hommage au cinéaste italien Bernardo Bertolucci qui a reçu une palme d’honneur (nouveauté de cette édition 2011), avant d’ouvrir le festival en dédiant notamment sa palme à « tous les Italiens qui ont encore la force de lutter, critiquer, s'indigner. »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/4219726945.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3027306&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/2720496030.jpg&quot; alt=&quot;ouv4.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai enfin frissonné d’émerveillement devant ce nouveau et 42ème Woody Allen qui décidément, ne cessera jamais de m’enchanter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/01/479506918.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2956123&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/01/3379816413.jpg&quot; alt=&quot;paris7.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après que cette cérémonie d’ouverture ait célébré New York, ville natale du président du jury de cette 64&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; édition, c’était donc au tour du cinéaste qui a lui aussi si souvent sublimée « Big apple » de nous présenter son dernier film. D’ailleurs, en voyant les premières images de « Minuit à Paris » on songe à celles de « Manhattan », Woody Allen sublimant ainsi l’une et l’autre sans retenue. Cela commence comme un défilé de cartes postales en formes de clichés sur Paris, en réalité un trompe l’œil.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est alors aisé de comprendre pourquoi Woody Allen voulait que rien ne soit dévoilé sur son film dont le synopsis officiel ne laissait rien soupçonner : un jeune couple d’Américains (incarné par Owen Wilson et Rachel McAdams) dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après quelques minutes (certes très drôles, grâce à des dialogues caustiques dans lesquels on retrouve le style inimitable de Woody Allen), l’espace d’une seconde j’ai senti poindre la déception. J’ai cru un instant que Woody Allen nous faisant une autre version de « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu » avec ce couple mal assorti dont l’homme est un scénariste hollywoodien qui se rêve romancier sans y parvenir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une seconde seulement. C’était oublier que Woody Allen est un génie, et un génie très malin, ce qu’il prouve ici une nouvelle fois magistralement. C’était oublier qu’à Minuit à Paris, tout est possible. Il nous embarque là où on ne l’attendait pas à l’image de son personnage principal qui se retrouve plongé dans les années 20, son âge d’or. A partir de là, chaque seconde est un régal. Empruntant au cinéaste les traits et mimiques du personnage lunaire que ce dernier incarne habituellement, Owen Wilson, chaque soir à minuit, se retrouve plongé dans les années 20 et confronté à Hemingway, Gertrud Stein (Kathy Bates), Fitzgerald, ( Francis Scott et Zelda), Pablo Picasso… Chaque rencontre est surprenante (et a d’ailleurs déridé les spectateurs du Grand Théâtre Lumière qui, en revanche, on mollement applaudi à la fin du film) et absolument irrésistible. Woody Allen s’amuse de leurs images, mais leur rend hommage, à eux aussi, peintres et écrivains. La vie, la passion qui les animent contrastent avec sa future fiancée matérialiste. Lui qui vit une expérience surréaliste les rencontre justement les Surréalistes (ce qui donne lieu à un dialogue absurde là aussi réjouissant, ces derniers trouvant son expérience surréaliste forcément parfaitement logique ).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Woody Allen, plus inventif et juvénile que jamais, joue et se joue des fantasmes d’une ville qu’il revendique ici d’idéaliser, ce Paris qui, à l’image du titre du roman d’Hemingway « est une fête », ce Paris où un écrivain ne peut écrire qu’au Café de Flore, ce Paris où passé et présent, rêve et réalité, littérature et peinture vous étourdissent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne veux pas trop vous en dire pour vous réserver l’effet de surprise. Un mot quand même sur la prestation de Carla Bruni-Sarkozy qui joue juste mais dont le rôle, se réduisant à quelques plans, ne méritait pas tout ce battage médiatique. Marion Cotillard, quant à elle, est lumineuse et mystérieuse, comme ce Paris qu’elle incarne pour le cinéaste.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une déclaration d’amour à Paris, au pouvoir de l’illusion, de l’imagination, à la magie de Paris et du cinéma qui permet de croire à tout, même qu’il est possible au passé et au présent de se rencontrer et s’étreindre, le cinéma évasion salutaire « dans une époque bruyante et compliquée ».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour obtenir la formule magique, prenez une pincée de « Manhattan », une autre de « La rose pourpre du Caire », un zeste de Cendrillon, beaucoup de l’humour caustique de Woody Allen, vous obtiendrez ce petit joyau d’intelligence au scénario certes moins abouti que dans d’autres films du cinéaste, mais que la vitalité de l’écriture, sa malice et son regard enamouré (sur Paris avant tout ), et la beauté des images nous font oublier et pardonner. Woody Allen réenchante Paris, ville Lumière et ville magique où tout est possible surtout donner corps à ses rêves (dont Marion Cotillard est l’incarnation). Un film ludique, jubilatoire, au charme ensorcelant, d’une nostalgie joyeuse. Au passage, Woody Allen s’adresse à ceux pour qui c’était mieux avant et montre qu’on peut s’enrichir du passé pour glorifier la beauté du présent. Cette fois, fataliste, malicieux, plutôt que de s’interroger sur sa propre mort, il a préféré donner vie à ceux qui le sont, semblant nous dire : hé bien, rions et amusons-nous après tout.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Laissons le mot de la fin à Mélanie Laurent qui est aussi celui du début de ce festival après cette cérémonie d’ouverture qui moi aussi m'a transportée dans une autre époque et un ailleurs idéalisés, une cérémonie sous le signe de la cinéphilie, de la politique, de la magie, de la musique, de l’Histoire, et (fait plus rare) de la bonne humeur ...à l’image de ce que sera sans doute cette 64&lt;sup&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;ème&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; édition. Oui, encore et toujours malgré les travers cannois que j’ai décidé de ne plus voir, oui, « Cannes c’est magique. » Et cette année plus que jamais. Suite au prochain épisode !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/archive/2011/05/03/dossier-special-woody-allen-a-l-occasion-de-la-projection-de.html&quot;&gt;Cliquez ici pour retrouver mon dossier spécial consacré à Woody Allen.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Critique de &quot;Parlez-moi de la pluie&quot; de Agnès Jaoui (France 2, 20H45, 13 Mai)</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>A VOIR A LA TELEVISION</category>
<pubDate>Sat, 12 May 2012 10:59:44 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/1080695135.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1298122&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/1462558630.jpg&quot; alt=&quot;pluie.jpg&quot; name=&quot;media-1298122&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormalCxSpFirst&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto; mso-add-space: auto; mso-outline-level: 4;&quot;&gt;&lt;em&gt;Agathe Villanova (Agnès Jaoui), féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa sœur Florence (Pascale Arbillot) à ranger les affaires de leur mère, décédée un an auparavant.&lt;br /&gt;Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu mais les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales.&lt;br /&gt;Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants mais aussi Mimouna (Mimouna Hadji), que les Villanova ont ramenée avec eux d'Algérie, au moment de l'indépendance et qui a élevé les enfants.&lt;br /&gt;Le fils de Mimouna, Karim (Jamel Debbouze), et son ami Michel Ronsard (Jean-Pierre Bacri) entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur &quot;les femmes qui ont réussi&quot;.&lt;br /&gt;C’est un mois d'Août gris et pluvieux : ce n’est pas normal…mais rien ne va se passer normalement.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps&lt;br /&gt;Le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents&lt;br /&gt;Le bel azur me met en rage&lt;br /&gt;Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terr'&lt;br /&gt;Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter&lt;br /&gt;Il me tomba d'un ciel d'orage »&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà les premiers vers de la chanson « L’orage » de Georges Brassens dont le titre du film est tiré. De l’orage surgit la vérité, parfois l’amour mais avant d’en arriver là les personnages de « Parlez-moi de la pluie » auront dû affronter des humiliations ordinaires et non moins blessantes, leurs certitudes parfois erronées ou une injustice lancinante, une condescendance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je revoyais le magnifique et intemporel «&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/05/02/critique-de-cesar-et-rosalie-1972-et-decryptage-du-cinema-de.html&quot;&gt; César et Rosalie » de Claude Sautet&lt;/a&gt; avant-hier, encore, pour la énième fois, avec toujours cette même envie de suivre les personnages, de les connaître même, et même si Agnès Jaoui récuserait peut-être cette comparaison (n’aime-t-elle pas plutôt, aussi, Kusturica, où par bribes visuelles et musicales, son film m’a aussi fait songer ?), je trouve que leurs films ont cela en commun de donner vie et profondeur à des personnages à tel point qu’on imagine leur passé, leur avenir, une existence réelle, qu’on les découvre différemment à chaque visionnage, dans toute leur touchante ambivalence. Et puis Claude Sautet aussi aimait « parler de la pluie ». Dans chacun de ses films ou presque, elle cristallisait les sentiments, rapprochait les êtres.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qu’on remarque en premier, c’est donc cela : le sentiment d’être plongés dans l’intériorité des personnages, de les connaître déjà ou de les avoir rencontrés ou d’avoir envie de les rencontrer tant les scénaristes Bacri et Jaoui les humanise. Karim et Mimouna sont victimes du racisme, d'autant plus terrible qu'insidieux, Agathe du sexisme et des préjugés concernant sa condition de femme politique, Michel de ne pas exercer pleinement son métier ni d’avoir pleinement la garde de son fils, Florence de ne pas être assez aimée… Chaque personnage est boiteux, que son apparence soit forte ou fragile.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La caméra d’Agnès Jaoui est plus nerveuse qu’à l’accoutumée comme si les doutes de ses personnages s’emparaient de la forme mais c’est quand elle se pose, reprend le plan séquence qu’elle est la plus poignante et drôle : vivante. Comme dans cette scène où Karim, Michel, Agathe se retrouvent chez un agriculteur qui les a « recueillis » : scène troublante de justesse, ne négligeant aucun personnage, aucun lieu commun pour mieux le désarçonner, en souligner l’absurdité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’écriture de Bacri et Jaoui est toujours nuancée, la complexité des êtres, leurs faiblesses que leur écriture précise dissèque devient ce qui fait leur force. Les dialogues sont toujours aussi ciselés, peut-être moins percutants et acerbes que dans le caustique et si touchant « Un air de famille » de Cédric Klapisch, plus mélancolique aussi. Jaoui et Bacri ont décidément le goût des autres à tel point qu’ils nous font aimer et comprendre leurs imperfections, et forcément nous y reconnaître. Aucun rôle n’est négligé. Le second rôle n’existe pas. L’écriture de Jaoui et Bacri n’a pas son pareil pour faire s’enlacer pluie et soleil, émotion et rire, force et faiblesse : pour faire danser l’humanité sous nos yeux. Jaoui et Bacri n’ont pas leur pareil pour décrire la météo lunatique des âmes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jamel Debbouze n’a jamais été aussi bien filmé, n’a jamais aussi bien joué : dans la retenue, l’émotion, la conviction. Adulte, enfin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le personnage d’Agathe incarné par Agnès Jaoui est une salutaire réponse au poujadisme toujours régnant qui voudrait qu’ils soient « tous pourris » et rend hommage à l’engagement parfois compliqué que constitue la politique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Drôle, poétique, touchant, convaincant : cette pluie vous met du baume au cœur. On en ressort l’âme ensoleillée après que se soit dissipée la brume qui pesait sur celles de ses personnages que l’on quitte avec regrets, heureux malgré tout de les voir cheminer vers une nouvelle étape de leur existence qui s’annonce plus radieuse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si comme l’écrivait Kirkegaard cité dans le film, l’angoisse est le possible de la liberté. La pluie sur les âmes sans doute est-elle le possible de son soleil, teinté d’une bienheureuse mélancolie à l’image de ce film réconfortant, brillamment écrit et réalisé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2012/04/15/1-j-7-de-la-presidentielle-2012-quelques-critiques-de-films.html&quot;&gt;Retrouvez également mes 8 critiques de films sur la politique en cliquant ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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