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<title>IN THE MOOD FOR CINEMA - critiques_des_films_a_l_affiche_en_2008</title>
<description>~Pérégrinations cinématographiques, festivalières et culturelles d'une jeune scénariste~</description>
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<lastBuildDate>Mon, 15 Mar 2010 18:28:36 +0100</lastBuildDate>
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<title>&quot;Bus Palladium&quot; de Christopher Thompson</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 18:28:36 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/839810351.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1425560830.jpg&quot; alt=&quot;buspalladium.jpg&quot; name=&quot;media-2303993&quot; id=&quot;media-2303993&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors qu'il a toujours baigné dans l'univers cinématographique, entre son grand-père Gérard Oury et sa mère Danièle Thompson (avec laquelle il a coécrit plusieurs scénarii), Christopher Thompson a attendu d'avoir presque quarante ans pour passer derrière la caméra. Un premier film est souvent le plus personnel, celui qui porte le plus l'empreinte de son réalisateur. Christopher Thompson, lui, a choisi de nous parler de musique et d'amitié à travers une bande de jeunes musiciens...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lucas, (Marc-André Grondin), Manu (Arthur Dupont), Philippe (Abraham Belaga), Jacob (Jules Pelissier) et Mario (François Civil) s'aiment depuis l'enfance. Ils ont du talent et de l'espoir. Ils rêvent de musique et de gloire. Leur groupe de rock, LUST, connaît un succès grandissant, mais les aspirations de chacun rendent incertain leur avenir commun. L'arrivée de Laura (Elisa Sednaoui) dans leur vie va bousculer un peu plus ce fragile équilibre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela débute sur&amp;nbsp;le sublime&amp;nbsp;air de «&amp;nbsp;Let it loose&amp;nbsp;» des Stones et pour moi c'était déjà une bonne raison d'aimer ce film ( vous saurez désormais comment me corrompre...&amp;nbsp;: -)). Et ensuite&amp;nbsp;? Ensuite, «&amp;nbsp;Bus Palladium&amp;nbsp;» pâtit un peu de cette brillante référence avant de nous embarquer dans sa propre musique. Plus lisse, plus douce mais non dénuée de rugosité et d'amertume. Christopher Thompson fait commencer son film dans un joyeux désordre imprégné de l'enthousiasme de ce groupe qui débute. Puis, des personnages se distinguent&amp;nbsp;: Lucas et Manu surtout, définis autant par l'amitié qui les lie que par leur rapport à leurs mères. La mère de Lucas est psy, réfléchie et compréhensive. Celle de Manu est très jeune, hôtesse de l'air, elle est indépendante, libre, et vit avec son fils comme avec un colocataire, dans un incessant tourbillon. Le premier est aussi équilibré que le second vit sur le fil et en déséquilibre. Et c'est là la grande force de ce premier film qui nous en fait dépasser les faiblesses&amp;nbsp;: le caractère attachant de ses personnages dont Christopher Thompson (et Thierry Klifa, son coscénariste) brosse subtilement les portraits, à travers leurs relations avec leurs parents (mère dans le cas des deux précités ou grand-mère dans le cas de Babcia la grand-mère de Jacob qui ne parle que Yiddish.) Il sait singulariser ses personnages, les distinguer, nous les rendre familiers, particulièrement aidé en cela par trois acteurs exceptionnels. D'abord, la découverte Arthur Dupont qui interprète l'écorché vif Manu qui joue la comédie avec un air de Romain Duris et chante avec la voix de De Palmas. Ensuite Marc-André Grondin qui de nouveau en est au «&amp;nbsp;premier jour du reste de sa vie&amp;nbsp;». et Elisa Sednaoui, séductrice et forte avec juste ce qu'il faut de fragilité qui affleure.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces trois-là nous valent de suivre le film avec intérêt, leurs relations parfois troubles, surtout fortes, leur douloureux et définitif adieu à l'adolescence et le cruel renoncement à leurs rêves. Dommage alors que le reste soit si peu «&amp;nbsp;rock&amp;nbsp;», si peu à l'image du nom du groupe «&amp;nbsp;Lust&amp;nbsp;» (qui signifie luxure), que tout semble tellement lisse, que le Bus Palladium et certains personnages (au contraire de ces trois-là qui en ont tant) manquent &amp;nbsp;de caractère, que le film ait refusé de se situer vraiment dans une époque pour malheureusement ne pas parvenir non plus à être intemporel ( l'intrigue se déroule dans les années 80 avec des références vestimentaires des années 1970&amp;nbsp; et un vocabulaire des années 2000 «&amp;nbsp;taf&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;buzz&amp;nbsp;» sans oublier la nourriture venant de chez Quick...).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malgré cela, émanent de ces trois personnages&amp;nbsp; principaux un tel charisme et une belle&amp;nbsp;fragilité qu'on les quitte avec regret même s'ils nous laissent, comme Rizzo (lumineuse Naomi Greene)qui, dans le dernier plan,&amp;nbsp;regarde&amp;nbsp;à travers une vitre baignée de soleil, avec le bel espoir et la force&amp;nbsp;d'un avenir&amp;nbsp;(plus) radieux. Allez-y ne serait-ce que pour ces trois-là qui crèvent l'écran... Une première réalisation imparfaite mais attachante avec quelques beaux plans qui reflètent bien le tourbillon d'effervescence et de mélancolie mêlées de cette période charnière de leurs existences.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div id=&quot;allocine_blog&quot; style=&quot;width: 442px; height: 335px;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.allocine.fr/blogvision/18950550&quot; height=&quot;335&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.allocine.fr/blogvision/18950550&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
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<title>&quot;L'Arnacoeur &quot; de Pascal Chaumeil</title>
<link>http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/03/15/l-arnacoeur-de-pascal-chaumeil.html</link>
<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 18:26:38 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1959951628.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1124741027.jpg&quot; alt=&quot;arnacoeur.jpg&quot; id=&quot;media-2337030&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2337030&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/1458221199.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/01/1310272458.jpg&quot; alt=&quot;arnacoeur2.jpg&quot; name=&quot;media-2247211&quot; id=&quot;media-2247211&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà un film dont le synopsis, le casting et l'ambition étaient pour le moins séduisants et que j'attendais avec impatience...trop sans doute.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le synopsis d'abord&amp;nbsp;: Alex exerce une profession singulière, briser des couples en séduisant la femme du duo, mais comme Alex a une éthique, uniquement si cette dernière est malheureuse. Une éthique à laquelle il dérogera pourtant en acceptant un nouveau contrat donc la cible s'appelle Juliette, jeune héritière libre et indépendante qui, dix jours plus tard, doit épouser un séduisant jeune homme dont elle est amoureuse. Dix jours pour que l'arnacoeur accomplisse sa mission a priori impossible, avec l'aide de ses deux acolytes, sa sœur et son beau-frère.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le casting&amp;nbsp;: Vanessa Paradis (Juliette), Romain Duris (Alex), Julie Ferrier (Mélanie, la sœur d'Alex), François Damiens (Marc, le mari de Mélanie), Helena Noguerra (Sophie, l'amie d'enfance de Juliette), Andrew Lincoln (Jonathan, le futur mari de Juliette)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'ambition&amp;nbsp;: réaliser une comédie romantique à l'américaine...mais en France, enfin presque, plus précisément à &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/forum-international-cinema-et-litterature-de-monac/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;Monaco.&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'idée de ce mélange de James Bond et d'Arsène Lupin voire de Jim Phelps du cœur, briseur de couples, &amp;nbsp;est brillante et réjouissante, légèrement politiquement incorrecte. Le rythme est soutenu et cela dès le pré-générique inspiré des comédies américaines. Vanessa Paradis est lumineuse avec ce qu'il faut d'énergie et de mystère, et de classe à la Audrey Hepburn. Romain Duris est charmant et convaincant rappelant ses meilleurs rôles chez Klapisch. Leur couple est une belle idée.&amp;nbsp; Helène Noguerra est délicieusement vulgaire. Julie Ferrier aussi drôle que touchante et son couple avec François Damiens est savoureusement décalé.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/821504370.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/163139866.jpg&quot; alt=&quot;arnacoeur1.jpg&quot; name=&quot;media-2247216&quot; id=&quot;media-2247216&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/1458221199.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais à force de vouloir faire «&amp;nbsp;à la manière de&amp;nbsp;» cet arnacoeur en a oublié l'essentiel, trouver sa propre voie, sa propre identité pour se fondre dans un modèle. Comme dans toute comédie romantique à l'américaine qui se respecte les décors se doivent d'être spectaculaires et chics. Quoi de mieux donc que &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/forum-international-cinema-et-litterature-de-monac/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;Monaco&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;? Oui mais tout dépend de la manière dont on filme la principauté dont on voit ici davantage les immeubles que le bleu scintillant de la Méditerranée. Comme dans toute comédie romantique qui se respecte, il doit y avoir une scène de danse...ici empruntée à un autre film ( «&amp;nbsp;Dirty dancing&amp;nbsp;») qui devient même un élément de l'intrigue. Dommage que le glamour ne soit pas assumée et qu'elle ne soit pas filmée avec la même légèreté que celle dont font preuve les deux danseurs (Romain Duris est ici aussi impressionnant pour les cascades que pour la danse, à n'en pas douter il serait très doué dans les films d'action).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis surtout le film penche davantage du côté de la comédie que du romantisme, avec des «&amp;nbsp;gags&amp;nbsp;» parfois un peu trop récurrents (ah ce personnage de gros balourd ignare que j'ai l'impression d'avoir vu dans 50 comédies françaises) venant systématiquement briser l'émotion naissante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ce qui m'a le plus dérangée, c'est la naïveté du personnage féminin incarné par Vanessa Paradis qui est décrite comme «&amp;nbsp;très intelligente&amp;nbsp;» et qui à aucun moment ne met en doute la sincérité d'Alex. Son amour pour Jonathan semble finalement assez superficiel et les obstacles entre elle et Alex finalement trop minces pour créer un vrai suspense. Même si le principe d'une comédie romantique est d'en deviner d'avance l'issue heureuse, il est bien d'avoir un peu l'illusion de croire que ce n'est pas gagné d'avance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malgré tout, même s'il manque cette petite étincelle qui s'appelle la magie, le charme de cet Arnacoeur agit, il nous embarque dans sa séduisante légèreté et nous fait adhérer à la beauté lumineuse et au talent indéniable de son duo de protagonistes, nous divertit à un rythme soutenu... et probablement ai-je tort d'en exiger davantage, d'autant qu'il s'agit là du premier long-métrage d'un réalisateur provenant de la publicité et du sitcom...Il est d'ailleurs fort probable que cet Arnacoeur sera le succès comique du printemps et plus probable encore que les Britanniques et les Américains en feront un remake. Et avec la plume magique d'un Richard Curtis cet Arnacoeur pourrait devenir une référence...&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/1755025585.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/1937310330.jpg&quot; alt=&quot;arnacoeur3.jpg&quot; name=&quot;media-2247199&quot; id=&quot;media-2247199&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sortie en salles: le 17 mars 2010&lt;/p&gt;
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<title>&quot;La Rafle&quot; (critique du film et vidéos de la réalisatrice Rose Bosch): au-delà du cinéma...</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 17:17:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous ai déjà parlé de &quot;La Rafle&quot; lors de l'avant-première au siège de Gaumont, il y a quelques semaines, et je vous en parlerai à nouveau d'ici sa sortie, mercredi 10 mars prochain, simplement parce que je pense qu'un film comme celui-là est au-delà du cinéma, au-delà de ses qualités ou défauts (et je n'ai d'ailleurs&amp;nbsp;pas dit qu'il en était dépourvu), qu'il est simplement nécessaire et les révoltants,&amp;nbsp;incultes et odieux&amp;nbsp;commentaires antisémites récemment retrouvés suite à ma critique&amp;nbsp;ne font que me&amp;nbsp;renforcer dans cette idée...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Retrouvez ci-dessous, ma critique du film, la vidéo de la réalisatrice Rose Bosch avant la projection ainsi que le récit de Joseph Weismann dont l'histoire est retracée dans le film.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/1802989759.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/2048936288.jpg&quot; alt=&quot;rafle2.jpg&quot; name=&quot;media-2289418&quot; id=&quot;media-2289418&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a une dizaine de jours, un &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;ir&lt;/span&gt;responsable politique ou pseudo&amp;nbsp;se gargarisait de ce qu'il considérait être comme une bonne plaisanterie à propos d'une salle trop exigüe pour son meeting&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La prochaine fois, on prendre le Vel d'Hiv&amp;nbsp;» se réjouissait-il béatement. Scandalisée, je me suis dit que des politiques, eux responsables, allaient réagir. Rien. Alors, bien sûr, on peut toujours se dire qu'ils ont préféré ne pas s'abaisser à répondre à la provocation mais quand la provocation méprise l'horreur innommable et la mémoire de ceux qui l'ont vécue, &amp;nbsp;je pense qu'il est coupable de ne pas réagir et qu'on s'élève au contraire à le faire. Là aussi, là déjà commence peut-être le devoir de mémoire, en ne laissant pas souiller un passé déjà tellement mis à mal, en ne laissant pas passer pour plaisanterie, certes déjà affligeante, pour ce &amp;nbsp;qui est beaucoup plus&amp;nbsp;: une négation abjecte de l'Histoire comme c'était le cas ici ou une ignorance de l'Histoire, comme cela risque d'être souvent le cas si on ne fait rien pour que cette mémoire demeure vive. C'est pour cette raison qu'un film comme «&amp;nbsp;La Rafle&amp;nbsp;», indépendamment de ses qualités et de ses défauts cinématographiques me semble avant tout nécessaire, même indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rose Bosch, ancienne journaliste d'investigation, a donc décidé de réaliser un film sur la Rafle du Vel d'Hiv, un projet qu'elle porte depuis 5 ans.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Eté 1942. 16 et 17 juillet. Joseph a 11 ans et, comme &amp;nbsp;13000 autres juifs, ils sera raflé et emmené au Vélodrome d'Hiver. Entre le Vel d'Hiv et le camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, «&amp;nbsp;La Rafle&amp;nbsp;» suit les destins réels des victimes et des bourreaux. Tous les personnages du film ont existé, d'Annette (Mélanie Laurent, meilleure que jamais), l'infirmière dans le film qui, assistante sociale de la Croix rouge dans la réalité, sera reconnue comme Juste, à Jo (Joseph Weismann dans la réalité -voir son témoignage poignant en bas de cet article-), arrêté avec toute sa famille.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Rose Bosch, avec l'aide de Serge Klarsfeld est entrée en contact avec trois témoins encore vivants&amp;nbsp;: l'un des pompiers du Vel d'Hiv, Joseph Weismann et Anna Traube. Tous les faits et «&amp;nbsp;anecdotes&amp;nbsp;» du film sont véridiques.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1426477185.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1195401424.jpg&quot; alt=&quot;rafle3.jpg&quot; name=&quot;media-2289420&quot; id=&quot;media-2289420&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On se doute de la difficulté, de l'investissement, de l'engagement même quand on décide de traiter un tel sujet qui dépasse largement le cadre cinématographique... &amp;nbsp;Comment dire l'indicible&amp;nbsp;? Comment représenter l'inconcevable&amp;nbsp;? Comment faire comprendre l'incompréhensible&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comment représenter ce qui n'est pas envisageable&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malgré tout, cela demeure du cinéma, il fallait donc choisir un point de vue qui revêt ici une importance d'autant plus cruciale qu'il devait être au service de la vérité historique et du devoir de mémoire. Celui de&amp;nbsp;Rose Bosch a été de privilégier le hors-champ et le point de vue des enfants. Un parti pris intéressant pour tenter de nous faire appréhender l'inimaginable. Les personnages disparaissent. Brutalement. Choc fracassant et violent. &amp;nbsp;On ne sait rien ou presque de ce qu'ils adviennent comme c'était le cas à l'époque pour ces familles et ces pères de familles (très juste Gad Elmaleh) qui ne pouvaient imaginer l'impensable et l'insoutenable. Ils s'évanouissent dans un effroyable silence. Représenter l'horreur aurait de toute façon été en-deçà et infidèle à la réalité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'innocence des enfants, leur ignorance de ce qui se passe renforce encore la brutalité, l'inhumanité mais aussi l'absurdité de cette tragédie d'autant que les jeunes acteurs sont tous remarquables. La promiscuité, la contagion, la terreur, les suicides qui furent la réalité du Vel d'Hiv sont là aussi essentiellement hors-champ. Tout cela est en partie invisible comme cela était incompréhensible pour ceux qui vivaient cette tragédie, a fortiori les enfants.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/2084390148.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/178209600.jpg&quot; alt=&quot;rafle4.jpg&quot; name=&quot;media-2289422&quot; id=&quot;media-2289422&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les scènes de rafle, le déchirement des enfants séparés de leurs parents sont bouleversantes. Cette impression d'urgence, de chaos et de folie est renforcée par la caméra à l'épaule et contraste avec les scènes qui précèdent dans un Montmartre où résonnent des airs joyeux. Ces différences de dispositifs de filmage permettent aussi de bien saisir les contrastes révoltants, entre Hitler qui se goinfrait au Berghof &amp;nbsp;tandis qu'au Vel d'Hiv on ne mangeait pas à sa faim, entre Bousquet et/ou Pétain et/ou Laval&amp;nbsp;qui discutaient tranquillement de milliers de vies envoyées à la mort comme d'une vulgaire question pratique et ceux qui luttaient pour vivre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais «&amp;nbsp;La Rafle&amp;nbsp;» c'est aussi le parti pris d'évoquer la collaboration française que l'on a si longtemps minimisé, et en particulier celle qui a conduit au Vel d'Hiv, un Vel d'Hiv méticuleusement préparé et planifié dont la contrepartie pour Vichy était notamment le contrôle de la police française. Une rafle réalisée par des fonctionnaires de police français. 7000 hommes y ont ainsi participé. Mais Rose Bosch a aussi choisi de rendre hommage aux Justes, notamment à travers le personnage de l'infirmière Annette, de montrer que l'humanité et l'inhumanité ont, l'une et l'autre, dévoilé leurs visages extrêmes. S'il ne faut pas oublier la responsabilité de la France, il ne faut pas oublier non plus que sur 25000 juifs qui étaient destinés au Vel d'Hiv et qui figuraient sur les fichiers de la préfecture, 12000 furent sauvés, sans doute avec l'aide d'autres Français.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/1112302908.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/01/939485840.jpg&quot; alt=&quot;rafle5.jpg&quot; name=&quot;media-2289427&quot; id=&quot;media-2289427&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le seul vrai bémol concerne la musique excessive (en particulier à la fin) et redondante et surtout inutile quand le sujet comme celui-ci se suffit à lui-même, un bémol qui reflète la difficulté des choix quand on décide de traiter des faits réels par la fiction. La musique vient alors ajouter un élément de fiction supplémentaire, presque en contradiction avec le parti pris de la cinéaste (même défaut ou en tout cas&amp;nbsp;même choix&amp;nbsp;que dans «&amp;nbsp;La Môme&amp;nbsp;»- dont Ilan Goldman est aussi scénariste- qui force l'émotion là où elle surgit d'elle-même).&amp;nbsp; De même, les scènes&amp;nbsp; de «&amp;nbsp;ceux qui ont orchestré&amp;nbsp;» sont filmées et jouées avec trop d'emphase, le dispositif cinématographique venant s'ajouter à des scènes en elles-mêmes grandiloquentes et démentes de ces destins de milliers d'êtres humains décidés presque avec désinvolture par des criminels autour d'une table.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film qui n'en demeure pas moins indispensable car pédagogique (et qui, je pense, nécessite d'être vu dans les écoles mais avec beaucoup d'explications pour l'accompagner, pour expliquer ce hors-champ invisible et tu), évidemment poignant, notamment grâce à une excellente distribution (même Jean Reno, dans un contre-emploi).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film à l'issue de la projection duquel résonne un assourdissant silence mais qui a le grand mérite de donner de la voix à ceux qui se sont opposés mais aussi à &amp;nbsp;des responsabilités trop longtemps tues et occultées. La responsabilité de la France dans la Shoah ne fut ainsi officiellement reconnue qu'en 1995, soit 50 ans après la fin de la guerre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/609352899.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/1885278304.jpg&quot; alt=&quot;rafle6.jpg&quot; name=&quot;media-2289425&quot; id=&quot;media-2289425&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Pour que plus personne ne puisse dire ou même laisser dire la moindre «&amp;nbsp;plaisanterie&amp;nbsp;» sur le Vel d'Hiv. &amp;nbsp;Pour que plus personne n'ignore ce que fut La Rafle du Vel d'Hiv. Pour que plus personne n'ignore ou ne méprise ceux qui l'ont planifié, ceux qui en ont été les victimes et ceux qui s'y sont opposés.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En complément, je vous conseillerais&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/30/monsieur-klein-de-joseph-losey-avec-alain-delon-jeanne-more.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Monsieur Klein&amp;nbsp;»&amp;nbsp; de Joseph Losey&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, démonstration implacable de l'absurdité effroyable de l'holocauste et en particulier du Vel d'Hiv. Ainsi que «&amp;nbsp;La liste de Schindler&amp;nbsp;», l'incontournable chef d'œuvre &amp;nbsp;de Spielberg. Evidemment «&amp;nbsp;Le Dictateur&amp;nbsp;» de Chaplin,&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Le Chagrin et La Pitié&amp;nbsp;» de Marcel Ophüls, «&amp;nbsp;Au revoir les enfants&amp;nbsp;» de Louis Malle, «&amp;nbsp;Nuit et brouillard&amp;nbsp;» d'Alain Resnais, &amp;nbsp;La vie est belle de Roberto Benigni. «&amp;nbsp;Le Pianiste&amp;nbsp;» de Roman Polanski. &amp;nbsp;Sur la Résistance&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/09/22/de-l-armee-des-ombres-de-jean-pierre-melville-a-l-armee-du-c.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L'armée des ombres&amp;nbsp;» de Jean-Pierre Melville&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;V&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;idéos de la présentation du film par sa réalisatrice Rose Bosch:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/HDUOzwcYolk&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/HDUOzwcYolk&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/iUNrg7Mag5A&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/iUNrg7Mag5A&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sortie en salles&amp;nbsp;: le 10 mars&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;J'ai également retrouvé ce texte de Joseph Weismann, un témoignage bouleversant sur la Rafle du Vel d'Hiv. Cliquez sur &quot;lire la suite&quot; pour le lire.&lt;/p&gt;
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<title>Critique - &quot;La reine des pommes&quot; de Valérie Donzelli</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 17:39:19 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/480223520.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/605148661.jpg&quot; alt=&quot;reine.jpg&quot; id=&quot;media-2292960&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2292960&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Adèle (Valérie Donzelli) une jeune trentenaire se fait quitter par Mathieu (Jérémie Elkaïm), l'amour de sa vie. Anéantie, suffoquée, Adèle ne pense plus qu'à une chose&amp;nbsp;: mourir. Rachel (Béatrice de Staël), une cousine éloignée, la prend en charge. Elle décide d'aider Adèle en essayant de lui trouver du travail, de lui redonner goût à la vie et de la conseiller sentimentalement. Son principal conseil&amp;nbsp;:&amp;nbsp;coucher avec&amp;nbsp;d'autres hommes afin de désacraliser cette histoire. Ce sera Pierre, Paul et Jacques (dans les trois cas, Jérémie Elkaïm).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Adèle donc. Déjà tout un programme truffaldien, &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2008/12/28/cycle-francois-truffaut-suite-baisers-voles-1968.html&quot;&gt;Truffaut&lt;/a&gt; à qui Valérie Donzelli n'emprunte pas seulement le nom d'une de ses héroïnes mais aussi une tristesse désinvolte, un ton ludique, une légèreté, une narration, un personnage décalé et anachronique à la Antoine Doinel, un jeu agréablement suranné à la Jean-Pierre Léaud. Ajoutez à cela un marivaudage qui relève de Rohmer, des passages en-chantés, enchanteurs à la Demy et une note d'Agnès Varda ou d'Emmanuel Mouret et vous obtiendrez un premier film aussi singulier qu'attachant. Ces multiples références assumées et même proclamées auraient pu alourdir et plomber l'ensemble, et nous agacer mais Valérie Donzelli a l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux et&amp;nbsp;de se tourner en ridicule juste à temps pour que son film ne le soit pas. Loin de là&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec un&amp;nbsp; sujet galvaudé, grâce à un ton et un personnage burlesques, à des situations cocasses, à des dialogues décalés, Valérie Donzelli nous emporte dans sa comédie légère aux airs de Nouvelle Vague rafraîchissante et dans son univers (scénariste, réalisatrice, actrice, elle a aussi composé, écrit, interprété la musique du film).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;La légèreté des moyens rend service au sujet puisque le même acteur interprète tous les hommes que rencontre Adèle, tous les hommes en qui elle voit celui qu'elle a perdu, qu'ils s'appellent (avec beaucoup d'ironie) Pierre, Paul ou Jacques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Seule la fin, à new York (où Adèle a un nouveau regard sur un nouveau monde, quand la reine des pommes se retrouve dans la grosse pomme) redevient sérieuse là où le film aurait peut-être gagné à rester dans le décalage et la légèreté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sélectionné à la Quizaine des réalisateurs pour son court-métrage «&amp;nbsp;Il fait beau dans la plus belle ville du monde&amp;nbsp;»,&amp;nbsp; avec «&amp;nbsp;La Reine des pommes&amp;nbsp;» Valérie Donzelli a reçu le prix du public du festival d'Angers.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film fantaisiste, attachant, parfois même touchant qui sort du cadre formaté des comédies habituelles et on aurait bien tord de s'en priver et de ne pas se laisser enchanter par cet air connu et joliment singularisé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Remarque&amp;nbsp;: &amp;nbsp;Les plus cinéphiles s'amuseront à reconnaître Serge Bozon, Dominik Moll et Gilles Marchand.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>« Le dernier vol » de Karim Dridi avec Marion Cotillard, Guillaume Canet, Guillaume Marquet…</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 11:43:51 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/1169351038.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/1691740555.jpg&quot; alt=&quot;derniervol.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2185216&quot; name=&quot;media-2185216&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En cette période hivernale et glaciale rien de mieux qu'un petit voyage dans le Sahara Français pour se réchauffer. C'est en effet là que nous embarque Karim Dridi, en 1933. C'est là aussi que l'aventurière et aviatrice Marie Vallières de Beaumont &amp;nbsp;(Marion Cotillard) recherche l'homme qu'elle aime, le Britannique Lancaster, disparu lors d'une tentative de traversée Londres/ Le Cap en avion.&amp;nbsp; Suite à une tempête de sable, elle est contrainte de poser son biplan près d'un poste de «&amp;nbsp;méhariste&amp;nbsp;» français en plein désert.&amp;nbsp; Touché par son infaillible détermination, Antoine Chauvet (Guillaume Canet), un lieutenant en conflit avec sa hiérarchie,&amp;nbsp; décide de l'aider dans sa quête désespérée. &amp;nbsp;Il la conduira alors aux confins du Ténéré... et d'eux-mêmes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout dans ce film me faisait craindre le «&amp;nbsp;coup marketing&amp;nbsp;» sans fond, sans âme, crainte confirmée lors des premières minutes lors desquelles la direction d'acteurs plus qu'approximative m'empêchait de voir autre chose et puis... et puis... sans doute cela s'appelle-t-il le miracle du cinéma, et puis ensuite je me suis retrouvée complètement fascinée par ce désert grandiose et hostile, fascinant et inquiétant et par cette histoire de quête obsessionnelle dont les vraies raisons apparaissent progressivement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai aimé ce par quoi les deux acteurs principaux ont apparemment été charmés&amp;nbsp;: la beauté ténébreuse et périlleuse du désert, mais surtout le temps laissé au temps. Le temps de laisser les émotions naitre sans jamais les forcer. Le temps d'éprouver les sensations des personnages. La solitude. L'égarement. Le temps de confronter leur désir&amp;nbsp; d'aimer à l'amour véritable. L'enfermement paradoxal dans un lieu à l'horizon infini qu'un cadre restreint, cernant leurs visages, symbolise.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On se laisse envoûter par les formes voluptueuses du désert, la beauté parfois douloureuse du silence comme ils le seront l'un par l'autre, contre toute attente. &amp;nbsp;Marion Cotillard tout en détermination aveugle, et Guillaume Canet, rebelle indépendant, en défenseur ardent des touaregs, forment un beau duo et la première prouve que moins elle use d'artifices, plus son jeu est juste et intense. A noter également&amp;nbsp;: la très belle présence de Guillaume Marquet, enfermé dans ses certitudes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ce dénuement impossible de mentir, et c'est leur propre vérité qui naitra. Malgré un dénouement, lui en revanche&amp;nbsp;attendu, notre attention, comme dans un thriller, dans un film dont le rythme en est pourtant&amp;nbsp;à l'opposé, est suspendue à leur moindre regard, geste, parole. Par la grâce des interprètes mais aussi&amp;nbsp;par la beauté inquiétante du désert sublimée par la&amp;nbsp;photographie (d'Antoine Monod) et par la musique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Adapté du premier roman de Sylvain Estibal «&amp;nbsp;Le Dernier vol de Lancaster&amp;nbsp;», s'inspirant de l'histoire vraie de Bill Lancaster, &amp;nbsp;est aussi un vibrant &amp;nbsp;défi lancé à la raison par la volonté et la passion.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Le film s'éloigne peu à peu des sentiers battus commerciaux (tant en lui faisant quelques concessions comme l'apparence des deux protagonistes étonnamment glamour après des heures de marche en plein soleil) pour nous rapprocher de la vérité des êtres. Dommage que Karim Dridi ne soit pas allé au bout de cette réjouissante audace, probablement impressionné par l'aura hollywoodienne de son actrice principale dont c'est le premier film français après l'Oscar reçu pour «&amp;nbsp;la Môme&amp;nbsp;» et sans doute également impressionné par ce changement de registre et par de prestigieux films ayant, avant le sien, eu pour cadre le désert ( «&amp;nbsp;Fort Saganne&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Lawrence d'Arabie&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Le Patient Anglais&amp;nbsp;».)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Un dernier vol qui perdra certainement certains passagers en chemin mais qui en emmènera d'autres dans sa romanesque errance, aussi enivrante que le désert parcouru. A ceux-là et ceux qui veulent se laisser ensorceler par la beauté progressive et éblouissante des émotions et du désert, je recommande un embarquement immédiat.&lt;/p&gt;
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<title>&quot;Breathless&quot; de Yang Ik-June (lotus du meilleur film au Festival du Film Asiatique de Deauville)</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Sat, 12 Dec 2009 12:07:28 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Breathless&quot; actuellement en salles, est un film que j'ai découvert lors du dernier &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodfordeauville.com&quot;&gt;Festival du Film Asiatique de Deauville&lt;/a&gt; où il figurait en compétition officielle et où, grand vainqueur de cette compétition,&amp;nbsp;il a reçu le lotus du meilleur film ainsi que le prix de la critique internationale. Ce portrait coup de poing et sans concessions de la cellule (ici la bien nommée) familiale coréenne avait séduit les deux jurys malgré un scénario parfois outrancier voire abracadabrantesque, et certes quelques scènes brillantes et poignantes... Voici les courts commentaires que j'avais alors publiés et les photos et vidéos de la présentation du film et du palmarès.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: normal; text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormalCxSpMiddle&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Breathless&amp;nbsp;» de Yang Ik-June (Corée)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodfordeauville.com/media/02/02/272687081.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1635517&quot; src=&quot;http://www.inthemoodfordeauville.com/media/02/02/1895179999.jpg&quot; alt=&quot;breatless.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-1635517&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object data=&quot;http://www.youtube.com/v/bi2zUvNEBBg&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/bi2zUvNEBBg&amp;amp;color1=0xb1b1b1&amp;amp;color2=0xcfcfcf&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;fs=1&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;line-height: normal; text-align: justify;&quot;&gt;Synopsis&amp;nbsp;: Sang-hoon, dont la mère et la sœur meurent devant ses yeux lorsqu'il était encore enfant, a grandi avec la rage au ventre et une haine farouche envers son père, jugé responsable du drame. un jour, Sang-hoon fait la connaissance de Yeon-hee, une jeune adolescente. Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se retrouver eux-mêmes…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;line-height: normal; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormalCxSpMiddle&quot;&gt;&amp;nbsp;Malgré d’évidentes qualités de jeu et direction d’acteurs ( c’est le premier film en tant que réalisateur de l’acteur Yang Ik-June qui interprète aussi le rôle principal) et un sujet fort, malgré le lien singulier de ces deux écorchés vifs qui se raccrochent l’un à l’autre, finalement touchants, malgré le talent de son réalisateur pour traduire la douleur indicible à travers cette violence irrépressible, &amp;nbsp;«&amp;nbsp;Breathless&amp;nbsp;» perd malheureusement en force et crédibilité à accumuler les coïncidences et drames (la violence des personnages s’explique, parfois maladroitement d’ailleurs, par celle qu’ils &amp;nbsp;subissent eux-mêmes ou ont subi, tous sont des enfants ou femmes battus). Un film dont chaque lueur d’espoir est rapidement éteinte par un nouveau drame et dont la violence inextinguible jusqu’au dernier souffle, jusqu’à la dernière seconde fait aussi suffoquer le spectateur, et le lasse finalement plus qu’il ne le marque. &amp;nbsp;Un film qui porte à son paroxysme la difficulté de communiquer (thème commun aux films en compétition dont je vous parlais hier et&amp;nbsp; que l’on retrouve donc ici), et même de respirer.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/1618286056.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1640200&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/1709673368.JPG&quot; alt=&quot;2009_0315deauvilleasiacloture0045.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-1640200&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1785693999.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1640203&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1609079145.JPG&quot; alt=&quot;2009_0315deauvilleasiacloture0049.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-1640203&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/2000625749.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1640219&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/358121928.JPG&quot; alt=&quot;2009_0315deauvilleasiacloture0043.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-1640219&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>&quot;La Sainte Victoire&quot; de François Favrat avec Christian Clavier, Clovis Cornillac...</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 14:36:50 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/904890791.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/1713052866.jpg&quot; alt=&quot;sainte.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2145779&quot; name=&quot;media-2145779&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà un film dont je redoutais le pire&amp;nbsp;! La politique est un sujet finalement assez rarement abordé dans le cinéma français postérieur aux années 1970 où il a culminé et, quand il l'est, c'est toujours de manière caricaturale mettant en scène des hommes politiques arrivistes, prêts à tout pour accéder au pouvoir dont la quête, forcément effrénée, est en général uniquement guidée par l'ambition personnelle, le paroxysme d'absurdité et de manichéisme ayant été atteint avec «&amp;nbsp;Président&amp;nbsp;» de Lionel Delplanque même si, avec «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2005/02/19/%C2%AB_le_promeneur_du_champ_de_mar.html&quot;&gt;Le Promeneur du champ de mars&lt;/a&gt;&amp;nbsp;», Robert Guédiguian nous avait proposé un passionnant portrait tout en nuances d'une emblématique figure politique du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle. Mes craintes furent renforcées par la présence de Christian Clavier, redoutant qu'il ne soit seulement là pour un contre-emploi et comme deuxième caution «&amp;nbsp;bankable&amp;nbsp;» du projet.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n'est pas sous les ors de l'Elysée que nous embarque François Favrat mais en Provence, là où Xavier Alvarez (Clovis Cornillac) un petit architecte avide de reconnaissance sociale (ou de la fameuse montre que selon un célèbre publicitaire pour avoir réussi sa vie, il faut avoir avant 50 ans) et parti de rien n'a plus qu'une ambition pour que sa réussite soit - à ses propres yeux- complète&amp;nbsp;: décrocher un gros marché public. Il voit alors en Vincent Cluzel (Christian Clavier), candidat outsider à la mairie le moyen idéal de décrocher ce projet. Pendant ce temps des écologistes se battent contre une entreprise de téléphonie mobile et les effets néfastes de l'implantation des antennes relais sur la santé. Les deux histoires vont se rejoindre et chacun va devoir confronter ses rêves, ses idéaux, ses combats au principe de réalité...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour une fois, au moins pas de «&amp;nbsp;tous pourris&amp;nbsp;» simplificateur, caricatural et démagogique. Sans doute est-ce aussi la raison qui, malgré toutes ses faiblesses, me donne envie de défendre ce film, le personnage de Christian Clavier (ici d'une sobriété rare et étonnamment crédible dans ce rôle)&amp;nbsp; pour une fois nous montrant un homme politique intègre, humain, et pas un calculateur froid prêt à tout pour réussir et satisfaire ses ambitions personnelles. Avec beaucoup d'habileté François Favrat nous montre comment, malgré son intégrité, pour gravir les échelons et donc appliquer sa politique, Cluzel va devoir faire des compromis avec ses principes, va être confronté à des dilemmes moraux, va devoir renoncer à certaines de ses idées pour en défendre d'autres et pour conserver le pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Face à lui Xavier Alvarez, fébrile, sanguin, aveuglé par sa dévorante ambition, sa rage de réussir et &amp;nbsp;surtout de reconnaissance, ou encore par son désir de posséder tous les signes extérieures de richesse, va &amp;nbsp;pousser Cluzel, au nom de l'amitié, dans l'abus de bien social. On pense évidemment à des affaires médiatiques comme l'affaire Noir /Botton mais cette histoire, finalement éternelle, pourrait sans doute s'appliquer à bien d'autres et même à d'autres domaines.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu'êtes-vous prêt à perdre pour gagner&amp;nbsp;? &amp;nbsp;Question passionnante... qui ne s'applique d'ailleurs pas qu'au domaine politique. La vraie réussite est sans doute d'accéder à ses ambitions tout en restant intègre, fidèle à ses idéaux de jeunesse mais ici, malgré son idéalisme, Cluzel se heurte au principe de réalité. Ou de la nécessité parfois d'être machiavélien sans pour autant être forcément machiavélique... Comment rester intègre quand la conservation du pouvoir pour appliquer ses idées (ou même parfois les évènements inextricables ou comme ici des amitiés) nécessite d'en bafouer quelques unes&amp;nbsp;? Comment distinguer l'amitié sincère &amp;nbsp;de celle fallacieuse et intéressée&amp;nbsp;? La Victoire est elle si «&amp;nbsp;sainte&amp;nbsp;»&amp;nbsp;ou si nécessaire qu'il faille y sacrifier certains idéaux pour en défendre et appliquer d'autres&amp;nbsp;? Accéder à ses ambitions nécessite-t-il de vendre son âme au diable&amp;nbsp;? &amp;nbsp;Aider les autres se fait-il au mépris de certains autres&amp;nbsp;? La politique par essence pour être appliquée n'implique-t-elle pas de faire des entorses à ses idéaux&amp;nbsp;? Si le film n'apporte pas forcément de réponses, il montre en tout cas que rien n'est blanc ou noir mais que la politique étant faîte par des humains et non des machines, ceux qui la conduisent &amp;nbsp;sont forcément faillibles.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce film pose aussi la question de l'image, et là encore des compromis qu'il faut faire pour qu'elle soit attractive, parfois au mépris du fond qui n'en devient alors que secondaire&amp;nbsp;: star du football comme caution médiatique, look à la George Clooney, phrases accrocheuses, alliance avec les écologistes -qui feront partie de ce qu'il devra perdre pour gagner-&amp;nbsp;mises à mal par les pressions financières, dangereuses connivences, pressions lobbyistes...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec ce deuxième long-métrage, François Favrat explore de nouveau le thème de la fascination qu'un personnage exerce sur un autre, passant du domaine du cinéma avec «&amp;nbsp;Le rôle de sa vie&amp;nbsp;» à celui de la politique, deux domaines dans lesquels les enjeux, de pouvoir ou de notoriété, ont finalement des conséquences (trahisons etc) similaires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors évidemment le film n'est pas exempt de faiblesses&amp;nbsp;: une musique omniprésente, des raccourcis scénaristiques (l'histoire d'amour entre Alvarez et la fille de Cluzel est un peu vite expédiée&amp;nbsp;; le père d'Alvarez réapparaît deux fois de manière opportune sans aucune logique entre ces deux apparitions&amp;nbsp;; le revirement de caractère du personnage de la journaliste incarnée par Marianne Denicourt est peu crédible), un mélange des genres parfois dommageable même si l'idée de passer de la légèreté à la noirceur (aussi bien dans le fond que dans la forme) est intéressante en ce qu'elle montre comment la proximité du pouvoir change finalement davantage ceux qui l'approchent que ceux qui le détiennent forçant ainsi les seconds également à se composer un personnage.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Pour la complexité de son analyse psychologique du personnage principal, son refus du manichéisme, et la décortication des mécanismes du pouvoir et de ses compromissions mais aussi de la solitude du pouvoir, le tout incarné par un Christian Clavier surprenant&amp;nbsp; lequel est accompagné par une excellente distribution (Sami Bouajila, Marilyne Canto,&amp;nbsp; Marianne Denicourt...), cette Saint Victoire mérite vraiment le détour... ne serait-ce que parce qu'elle réhabilite et interroge une notion souvent mise à mal, en politique et ailleurs&amp;nbsp;: l'intégrité... en laquelle l'idéaliste que je suis ne peut s'empêcher de continuer à croire, et à croire qu'il en existe encore des représentants... François Favrat nous donne en tout cas envie de «&amp;nbsp;garder la foi&amp;nbsp;» en cette sainte victoire-là...malgré tout.&lt;/p&gt;
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<title>Critique de « Rapt » de Lucas Belvaux avec Yvan Attal, Anne Consigny…</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/1728106517.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/1487036141.jpg&quot; alt=&quot;rapt.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2137262&quot; name=&quot;media-2137262&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Stanislas Graff est un homme d'industrie à qui, en apparence, tout réussit jusqu'à ce qu'il soit enlevé par un&amp;nbsp; groupe de truands sans scrupules. Débute alors pour lui un calvaire qui va durer plusieurs semaines. Pour persuader son entourage de payer, ses ravisseurs lui coupent un doigt qu'ils envoient à ses proches. Pendant qu'il est coupé du monde et humilié, la presse fait de nombreuses révélations sur ses pertes au jeu, sur ses nombreuses maîtresses, sur sa double vie. Sa femme (Anne Consigny), sa mère (Françoise Fabian) et ses deux filles découvrent par la même occasion sa face cachée...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A certains égards, «&amp;nbsp;Rapt&amp;nbsp;» me rappelle le film dont je vous parlais avant-hier, &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/29/monsieur-klein-de-joseph-losey-ce-soir-sur-arte.html&quot;&gt;«&amp;nbsp;Monsieur Klein&amp;nbsp;» de Joseph Losey&lt;/a&gt;, dans sa négation de l'humanité et de l'identité d'un homme, dans son analyse de la barbarie, de l'inhumanité, &amp;nbsp;d'un fascisme latent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lucas Belvaux, en quelques plans frénétiques et vertigineux, nous présente d'abord Stanislas Graff dans son statut d'homme d'industrie, homme de pouvoir, sûr de lui, pressé, respecté, ami des puissants, quelque peu arrogant même. Rien qui ne nous le rende éminemment sympathique ni totalement antipathique. Et puis c'est l'enlèvement, la descente aux enfers. L'homme est condamné à être enchaîné, à genoux, pire qu'un animal, amputé, humilié. Lui qui surplombait Paris de son appartement et le regardait de sa hauteur d'homme de pouvoir devant lequel on se courbe est courbé à son tour et n'a même plus le droit de lever les yeux condamné à l'obscurité et au silence. Ses bourreaux n'ont aucune pitié, uniquement guidés par l'appât du gain et la haine envers cet homme qui représente un statut auquel ils souhaitent accéder. Par tous les moyens. Même les plus vils et barbares. &amp;nbsp;Lucas Belvaux a eu l'intelligence de ne jamais les rendre sympathiques, mais de stigmatiser au contraire leur goût du pouvoir et de la violence. Et lorsque la conversation de l'un de ses bourreaux se fait sur un ton presque léger avec un accent marseillais chantant, la cruauté n'en est que plus insidieuse quand, en parlant sur un ton faussement badin et d'autant plus exaspérant, il lui remet les chaînes autour du cou.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La réalisation, intelligemment elliptique, glaciale et glaçante, accompagne aussi bien les scènes de Stanislas avec ses ravisseurs que celles de sa famille, des avocats, de la police plus soucieux de préserver leurs intérêts que de réellement le sauver. Stanislas va devenir l'objet d'une lutte de pouvoirs acharnée. Entre la police et son avocat. Entre son entreprise et sa famille. Entre son épouse et sa mère.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Là où le film était intéressant dans ses trois premiers quarts, il se révèle brillant et d'une cruauté ineffable dans ses dernières minutes. Libéré, Stanislas se heurte à un mur de froideur et d'incompréhension. Pas une marque d'affection ou de tendresse si ce n'est de la part de son chien à qui son apparence est bien égale ( ironie du sort pour lui qui a été réduit à l'animalité) sinon des reproches sur sa vie passée comme si cela justifiait, voire excusait, la barbarie dont il a été victime dans le regard des médias, de ses collaborateurs, et même de sa famille pour qui il n'a finalement été qu'un enjeu d'argent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'image l'emporte sur la réalité des faits. Celle que les médias ont forgé &amp;nbsp;confondant fonds propres et chiffres d'affaires, confondant vie dissolue d'un homme et barbarie dont il est victime, comme si la première justifiait la seconde. Ces médias qui passent d'un sujet à l'autre, lunatiques, amnésiques, un drame en chassant un autre. La dignité avec laquelle il fait face alors qu'il a tout perdu et que sa libération s'avère être une autre forme de captivité (prisonnier de son image) le rend encore plus bouleversant, piétiné alors qu'il est à terre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Yvan Attal est ainsi absolument parfait du début à la fin mais encore plus dans les dernières minutes, visages émacié, méconnaissable mais digne et faisant face.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette histoire inspirée de l'affaire du Baron Empain qui eut lieu en 1978 a été transposée de nos jours avec évocation de stock options et de parachutes dorées de rigueur, ce qui renforce le sentiment de malaise et de vraisemblance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le dernier plan, d'une austérité angoissante, montre l'homme dans toute sa solitude, sans même une lueur d'espoir, plongé dans &amp;nbsp;un cauchemar inextricable. Un film d'une noirceur et d'une froideur rares mais judicieuses qui, du premier plan au dernier, nous tient en haleine malgré sa noirceur et sa violence psychologique suffocantes (mais toujours au service du propos). Le jeu irréprochable et&amp;nbsp;subtilement froid des acteurs secondaires (délibérément hiératiques) contribue aussi à cette réussite.&amp;nbsp; Un (excellent) film particulièrement intense dont on ressort avec une forte impression qui nous accompagne bien longtemps après le générique, tout comme nous compagne longtemps ce regard d'Yvan Attal, blessé mais debout, seul mais digne. Poignant.&lt;/p&gt;
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<title>Critique de « Canine » de Yorgos Lanthimos</title>
<link>http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/25/critique-de-canine-de-yorgos-lanthimos.html</link>
<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<category>FESTIVAL DE CANNES 2009</category>
<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 16:33:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/41767249.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2124989&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/1541717964.jpg&quot; alt=&quot;canine3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2124989&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un film grec vous disais-je hier, l'argument était suffisant pour que je m'y précipite, tout ce qui concerne la Grèce de près ou de loin m'intéressant. Mon enthousiasme s'arrêtera là, «&amp;nbsp;Canine&amp;nbsp;» étant l'exact contraire de tout ce qu'évoque la Grèce pour moi... donc je vais tenter de mettre de côté mon attachement viscéral à ce pays pour vous parler de ce film.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Loin de l'atmosphère chaleureuse, lumineuse, ensorcelante que peut évoquer la Grèce pour moi c'est ici, en pleine campagne, derrière les hauts murs d'une maison où vivent un couple et leurs trois enfants (qui ont allègrement dépassé la vingtaine) qui ne les ont jamais quittés, que se joue l'intrigue.&amp;nbsp; Ils ne connaissent rien du monde extérieur si ce n'est ce que leurs parents leur en laissent entendre. Ainsi les seules vidéos que les enfants regardent sont des vidéos familiales dont ils connaissent&amp;nbsp; les dialogues par cœur comme les répliques d'une fiction. Seul le père sort de la maison pour aller travailler dans son entreprise et la seule personne de l'extérieur à venir &amp;nbsp;dans la maison est Christina, agent de sécurité dans ladite entreprise qui vient assouvir les besoins sexuels du fils sur recommandation du père. Derrière ces murs, les parents recréent donc un monde où ils façonnent et manipulent leurs enfants. Un monde carcéral. Une prison d'autant plus cruelle qu'elle se trouve sous le soleil insolent de Grèce, dont quelques airs de musique écoutés dans la voiture par le père et Christina rappellent la beauté, la liberté, le bouillonnement de vie indissociable de ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà typiquement le genre de film qui m'agace prodigieusement, agace plus que dérange tant le propos du film est surligné. Et l'hypocrisie qui consiste à crier au génie sous prétexte qu'un film dérangeant serait forcément un chef d'œuvre (le film en question a obtenu le prix Un Certain Regard et le prix de la&amp;nbsp; jeunesse au dernier &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com&quot;&gt;Festival de Cannes&lt;/a&gt;) m'agace encore davantage. Qu'est-ce qui me dit qu'il s'agit là d'hypocrisie me direz-vous... En effet, simple supputation, néanmoins appuyée sur les réactions de rejet à la projection presse hier...étrangement en contradiction avec les critiques lues dans la presse.&amp;nbsp; Oui, voilà, un film dérangeant est forcément un chef d'œuvre. Et affirmer le contraire serait preuve d'incompréhension, d'ignorance, de principes moralisateurs, de contresens artistique. Pas forcément, et j'espère vous en convaincre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le propos donc. Une allégorie jusqu'au-boutiste de la manipulation mentale, œuvre d'une éducation rigide et évidemment plus largement des dictatures, des totalitarismes dont Yorgos Lanthimos démonte ou plutôt tente de démonter (et démontrer) le mécanisme. Conditionnée, la famille (ou donc le peuple) se laisse asservir ne connaissant d'autre réalité, ni la nuance entre bien et mal, moralité et immoralité. Un zombie devient une fleur jaune. Les chats deviennent des créatures maléfiques et meurtrières. Et on ne peut accéder à l'âge adulte que lorsqu'on a perdu une canine (d'où le titre...). &amp;nbsp;L'univers devient absurde pour un regard extérieur et normal pour ceux qui y vivent. En insérant dans la banalité&amp;nbsp; ces situations qui mettent néanmoins en scène des êtres opprimés, niés, il confronte les regards, et en renforce l'étrangeté en leur donnant un cadre a priori familier. L'idée était donc plutôt intéressante. De même que le cadrage, rectangulaire, rigide, parfois ne montrant pas les visages de ces êtres alors déshumanisés. Sans âme. Sans visage soudain.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De l'absurde de certaines situations résulte un humour très noir et les rires proviennent davantage du malaise devant une telle imagination dans la manipulation et la perversité, voire du dégoût que de la jubilation. Un film jubilatoire ai-je lui ça et là...&amp;nbsp;!! Mais n'est-ce pas là aller totalement à l'encontre du message du réalisateur&amp;nbsp;? En nous montrant le totalitarisme à l'échelle familiale, il en démonte aussi les mécanismes pervers, absurdes, terrifiants, malsains.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c'est là qu'arrive la limite du film. Parce que Lanthimos n'est ni Ionesco (là aussi l'homme devient animal) ni Haneke et il croit visiblement que pour faire comprendre et donner de la force au propos, il faut tomber dans la surenchère. De nudité. De perversité. De transgression. D'asservissement.&amp;nbsp;De bêtise.&amp;nbsp; Ne jamais utiliser le hors champ. Montrer, tout montrer. De préférence en plan fixe et en gros plan pour accroître le malaise. Du coup le propos en perd de la force. &amp;nbsp;Ce qui est excessif en devient insignifiant. Vulgaire. Vain.&amp;nbsp; Et Yorgos Lanthimos semble lui-même se complaire dans ce que son film aurait pu brillamment dénoncer, et forcer ainsi le spectateur à en devenir complice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce film me fait penser à ces gens, régulièrement invités sur des plateaux de télévision pour y déverser leur brillante logorrhée, qui maîtrisent parfaitement la rhétorique, que personne n'ose et ne sait contredire, non pas parce qu'ils édicteraient des vérités incontestables mais parce qu'ils savent tellement bien habiller la forme, que personne n'estime avoir le droit de remettre en cause le fond... vide bien souvent mais en apparence savamment habillée comme irréfutable.&amp;nbsp; Des propos qui, finalement, endorment, au lien de réveiller la conscience. Comme une séance d'hypnose. Et on se demande alors si, finalement ici, les pantins ne sont pas davantage les spectateurs que les personnages (les enfants manipulés par leurs parents) à moins que le réalisateur ne soit un tel génie que ce soit là son but implicite&amp;nbsp;: nous démontrer ainsi la fascination perverse pour ce régime... &amp;nbsp;Sans quoi ce n'est (ou ne serait) qu'un beau gâchis. Une vulgaire illusion. Dommage&amp;nbsp;: l'idée était belle...mais une idée aussi belle soit-elle ne peut tout justifier ou excuser. Surtout pas la démagogie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et si, malgré cela, vous avez encore envie d'y aller et voulez vous faire votre propre avis, inthemoodforcinema.com, en partenariat avec mk2 vous fait gagner des places. Voir lien ci-dessous.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.amb-grece.fr/&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Autres articles sur la Grèce sur inthemoodforcinema.com&lt;/strong&gt;:&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/08/08/in-the-mood-for-greece-athenes-et-le-nouveau-musee-de-l-acro.html#comments&quot;&gt;Athènes et le nouveau musée de l'Acropole&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/08/grecotel-corfou-imperial-d-un-sirtaki-avec-mikhail-gorbatche.html#comments&quot;&gt;Grecotel Corfou Imperial : d'un sirtaki avec Mikhail Gorbatchev à la danse entraînante de Sakis Rouvas&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/23/gagnez-vos-places-pour-canine-de-yorgos-lanthimos.html&quot;&gt;Concours: gagnez vos places pour &quot;Canine&quot; de Yorgos Lanthimos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/24/6eme-panorama-du-cinema-grec-contemporain-au-cinema-des-cine.html#comments&quot;&gt;Sixième Panorama du Cinéma Grec Contemporain (dont &quot;Canine&quot; fera l'ouverture)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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<title>« L’Homme de chevet » d’Alain Monne avec Sophie Marceau, Christophe Lambert...</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra.M)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2008</category>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 10:19:29 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/221524713.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/274389852.jpg&quot; alt=&quot;hommedechevet.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2122258&quot; name=&quot;media-2122258&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà un film que la critique n'a pas épargné victime, sans doute, de la notoriété de ses deux acteurs principaux, et de ce qui les unit au-delà de l'écran. Ils n'ont pourtant pas choisi la facilité, avec cette adaptation du roman d'Eric Holder, la deuxième de l'année après le très beau &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/10/16/mademoiselle-chambon-de-stephane-brize-avec-sandrine-kiberl.html&quot;&gt;«&amp;nbsp;Melle Chambon&amp;nbsp;» de Stéphane Brizé&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;avec lequel il n'est d'ailleurs pas exempt de points communs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A Carthagène, en Colombie, Léo (Christophe Lambert) passe son temps à boire pour oublier. Un ami le recommande à Muriel (Sophie Marceau) une jeune femme tétraplégique qui recherche un garde malade et qui en a auparavant découragé un certain nombre. Peu à peu des liens vont se tisser entre ces deux êtres que tout aurait pu opposer... a priori.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A priori parce que, au fond, ces deux personnages se ressemblent. Tous deux dépendants. Elle de son corps, à jamais immobilisé. Lui de l'alcool. Tous deux broyés par l'existence, accidentés de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Femme libre et indépendante avant son accident de voiture, Muriel se retrouve prisonnière de son corps et de sa chambre d'où elle ne sort pas, avec pour seule compagnie Lucia (très convaincante Margarita Rosa de Francisco) son autre garde malade dont elle est la raison de vivre et de se lever, et ses livres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant même d'être une histoire d'amour «&amp;nbsp;L'homme de chevet&amp;nbsp;» est un film sur le corps. Le corps prisonnier de Muriel. Le corps maigre, presque désarticulé, de Léo qu'il abîme par l'alcool, lequel, ancien boxeur, vivait d'ailleurs de son corps. Le corps de Linnett, une jeune boxeuse qu'il entraîne (moyen aussi physique pour lui&amp;nbsp;d'exprimer une rage que Muriel ne peut que verbaliser)&amp;nbsp;qui elle-même se prostitue et vit de son corps. Ou encore un autre corps martyrisé, par la drogue, celui de Lucia. Le corps que &amp;nbsp;Linnett exhibe dans une robe &amp;nbsp;flamboyante s'oppose à celui que Muriel cache derrière ses draps blancs. Un corps qui va se réapproprier l'espace. Des corps malmenés qui vont retrouver la dignité et l'estime d'eux-mêmes ( à l'exception de Lucia.)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour incarner ces corps et leur donner une âme, Sophie Marceau et Christophe Lambert sont absolument parfaits et bouleversants. La première, physiquement broyée, d'abord cassante, aigrie, usant d'un humour provocateur et cynique qui s'illumine peu à peu. Tout passe dans sa voix, l'expression de son regard qui se modifient progressivement et tout en restant immobile elle parvient à faire passer avec beaucoup de justesse une grande palette d'émotions, de la colère à l'attendrissement. Le second avec sa voix cassée, ses gestes las qui peu à peu reprend confiance, se redresse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors bien sûr ce film n'est pas parfait mais là où on aurait crié au film d'auteur brillant si les deux acteurs principaux avaient été inconnus, leur notoriété &amp;nbsp;rend le film suspect de mièvrerie (et même coupable sans avoir eu droit à la présomption d'innocence à laquelle Alain Monne pourrait d'autant plus prétendre qu'il s'agit d'un premier film), ce que le film évite constamment.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alain Monne filme en effet avec énormément de pudeur et dignité, sachant user de l'ellipse et du plan large avec délicatesse là où d'autres auraient abusé du gros plan et des violons. Et puis il y a la Colombie, sa moiteur, ses couleurs chaudes et brûlantes, ses êtres de là-bas ou d'ailleurs qui s'y égarent, victimes des fracas de l'existence.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est l'histoire de trois belles renaissances, d'êtres qui se raccrochent les uns aux autres qui retrouvent la sensibilité aux autres, à la belle lumière de Carthagène, &amp;nbsp;et le goût de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alain Monne avait obtenu le Grand Prix du&amp;nbsp;Meilleur Scénariste &amp;nbsp;pour ce film. J'assistais hier soir à la cérémonie 2009 (Alain Monne était d'ailleurs présent), je vous en parle demain. Il a également obtenu le prix du public au Festival d'Angoulême.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un beau film, sensible et émouvant, que je vous recommande.&lt;/p&gt;
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