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<title>IN THE MOOD FOR CINEMA - critiques-des-films-a-l-affiche-en-2010</title>
<description>IN THE MOOD FOR CINEMA</description>
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<title>Critique – « Les émotifs anonymes » de Jean-Pierre Améris avec Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Thu, 23 Dec 2010 15:01:06 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/3061673737.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2812299&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1114157521.jpg&quot; alt=&quot;emotifs.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;object width=&quot;464&quot; height=&quot;282&quot; data=&quot;http://www.studiocanal.com/share/videoplayer.swf?fv_videoID=21690&amp;amp;fv_videoServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideofile.php&amp;amp;fv_pageServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideolink.php&amp;amp;fv_imageServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideopreview.php&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.studiocanal.com/share/videoplayer.swf?fv_videoID=21690&amp;amp;fv_videoServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideofile.php&amp;amp;fv_pageServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideolink.php&amp;amp;fv_imageServiceURL=http%3A%2F%2Fwww.studiocanal.com%2Fshare%2Fgetvideopreview.php&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La comédie française se porte bien&amp;nbsp;: après le réjouissant «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/03/25/critique-tout-ce-qui-brille-de-geraldine-nakache-et-herve-mi.html&quot;&gt;Tout ce qui brille&lt;/a&gt;&amp;nbsp;», le pétillant «&amp;nbsp;De vrais mensonges&amp;nbsp;», le romantique &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/list/les-films-de-2010-a-ne-pas-manquer/l-arnacoeur-de-pascal-chaumeil.html&quot;&gt;«&amp;nbsp;L’Arnacoeur&lt;/a&gt;&amp;nbsp;», le décalé «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/02/21/critique-la-reine-des-pommes-de-valerie-donzelli.html&quot;&gt;La reine des pommes&lt;/a&gt;&amp;nbsp;», le sucré acide «&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/11/14/critique-de-potiche-de-francois-ozon-avec-catherine-deneuve.html&quot;&gt;&amp;nbsp;Potiche&lt;/a&gt;&amp;nbsp;» &amp;nbsp;cette année 2010 s’achève par une comédie qui n’est pas la plus clinquante ni la plus formatée mais sans aucun doute la plus attachante à des années lumière d’une «&amp;nbsp;comédie&amp;nbsp;» désolante, démagogique et opportuniste comme «&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/06/17/fatal-de-michael-youn-lucide-et-opportuniste.html&quot;&gt;&amp;nbsp;Fatal&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le gérant d’une chocolaterie au prénom aussi improbable que ses costumes démodés est un grand émotif. Jean-René (Benoît Poelvoorde) donc, puisque tel est ce fameux prénom suranné, cherche à employer une nouvelle commerciale. Angélique (Isabelle Carré) est la première à se présenter. Chocolatière de talent, elle est au moins aussi émotive que Jean-René, participant même à des séances des «Emotifs anonymes&amp;nbsp;». Entre eux le charme opère immédiatement, malgré leurs maladresses, leurs hésitations, leurs regards fuyants.&amp;nbsp; Seulement leur timidité maladive tend à les éloigner…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant la mode est aux cyniques célèbres, un film qui s’intitule «&amp;nbsp;Les Emotifs anonymes&amp;nbsp;» est déjà en soi rafraîchissant et j’avoue avoir d’emblée beaucoup plus de tendresse pour les seconds. Cela tombe bien&amp;nbsp;: de la tendresse, le film de Jean-Pierre Améris en regorge. Pas de la tendresse mièvre, non. Celle qui, comme l’humour qu’il a préféré judicieusement employer ici, est la politesse du désespoir. Jean-Pierre Améris connaît bien son sujet puisqu’il est lui-même hyper émotif. J’en connais aussi un rayon en émotivité et évidemment à l’entendre je comprends pourquoi son film (me) touche en plein cœur et pourquoi il est un petit bijou de délicatesse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La première grande idée est d’avoir choisi pour couple de cinéma Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré déjà réunis dans «&amp;nbsp;Entre ses mains&amp;nbsp;», le très beau film d’Anne Fontaine. Poelvoorde donne ici brillamment corps (mal à l’aise, transpirant, maladroit), vie (prévoyante et tétanisée par l’imprévu) et âme (torturée et tendre) à cet émotif avec le mélange de rudesse involontaire et de personnalité à fleur de peau caractéristiques des émotifs et Isabelle Carré, elle aussi à la fois drôle et touchante, sait aussi nous faire rire sans que jamais cela soit aux dépends de son personnage. L’un et l’autre sont pour moi parmi les plus grands acteurs actuels, capables de tout jouer et de nous émouvoir autant que de nous faire rire. Ici ils font les deux, parfois en même temps. Poelvoorde en devient même beau à force d’être touchant et bouleversant, notamment lorsqu’il chante, dans une scène magnifique que je vous laisse découvrir. Le film de Jean-Pierre Améris est ainsi à l’image de l’entreprise de chocolaterie vacillante de son personnage principal&amp;nbsp;: artisanal mais soigné, à taille humaine, et terriblement touchant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;La (première) scène du restaurant est un exemple de comédie et symptomatique du ton du film, de ce savant mélange de sucreries, douces et amères, de drôlerie et de tendresse. Cette scène doit (aussi) beaucoup au jeu des acteurs. Leur maladresse dans leurs gestes et leurs paroles (leurs silences aussi), leurs mots hésitants, leurs phrases inachevées, leurs regards craintifs nous font ressentir leur angoisse, l’étirement du temps autant que cela nous enchante, nous amuse et nous séduit.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le deuxième est le caractère joliment désuet, intemporel du film qui ne cherche pas à faire à la mode mais qui emprunte ses références à Demy ou à des pépites de la comédie comme «&amp;nbsp;The shop around the Corner&amp;nbsp;» de Lubitsch avec ses personnages simples en apparence, plus compliqués, complexes et intéressants qu’il n’y paraît sans doute à ceux qui préfèrent les cyniques célèbres précités.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec son univers tendrement burlesque, avec ses couleurs rouges et vertes, Jean-Pierre Améris nous embarque dans ce conte de noël qui se déguste comme un bon chocolat à l’apparence démodée mais qui se révèle joliment intemporel. Un film tout simplement délicieux, craquant à l’extérieur et doux et fondant à l’intérieur qui vous reste en mémoire...comme un bon chocolat à la saveur inimitable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jean-Pierre Améris m’avait déjà bouleversée avec «&amp;nbsp;C’est la vie&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;Poids léger&amp;nbsp;», maintenant en plus il nous fait rire. Vivement le prochain film du cinéaste et vivement le prochain film avec Isabelle Carré ET Benoît Poelvoorde&amp;nbsp;! Si vous n’avez pas encore vu ce film allez-y de préférence le 25 décembre, vous ferez en plus &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/11/le-25-decembre-faites-une-bonne-action-allez-au-cinema-pour.html&quot;&gt;une bonne action&lt;/a&gt;. Un film qui fait du bien comme celui-ci, c'est vraiment l'idéal un jour de noël et vous auriez tort de vous en priver.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En bonus, regardez le clip de &quot;Big jet lane&quot; d'Angus et Julia Stone, très belle bo&amp;nbsp;qui prolonge le film.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;440&quot; height=&quot;390&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/jdHJEBaERCU&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;version=3&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/jdHJEBaERCU&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;feature=player_embedded&amp;amp;version=3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Critique- &quot;Another year&quot; de Mike Leigh</title>
<link>http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/22/critique-another-year-de-mike-leigh.html</link>
<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Wed, 22 Dec 2010 11:12:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/132026324.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2800427&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/822910452.jpg&quot; alt=&quot;another7.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/1988699030.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2461190&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/101969276.2.jpg&quot; alt=&quot;another2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» de Mike Leigh était présenté en compétition du &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;Festival de Cannes 2010&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; où il figurait parmi les favoris. Un vrai mystère puisque très peu d'informations avaient filtré &amp;nbsp;sur ce film avant la projection. Onzième film de Mike Leigh qui fait partie du cercle fermé des réalisateurs ayant déjà obtenu la palme d'or (pour «&amp;nbsp;Secrets et mensonges&amp;nbsp;» en 1996 même si je lui préfère largement «&amp;nbsp;All or nothing&amp;nbsp;») ou encore le prix de la mise en scène pour «&amp;nbsp;Naked&amp;nbsp;» en 1993, «&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;»&amp;nbsp;était ainsi le quatrième film de Mike Leigh en compétition à Cannes. Jim Broadbent, Philip Davis, Imelda Staunton, les acteurs fétiches du réalisateur, sont ainsi de nouveau de la partie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Synopsis&amp;nbsp;:L'histoire d'un couple heureux (Tom, géologue, et Gerri, psychologue&amp;nbsp;!) qui va devoir supporter les tracas de son entourage.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» est avant tout centré sur ses personnages, à la fois communs et atypiques mais en tout cas dépeints avec beaucoup d'humanité, de sensibilité, d'empathie. La caméra scrute habilement et pudiquement leurs visages et le basculement d'une émotion à son contraire que la première masquait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Mike Leigh est particulièrement doué pour capturer les choses de la vie, une mélancolie, une solitude derrière une exubérance. Si son film comme toujours se passe dans un milieu bien particulier (la classe britannique «&amp;nbsp;moyenne&amp;nbsp;», voire pauvre, avec toujours le chômage en arrière-plan) chacun pourra se reconnaître dans l'un de ses personnages vibrants d'humanité, et d'émouvantes contradictions.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» est divisé en 4 saisons, (printemps, été, automne, hiver)&amp;nbsp;: &amp;nbsp;en une année, à la fois comme les autres et différente des autres, alors que les jours et les saisons s'égrènent, le couple de Tom et Gerri reste la stabilité au centre de ce petit monde. En une année, ce sont les tourments et les bonheurs de l'existence qui se déroulent autour d'eux&amp;nbsp;: deuil, séparation, rencontre, naissance, dépression...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mike Leigh sait tourner en dérision les situations dramatiques sans que jamais ses personnages soient ridiculisés mais au contraire en &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;faisant des héros du quotidien ( des «&amp;nbsp;héros cachés&amp;nbsp;») de ces êtres perdus qui donnent constamment le change comme Mary ( formidable Lesley Manville), l'amie envahissante du couple ou encore comme &amp;nbsp;Tom le frère qui perd sa femme (très beau personnage digne, tout en silences et pudeur), Ken l'ami qui, comme Mary noie souvent sa solitude dans l'alcool et fait de vaines avances à cette dernière.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des tons doux et lumineux du printemps et de l'été, finit par tourner au gris d'un hiver crépusculaire au cours duquel le vrai visage de Mary se révèle dans un dernier plan aussi simple, profond que bouleversant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;De très bons dialogues et des comédiens excellemment dirigés contribuent enfin à faire de ce film &amp;nbsp;une saison particulière à la fois drôle et nostalgique, et en tout cas profondément humaine et universelle dont la morale à la Voltaire pourrait être «&amp;nbsp;Il faut cultiver notre jardin&amp;nbsp;» (Tom et Gerri y passent ainsi beaucoup de temps au sens propre comme au figuré...&amp;nbsp;: ils s'appliquent ainsi à changer et améliorer ou du moins aider le monde qui les entoure). Un film qui aurait (au moins)&amp;nbsp;mérité&amp;nbsp;un prix du scénario&amp;nbsp; pour son apparente simplicité qui met si bien en valeur la complexité &amp;nbsp;et les tourments cachés de ses personnages.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/16/avant-premiere-critique-de-another-year-de-mike-leigh.html</guid>
<title>Avant-première - Critique de &quot;Another year&quot; de Mike Leigh</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>AVANT-PREMIERES</category>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 11:34:42 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/132026324.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2800427&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/822910452.jpg&quot; alt=&quot;another7.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/1988699030.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2461190&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/02/101969276.2.jpg&quot; alt=&quot;another2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» de Mike Leigh était présenté en compétition du &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com&quot;&gt;Festival de Cannes 2010&lt;/a&gt; où il figurait parmi les favoris. Un vrai mystère puisque très peu d'informations avaient filtré &amp;nbsp;sur ce film avant la projection. Onzième film de Mike Leigh qui fait partie du cercle fermé des réalisateurs ayant déjà obtenu la palme d'or (pour «&amp;nbsp;Secrets et mensonges&amp;nbsp;» en 1996 même si je lui préfère largement «&amp;nbsp;All or nothing&amp;nbsp;») ou encore le prix de la mise en scène pour «&amp;nbsp;Naked&amp;nbsp;» en 1993, «&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;»&amp;nbsp;était ainsi le quatrième film de Mike Leigh en compétition à Cannes. Jim Broadbent, Philip Davis, Imelda Staunton, les acteurs fétiches du réalisateur, sont ainsi de nouveau de la partie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Synopsis&amp;nbsp;:L'histoire d'un couple heureux (Tom, géologue, et Gerri, psychologue&amp;nbsp;!) qui va devoir supporter les tracas de son entourage.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» est avant tout centré sur ses personnages, à la fois communs et atypiques mais en tout cas dépeints avec beaucoup d'humanité, de sensibilité, d'empathie. La caméra scrute habilement et pudiquement leurs visages et le basculement d'une émotion à son contraire que la première masquait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Mike Leigh est particulièrement doué pour capturer les choses de la vie, une mélancolie, une solitude derrière une exubérance. Si son film comme toujours se passe dans un milieu bien particulier (la classe britannique «&amp;nbsp;moyenne&amp;nbsp;», voire pauvre, avec toujours le chômage en arrière-plan) chacun pourra se reconnaître dans l'un de ses personnages vibrants d'humanité, et d'émouvantes contradictions.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Another year&amp;nbsp;» est divisé en 4 saisons, (printemps, été, automne, hiver)&amp;nbsp;: &amp;nbsp;en une année, à la fois comme les autres et différente des autres, alors que les jours et les saisons s'égrènent, le couple de Tom et Gerri reste la stabilité au centre de ce petit monde. 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Un film qui aurait (au moins)&amp;nbsp;mérité&amp;nbsp;un prix du scénario&amp;nbsp; pour son apparente simplicité qui met si bien en valeur la complexité &amp;nbsp;et les tourments cachés de ses personnages.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Le film de la semaine: &quot;Un balcon sur la mer&quot; de Nicole Garcia avec Jean Dujardin et Marie-Josée Croze</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Wed, 15 Dec 2010 01:02:03 +0100</pubDate>
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&lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/184694098.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2783028&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/2469198933.jpg&quot; alt=&quot;balcon1.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quatre ans après «&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2006/05/23/festival-de-cannes-ou-la-consommation-d-images-et-du-reste.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt; Selon Charlie&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;» (alors injustement malmené par la critique, notamment lors de sa présentation en compétition du &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;Festival de Cannes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;), Nicole Garcia revient en tant que réalisatrice avec «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» dans lequel Marc (Jean Dujardin), marié à un professeur (Sandrine Kiberlain), et père d’une petite fille, est agent immobilier dans le Sud de la France. Il mène une vie paisible et confortable jusqu’au jour où, lors d’une visite immobilière, il rencontre une femme mystérieuse (Marie-Josée Croze)&amp;nbsp;représentant un acquéreur. Il pense reconnaître en cette femme énigmatique au charme envoûtant Cathy, l’amour de ses 12 ans, alors qu’il vivait en Algérie, à la fin de la guerre d’indépendance. Après une nuit d’amour la jeune femme disparait et le doute s’empare de Marc sur la réelle identité de cette dernière. Va alors débuter pour lui une quête. Amoureuse et identitaire. En partant à se recherche, c’est avant tout son propre passé enfoui qu’il va (re)trouver.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/2464174931.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2783030&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/3565979269.jpg&quot; alt=&quot;balcon2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une nouvelle fois, Nicole Garcia se penche sur l’enfance, ce qu’il en reste, et sur les méandres de la mémoire et la complexité de l’identité. Tout en finesse. Avec une lenteur appréciable quand le cinéma vise de plus en plus l’efficacité, oubliant d’ailleurs qu’elle n’est pas forcément synonyme de fracas et de vitesse mais parfois de silences et de lenteur, oubliant que le message ou le sujet qu’il véhicule n’en a que plus de force en s’immisçant plutôt qu’en s’imposant bruyamment.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce «&amp;nbsp;balcon sur la mer&amp;nbsp;» est à l’image de la lumière du sud dont il est baigné, d’abord éblouissante puis laissant entrevoir la mélancolie et la profondeur, plus ombrageuse, derrière cette luminosité éclatante, laissant entrevoir aussi ce qui était injustement resté dans l’ombre, d’une beauté a priori moins étincelante mais plus profonde et poignante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;A l’image de la mémoire fragmentaire et sélective de Marc, le passé et la vérité apparaissent par petites touches, laissant sur le côté ce qui devient secondaire. Ainsi peut-on d’abord regretter le caractère elliptique du scénario, par exemple concernant la vie conjugale de Marc, mais cette ellipse se révèle avec le recul un judicieux élément dramatique puisque notre point de vue épouse alors celui de Marc. Sa femme est effacée comme son présent s’efface pour laisser place au passé qui ressurgit. Avec lui, on chemine vers ce balcon sur la mer, vers ce lieu de l’enfance perdue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans doute la présence de Jacques Fieschi, coscénariste (et notamment ancien scénariste de Claude Sautet) n’y est-elle pas étrangère, mais Nicole Garcia est une des rares à savoir raconter des «&amp;nbsp;histoires simples&amp;nbsp;» qui révèlent subtilement la complexité des «&amp;nbsp;choses de la vie&amp;nbsp;». Des idées simples de mise en scène mais qui ont toutes une réelle signification comme ces souvenirs (re)vus à hauteur d’enfant, laissant les adultes et parfois la violence dans les limbes de la mémoire. Une manière délicate de dire l’indicible. De montrer simplement toute l’ambivalence humaine comme le personnage de Marie-Josée Croze qui multiplie ainsi les identités&amp;nbsp;: celle qu’elle endosse en tant que prête-nom, celle qu’elle endosse pour Marc, jouant donc constamment un rôle dans la vie avant de le faire sur scène débarrassée de ses artifices. C’est paradoxalement en jouant qu’elle se trouvera elle-même. En cela, «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» est aussi une véritable mise en abyme de l’imaginaire et donc du cinéma, un hommage à leur pouvoir salvateur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La plus grande réussite du film c’est néanmoins sans aucun doute les choix de Jean Dujardin et Marie-Josée Croze dans les rôles principaux. Le premier incarne Marc à la perfection, traduisant avec beaucoup de justesse et de nuances les doutes de cet homme qui retrouve son passé, son enfance et ainsi un ancrage dans le présent. Il rend son personnage touchant et bouleversant sans jamais forcer le trait et montre une nouvelle fois la large palette de son jeu (ici à mille lieux&amp;nbsp; de &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/03/27/oss-117-rio-ne-repond-plus-de-michel-hazanavicius-critique.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;0SS 117&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; dans lequel il excellait pourtant également), encore inexplorée. Face à lui, Marie-Josée, Croze est plus mystérieuse et incandescente que jamais après le mésestimé &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/03/24/je-l-aimais-de-zabou-breitman-avec-marie-josee-croze-daniel.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je l’aimais&amp;nbsp;» de Zabou Breitman&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. De leur couple se dégage beaucoup de charme, de mystère, mais aussi une forme d’innocence qui renvoie à l’enfance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En toile de fond, l’Algérie, sa violence et la nostalgie qu’elle suscite, et la ville d’Oran où a vécu Nicole Garcia enfant (et d’ailleurs également Jacques Fieschi). Une violente nostalgie qui est aussi celle de ces souvenirs d’enfance et de ces doux regrets qui ressurgissent brutalement et submergent, dans ce sens «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» est un film à la fois très personnel et universel. Le balcon sur la mer&amp;nbsp;: &amp;nbsp;c’est cet endroit secret de nos mémoires qui donne sur les souvenirs d’enfance enfouis, dont la réminiscence est tantôt douloureusement heureuse ou joyeusement douloureuse mais jamais exempte d’émotion. Un balcon sur la mer dont je vous engage à aller respirer l’air iodé, le 15 décembre. Un subtil thriller sentimental au parfum doux, violent et enivrant des souvenirs d’enfance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<title>&quot;Les trois prochains jours&quot; de Paul Haggis: critique et  vidéos de la master class</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Wed, 08 Dec 2010 11:31:42 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/30397062.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2788133&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/2929676032.JPG&quot; alt=&quot;P1020991.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors que la semaine dernière sortait le deuxième film de Fred Cavayé, le désolant &quot;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/11/26/avant-premiere-critique-a-bout-portant-de-fred-cavaye-la-com.html&quot;&gt;A bout portant&lt;/a&gt;,&quot; le remake de son excellent premier film &quot;Pour elle&quot; sort aujourd'hui sur les écrans français.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/04/videos-de-la-masterclass-de-paul-haggis-au-gaumont-parnasse.html&quot;&gt;Cliquez ici pour découvrir mes vidéos de la passionnante masterclass de Paul Haggis&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/04/avant-premiere-critique-les-trois-prochains-jours-de-paul-ha.html&quot;&gt;Cliquez ici pour lire ma critique du film &quot;Les trois prochains jour&quot; de Paul Haggis&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Avant-première -  Critique - « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia avec Jean Dujardin et Marie-Josée Croze</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>AVANT-PREMIERES</category>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Sun, 05 Dec 2010 15:33:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/184694098.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2783028&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/00/2469198933.jpg&quot; alt=&quot;balcon1.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quatre ans après «&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2006/05/23/festival-de-cannes-ou-la-consommation-d-images-et-du-reste.html&quot;&gt; Selon Charlie&lt;/a&gt;&amp;nbsp;» (alors injustement malmené par la critique, notamment lors de sa présentation en compétition du &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com&quot;&gt;Festival de Cannes&lt;/a&gt;), Nicole Garcia revient en tant que réalisatrice avec «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» dans lequel Marc (Jean Dujardin), marié à un professeur (Sandrine Kiberlain), et père d’une petite fille, est agent immobilier dans le Sud de la France. Il mène une vie paisible et confortable jusqu’au jour où, lors d’une visite immobilière, il rencontre une femme mystérieuse (Marie-Josée Croze)&amp;nbsp;représentant un acquéreur. Il pense reconnaître en cette femme énigmatique au charme envoûtant Cathy, l’amour de ses 12 ans, alors qu’il vivait en Algérie, à la fin de la guerre d’indépendance. Après une nuit d’amour la jeune femme disparait et le doute s’empare de Marc sur la réelle identité de cette dernière. Va alors débuter pour lui une quête. Amoureuse et identitaire. En partant à se recherche, c’est avant tout son propre passé enfoui qu’il va (re)trouver.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/2464174931.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2783030&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/3565979269.jpg&quot; alt=&quot;balcon2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une nouvelle fois, Nicole Garcia se penche sur l’enfance, ce qu’il en reste, et sur les méandres de la mémoire et la complexité de l’identité. Tout en finesse. Avec une lenteur appréciable quand le cinéma vise de plus en plus l’efficacité, oubliant d’ailleurs qu’elle n’est pas forcément synonyme de fracas et de vitesse mais parfois de silences et de lenteur, oubliant que le message ou le sujet qu’il véhicule n’en a que plus de force en s’immisçant plutôt qu’en s’imposant bruyamment.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce «&amp;nbsp;balcon sur la mer&amp;nbsp;» est à l’image de la lumière du sud dont il est baigné, d’abord éblouissante puis laissant entrevoir la mélancolie et la profondeur, plus ombrageuse, derrière cette luminosité éclatante, laissant entrevoir aussi ce qui était injustement resté dans l’ombre, d’une beauté a priori moins étincelante mais plus profonde et poignante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;A l’image de la mémoire fragmentaire et sélective de Marc, le passé et la vérité apparaissent par petites touches, laissant sur le côté ce qui devient secondaire. Ainsi peut-on d’abord regretter le caractère elliptique du scénario, par exemple concernant la vie conjugale de Marc, mais cette ellipse se révèle avec le recul un judicieux élément dramatique puisque notre point de vue épouse alors celui de Marc. Sa femme est effacée comme son présent s’efface pour laisser place au passé qui ressurgit. Avec lui, on chemine vers ce balcon sur la mer, vers ce lieu de l’enfance perdue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans doute la présence de Jacques Fieschi, coscénariste (et notamment ancien scénariste de Claude Sautet) n’y est-elle pas étrangère, mais Nicole Garcia est une des rares à savoir raconter des «&amp;nbsp;histoires simples&amp;nbsp;» qui révèlent subtilement la complexité des «&amp;nbsp;choses de la vie&amp;nbsp;». Des idées simples de mise en scène mais qui ont toutes une réelle signification comme ces souvenirs (re)vus à hauteur d’enfant, laissant les adultes et parfois la violence dans les limbes de la mémoire. Une manière délicate de dire l’indicible. De montrer simplement toute l’ambivalence humaine comme le personnage de Marie-Josée Croze qui multiplie ainsi les identités&amp;nbsp;: celle qu’elle endosse en tant que prête-nom, celle qu’elle endosse pour Marc, jouant donc constamment un rôle dans la vie avant de le faire sur scène débarrassée de ses artifices. C’est paradoxalement en jouant qu’elle se trouvera elle-même. En cela, «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» est aussi une véritable mise en abyme de l’imaginaire et donc du cinéma, un hommage à leur pouvoir salvateur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La plus grande réussite du film c’est néanmoins sans aucun doute les choix de Jean Dujardin et Marie-Josée Croze dans les rôles principaux. Le premier incarne Marc à la perfection, traduisant avec beaucoup de justesse et de nuances les doutes de cet homme qui retrouve son passé, son enfance et ainsi un ancrage dans le présent. Il rend son personnage touchant et bouleversant sans jamais forcer le trait et montre une nouvelle fois la large palette de son jeu (ici à mille lieux&amp;nbsp; de &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/03/27/oss-117-rio-ne-repond-plus-de-michel-hazanavicius-critique.html&quot;&gt;0SS 117&lt;/a&gt; dans lequel il excellait pourtant également), encore inexplorée. Face à lui, Marie-Josée, Croze est plus mystérieuse et incandescente que jamais après le mésestimé &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/03/24/je-l-aimais-de-zabou-breitman-avec-marie-josee-croze-daniel.html&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je l’aimais&amp;nbsp;» de Zabou Breitman&lt;/a&gt;. De leur couple se dégage beaucoup de charme, de mystère, mais aussi une forme d’innocence qui renvoie à l’enfance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En toile de fond, l’Algérie, sa violence et la nostalgie qu’elle suscite, et la ville d’Oran où a vécu Nicole Garcia enfant (et d’ailleurs également Jacques Fieschi). Une violente nostalgie qui est aussi celle de ces souvenirs d’enfance et de ces doux regrets qui ressurgissent brutalement et submergent, dans ce sens «&amp;nbsp;Un balcon sur la mer&amp;nbsp;» est un film à la fois très personnel et universel. Le balcon sur la mer&amp;nbsp;: &amp;nbsp;c’est cet endroit secret de nos mémoires qui donne sur les souvenirs d’enfance enfouis, dont la réminiscence est tantôt douloureusement heureuse ou joyeusement douloureuse mais jamais exempte d’émotion. Un balcon sur la mer dont je vous engage à aller respirer l’air iodé, le 15 décembre. Un subtil thriller sentimental au parfum doux, violent et enivrant des souvenirs d’enfance.&lt;/p&gt;
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<title>Avant-première –Critique-« Les trois prochains jours » de Paul Haggis, remake de « Pour elle » de Fred Cavayé</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Sat, 04 Dec 2010 22:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/30397062.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2782064&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/2929676032.JPG&quot; alt=&quot;P1020991.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/633717905.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2782068&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/02/1654734370.2.jpg&quot; alt=&quot;prochain.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est le 8 décembre que sortira en salles «&amp;nbsp;Les trois prochains jours&amp;nbsp;» de Paul Haggis, remake de l’excellent «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;» de Fred Cavayé, lequel vient justement de sortir le décevant &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/11/26/avant-premiere-critique-a-bout-portant-de-fred-cavaye-la-com.html&quot;&gt;«&amp;nbsp;A bout portant&lt;/a&gt;&amp;nbsp;». Dans les trois cas, il s’agit pour un homme ordinaire plongé dans une situation extraordinaire de sauver sa femme dans un court laps de temps. Toute comparaison hitchcockienne s’arrêtera là…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l’occasion de cette avant-première, Paul Haggis était cette semaine au Gaumont Parnasse pour présenter son film mais aussi pour une passionnante master class (dont vous pouvez retrouver &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/04/videos-de-la-masterclass-de-paul-haggis-au-gaumont-parnasse.html&quot;&gt;mes vidéos en cliquant ici).&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans «&amp;nbsp;Les trois prochains jours&amp;nbsp;», John Brennan (Russell Crowe), sa femme Lara (Elisabeth Banks) et leur enfant vivent apparemment heureux dans le meilleur des mondes. Enfin, pas vraiment le meilleur des mondes puisqu’une femme est assassinée, un meurtre pour lequel Lara est arrêtée. Elle nie mais elle est condamnée. Son fils s’éloigne de plus en plus d’elle et trois ans après la condamnation, John continue à se battre pour prouver l'innocence de sa femme. Lorsque leur dernière tentative d'appel échoue, Lara s'enfonce dans la dépression et tente même de mettre fin à ses jours. &amp;nbsp;Pour John, il n’y a donc plus qu’une seule issue&amp;nbsp;: la faire évader. Sa dernière chance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;A première vue, le pitch est le même que celui de l’original de Fred Cavayé dans lequel Lisa (Diane Krüger) et Julien (Vincent Lindon) formaient un couple heureux et amoureux, avec leur fils Oscar. Un matin, brusquement, leur vie basculait dans l’absurdité et l’horreur lorsque la police débarquait chez eux pour arrêter Lisa, accusée de meurtre puis condamnée à vingt ans de prison. Julien, professeur et fils mal aimé de son état, était alors être prêt à tout pour&amp;nbsp; la faire évader.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aussi talentueux que soit Paul Haggis en tant que scénariste, cela fonctionne pourtant moins bien que dans l’original. Tout d’abord, même si j’ai horreur des films qui se réduisent à un slogan celui de «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;» &amp;nbsp;«&amp;nbsp;Jusqu’où iriez-vous par amour?» &amp;nbsp;était terriblement efficace. C’était pour elle que Julien allait au-delà des frontières. De la raison. De la légalité. Du Bien et du Mal. C’est également «&amp;nbsp;pour elle&amp;nbsp;» qu’agit John mais l’accent est ici davantage mis, à l’image du titre, sur le temps imparti. Il semble davantage agir contre le temps et pour son fils que «&amp;nbsp;pour elle&amp;nbsp;».&amp;nbsp; Par ailleurs, là où Vincent Lindon était montré immergé dans son milieu professionnel, en tant que professeur, renforçant la crédibilité du personnage, Russell Crowe (qu’il est d’emblée plus difficile d’imaginer dans ce rôle) ne l’est montré que furtivement, si bien que le fossé entre sa vie d’avant et l’acte qu’il commet et la violence dans laquelle il bascule est moins important, et donc moins fort à l’écran.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme Fred Cavayé, Paul Haggis s’est beaucoup attaché à créer une sensation d’enfermement, faisant de Pittsburgh un personnage à part entière. Lors de la master class, Paul Haggis a ainsi expliqué que la ville était comme une forteresse et que, lorsque John tente de s’enfuir, la ville se referme comme une prison sur lui.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malheureusement Russel Crowe n’a pas ce mélange de force et de fragilité, de détermination et de folie que Vincent Lindon dégageait pour ce rôle occupant, consumant, magnétisant l’écran et notre attention, tellement le personnage qu’il incarnait, à qui il donnait corps (sa démarche, son dos parfois voûté ou au contraire droit menaçant, ses regards évasifs ou fous mais suffisamment nuancés dans l’un et l’autre cas ) et vie semblaient ne pouvoir appartenir à aucun autre. Il est d’ailleurs intéressant de voir que Russell Crowe reproduit cette démarche mais contrairement à ce que souhaitait Paul Haggis ne me semble pas «&amp;nbsp;disparaître dans le rôle» mais toujours porter avec lui sa mythologie d’acteur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En nous montrant cet homme lui aussi dans une prison, &amp;nbsp;celle de sa folie amoureuse (pléonasme ou antithèse : à vous de voir), celle de son incommunicabilité de sa douleur (avec son père, notamment), Paul Haggis nous le désigne comme &amp;nbsp;lui aussi enfermé, dans son cauchemar, si bien que la vie extérieure est à dessein ici totalement absente. La relation paternelle est aussi au centre de l’histoire. Ce sont aussi deux pères (comme dans l’original) qui vont très loin par amour. A leur manière.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’adaptation de Paul Haggis est davantage un film d’action qu’un thriller sentimental. Paul Haggis, avec cette version plus longue de 40 minutes que l’original, s’est davantage concentré sur le thème de la croyance, John croyant en elle envers et contre tout et tous. Un parti pris intéressant qui évite l’écueil du manichéisme mais qui ne diffère pas suffisamment de celui de l’original pour y apporter réellement un supplément d’âme ou de noirceur. Un film prenant, au moins, qui sera sans doute même haletant pour ceux qui n’ont pas vu l’original que je lui préfère néanmoins.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous laisse découvrir dans ma note précédente &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/12/04/videos-de-la-masterclass-de-paul-haggis-au-gaumont-parnasse.html&quot;&gt;les vidéos de la master class&lt;/a&gt;. &amp;nbsp;Outre de précieux conseils aux scénaristes et autres artisans du cinéma en devenir&amp;nbsp;comme croire en l’impossible et faire de ce que l’on souhaite créer une obsession (conseils suivis à la lettre par moi-même&amp;nbsp;avant même&amp;nbsp;qu'il les ait délivrés:-)), il est revenu sur sa prestigieuse carrière…&lt;/p&gt;
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<title>Le film de la semaine-Critique- &quot;Toscan&quot; d'Isabelle Partiot-Piéri: portrait d'un être libre</title>
<link>http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2010/11/28/le-film-de-la-semaine-critique-toscan-d-isabelle-partiot-pie.html</link>
<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 20:18:23 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Dans mon récapitulatif des sorties de la semaine, j'ai honteusement oublié LE film à ne pas manquer cette semaine découvert à Cannes. Retrouvez ma critique ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/3893091311.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2746072&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/2940227139.jpg&quot; alt=&quot;toscan2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Isabelle Partiot-Pieri s'est penchée sur des centaines d'heures d'interviews pour dresser le portrait de ce dandy flamboyant, amoureux fou de la vie et du cinéma, complexe, cultivé, enthousiaste.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est dans le cadre de la section &lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0c678e;&quot;&gt;Cannes Classics&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; que j'ai découvert ce passionnant &amp;nbsp;documentaire réalisé par Isabelle Partiot-Pieri en présence du Ministre de la Culture, d'Abbas Kiarostami, Juliette Binoche et de nombreux amis du producteur décédé en 2003.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au-delà du portrait de l'homme c'est aussi celui d'une vision du cinéma qui semble s'être éteinte avec lui. Un cinéma défendu avec énergie, enthousiasme, conviction contre vents et marées, contre le scepticisme des uns ou l'incrédulité des autres. Etrange sensation que de voir ce film à Cannes où il a si souvent promené son inimitable silhouette, Cannes qu'il définit comme un passage aussi nécessaire qu'effrayant, le plaisir d'y être étant selon lui le même que celui éprouvé par «&amp;nbsp;un lapin le premier jour de la chasse&amp;nbsp;». A voir la violence lunatique et souvent surjouée du public cannois, il est assez facile d'imaginer la terrible épreuve que cela peut représenter pour un producteur qui aimait autant ses films et les cinéastes qu'il défendait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au fil du documentaire se dessine le portrait d'un homme qui aime les mots, a le sens de la formule, cite Guitry, Cocteau, Nietzsche et bien d'autres mais aussi d'une personnalité complexe qui, au détour d'une émission, avoue que ce qu'il dissimule derrière son enthousiasme c'est finalement une forme d'indifférence. Impossible de le croire indifférent au cinéma pourtant tant il le défend comme si sa vie en dépendait, qu'un film existe (indépendamment de toute considération commerciale) étant pour lui plus important que tout, s'évertuant à toujours tout ramener à son enthousiasme et sa passion pour un film quand les journalistes veulent absolument lui faire parler d'argent et d'intérêt commercial.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/696583215.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2746083&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/00/00/2451597299.jpg&quot; alt=&quot;toscan3.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En parallèle de son portrait se dessine aussi une magnifique définition du cinéma, quête d'éternité, de vérité. Toscan du Plantiers ne voulait pas entraver la liberté des auteurs mais au contraire les porter, profondément admiratif de ces êtres libres que sont selon lui les artistes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un être libre&amp;nbsp;: c'est d'ailleurs ainsi que l'on a avant de le définir à l'issue de ce beau portrait&amp;nbsp;. Il cite ainsi Cocteau «&amp;nbsp;Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi&amp;nbsp;». &amp;nbsp;Amoureux des mots, du cinéma, de musique et d'opéra, des actrices (il épousa ainsi Marie-Christine Barrault mais fut aussi notamment le compagnon d'Isabelle Huppert) de la vie tout simplement pour lui indissociable du cinéma, une vie dont il a &amp;nbsp;traversé les drames avec beaucoup de dignité (et notamment l'assassinat de son épouse en Irlande, une affaire qui revient d'ailleurs actuellement sur le devant de la scène).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Directeur général de la Gaumont à 35 ans, président de la Cinémathèque de Toulouse (devenu la 4&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; au monde), président de l'Académie des arts et technique du cinéma (César), co-fondateur du Festival du Film de Marrakech, s'essayant à la mise en scène lyrique avec «&amp;nbsp;Don Giovanni&amp;nbsp;» il est aussi indissociable des films et des cinéastes qu'il a ardemment défendus&amp;nbsp;: Losey, Fellini, Greenaway, Zulawski, Bergman, Fassbinder...et surtout Pialat qu'il accompagnait lors de la fameuse palme d'or 1987 pour «&amp;nbsp;Sous le soleil de Satan&amp;nbsp;» reçue sous les applaudissements et les sifflets. Celui pour qui le cinéma c'était avant tout «&amp;nbsp;faire devenir réalité une utopie&amp;nbsp;» en a accompagné tant de sublimes et incontournables.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une très belle leçon de vie et de cinéma en un lieu où la parole est un peu trop souvent convenue et cynique et l'enthousiasme suspicieux. Une belle réussite aussi au sens nietzschéen (une phrase qu'il cite d'ailleurs)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;deviens ce que tu es&amp;nbsp;». &amp;nbsp;Un documentaire dont on ressort avec l'envie de dévorer l'existence et une soif encore plus insatiable de cinéma. Le portrait d'un homme libre, rare et élégant... dans tous les sens du terme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A voir absolument en salles le 1er décembre!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Avant-première – Critique – « A bout portant » de Fred Cavayé : la comédie de l’année ?</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Fri, 26 Nov 2010 01:15:49 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/528114376.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2767574&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/00/2838477913.jpg&quot; alt=&quot;portant.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ayant beaucoup apprécié le premier film de Fred Cavayé, le nerveux, efficace, rythmé et haletant «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;» sorti en 2008 qui, par ailleurs, marquait la naissance d’un cinéaste français imprégné de cinéma américain initiant un film de genre et son genre de film bien à lui, j’étais impatiente de découvrir son deuxième film «&amp;nbsp;A bout portant&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans&amp;nbsp; «&amp;nbsp;A bout portant&amp;nbsp;», tout va pour le mieux pour Nadia (Elena Anaya) et Samuel (Gilles Lellouche)&amp;nbsp;: lui va bientôt passer les examens pour devenir infirmer, elle est enceinte de leur premier enfant et ils sont visiblement très amoureux. Tout bascule le jour où un truand recherché, un certain Hugo Sartet-Roschdy Zem- (un nom de famille qui rappellera quelqu’un aux cinéphiles) est hospitalisé dans le service de Samuel. Chez lui, Samuel est brutalement agressé. Sa femme est kidnappée. Samuel a alors trois heures pour sortir Sartet, alors sous surveillance policière, de l’hôpital…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà un pitch plutôt alléchant qui nous en rappelle d’ailleurs un autre. Celui du premier film de Fred Cavayé. Même basculement brusque d’un quotidien joyeux et tranquille dans l’absurdité et dans l’horreur. Même principe hitchcockien d’un homme ordinaire plongé dans une situation horriblement extraordinaire. Scène similaire du début pour nous montrer un couple amoureux dans son quotidien. Même recours à un slogan, hier «&amp;nbsp;Jusqu’où iriez-vous par amour&amp;nbsp;?», aujourd’hui «&amp;nbsp;Il a trois heures pour sauver sa femme.&amp;nbsp;» Chacun des deux slogans peuvent d’ailleurs s’appliquer pareillement aux deux films, de même que les titres également interchangeables, «&amp;nbsp;A bout portant&amp;nbsp;», aurait très bien pu s’intituler «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;». La comparaison s’arrête là.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’abord, qu’on arrête de comparer le cinéma français au cinéma américain, toujours au profit du second. Le cinéma français est justement intéressant (oui, il l’est) quand il conserve sa spécificité et non quand il cherche, souvent vainement, à singer une caricature du cinéma américain. D’ailleurs, Fred Cavayé n’aime pas seulement le cinéma américain puisqu’il cite ouvertement Verneuil en nommant le personnage de Roschdy Zem Sartet (Alain Delon s’appelle Roger Sartet dans «&amp;nbsp;Le Clan des Siciliens&amp;nbsp;» d’Henri Verneuil). Sorte de personnage melvillien imperturbable, le Sartet de Fred Cavayé n’est guère plus loquace et expansif que celui de Verneuil. Là aussi, la comparaison s’arrête là.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un pitch accrocheur. De brillantes références (qui s’avèreront présomptueuses). Une noble ambition.&amp;nbsp; Et tout cela s’avère être finalement un décevant trompe l’œil. Comme si le film lui-même était la bande-annonce du long-métrage intéressant qu’il aurait pu être. Le film ne correspond d’ailleurs pas à son slogan puisque les trois heures fatidiques seront bien vite mises de côté au profit d’une course poursuite &amp;nbsp;harassante qui nous hypnotise et nous ferait presque oublier la vacuité du scénario et l’enjeu initial qui n’a finalement plus aucun intérêt.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Premier problème&amp;nbsp;: l’absence totale de vraisemblance. L’injection d’adrénaline que Sartet a reçue doit être bigrement efficace pour qu’il se rétablisse aussi vite, et passe du statut de presque mort à celui de champion olympique capable de braver les pires poursuivants. Sans parler de la facilité avec laquelle il entre dans l’antre des policiers alors que son portrait de truand recherché &amp;nbsp;est&amp;nbsp; absolument partout. Ni de celle avec laquelle une femme enceinte ( de 7 mois et demi pour corser l’affaire et ne devant absolument pas bouger de chez elle) résiste à la violence physique et morale puis se rebelle avec une même violence. Le summum est quand même atteint avec cette bande de flics ripoux à la tête desquels se trouve Gérard Lanvin tous sur le même moule psychologique&amp;nbsp;( corrompus, impitoyables, violents) et agissant au siège même de la police sans que personne ne s’en aperçoive (&amp;nbsp;!!). A part la corruption qui les anime entièrement, on ne saura jamais qui ils sont. D’ailleurs tout le film est à cette image. Comme si les personnages correspondaient à des prototypes pas vraiment incarnés. Il y a les flics ripoux impitoyables. L’homme ordinaire dans la situation extraordinaire. Le truand brutal et hiératique (pensez donc il ne bronche même pas en découvrant la mort de son frère). La femme enceinte terrifiée qui ne comprend rien et qui subitement comprend tout sans qu’on lui ait rien expliqué (le film est très avare de dialogues).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Passons encore sur l’invraisemblance, la vraisemblance n’était pas la condition sine qua non d’un bon film. Après tout sans doute l’amour, la vengeance &amp;nbsp;donnent-ils des ailes à notre infirmier/superman en devenir. Seulement 1H24 de courses-poursuites, pour nous dire que l’homme ordinaire plongé dans une situation extraordinaire peut se surpasser perdant toute notion de morale ou de bien ou de mal, suffisent-elles à faire un film&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et 1H24 peut être très longue avec presque pas de dialogues ou alors eux aussi absurdes «&amp;nbsp;Ma femme est enceinte&amp;nbsp;» ( dit par un Gilles Lellouche affolé, yeux globuleux de rigueur, comme si à 7 mois et demi personne ne s’en était aperçu) ou «&amp;nbsp;Qu’est-ce que vous faîtes&amp;nbsp;», (un automobiliste parterre affolé venant de se faire voler sa voiture). Melville a pourtant montré qu’on peut très bien se passer de dialogues (cf la longue et palpitante scène du casse dans «&amp;nbsp;Le Cercle rouge&amp;nbsp;») seulement n’est pas Meville ou Verneuil qui veut. &amp;nbsp;Jamais la tension ne retombe si bien qu’à être constamment sur la même note, il n’y a plus de crescendo ou de decrescendo, la note en question perd toute force et sa répétition finit par &amp;nbsp;ennuyer. Un comble pour un film d’action qui n’aspire justement qu’à divertir. Fred Cavayé et ses mouvements de caméra frénétiques ne ménage pourtant pas ses efforts pour que nous aussi nous sentions «&amp;nbsp;à bout portant&amp;nbsp;», suffoqués, prisonniers de ce qui aurait dû être ou en tant ou cas était initialement annoncé comme un inéluctable compte à rebours.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement&amp;nbsp;: Roschdy Zem, comme toujours excellent, est là pour essayer de tenter de sauver le film. Il met toute l’intensité qu’il peut dans son rôle stéréotypé et silencieux. La relation qui le lie à Samuel lié à lui par la force des choses aurait pu être passionnante, mais ils semblent coexister sans que rien ne se passe. Les seconds rôles ont visiblement été négligés au profit de l’action tant là encore les interprétations manquent de nuances (mais comment faire exister des personnages qui ne parlent pas et ne sont que des stéréotypes&amp;nbsp;?).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis même demandée s’il ne s’agissait pas d’une parodie tant ce film est une caricature de blockbusters américains&amp;nbsp;: absence de dialogues ou alors dialogues ineptes, absence de psychologie, musique omniprésente, pitch en forme de slogan sans réel rapport avec le film, scènes violentes finalement ridicules, fin morale et rassurante etc. Non, pourtant, ce film est dramatiquement sérieux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En bref, une injection d’adrénaline pour nous en mettre plein la vue et nous anesthésier, nous garder, nous aussi, artificiellement éveillés. Un écran de fumée pour masquer une absence totale de scénario, de psychologie, de dialogues, d’enjeu. Je ne pense pas que le cinéma français consiste à «&amp;nbsp;parler dans une cuisine&amp;nbsp;» (boutade introductive à la projection de Fred Cavayé, et quand bien même, une conversation dans une cuisine peut s’avérer plus palpitante qu’une course-poursuites), pas plus que le cinéma américain consiste à des courses-poursuites sans dialogues et des personnages sans consistance. Ma déception a été à la hauteur de mon attente et de l’enthousiasme que j’avais éprouvé en voyant «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;», espérons que le troisième film de Fred Cavayé saura prendre le meilleur de l’un et de l’autre, et de son premier film pour nous faire oublier le second!&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2008/12/05/pour-elle-de-fred-cavaye-pour-lui.html&quot;&gt;Cliquez ici pour lire ma critique de «&amp;nbsp;Pour elle&amp;nbsp;» de Fred Cavayé&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Avant-première - Critique de « Mon Pote » de Marc Esposito avec Edouard Baer et Benoît Magimel</title>
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<author>noreply@inthemoodforcinema.com (Sandra Mézière)</author>
<category>CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2010</category>
<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 14:55:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/284571772.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2761693&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/02/02/2359942889.jpg&quot; alt=&quot;pote.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec &amp;nbsp;«&amp;nbsp;Mon pote&amp;nbsp;», Marc Esposito signe son cinquième film après «&amp;nbsp;Le cœur des hommes&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Toute la beauté du monde&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Le cœur des hommes 2&amp;nbsp;» et un documentaire sur Patrick Dewaere.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Victor (Edouard Baer) est le patron d’un magazine automobiles. Un jour, il va parler de son travail dans une prison. Un ancien voleur de voitures, Bruno (Benoît Magimel), inconditionnel de son magazine, glisse un papier dans sa poche lui demandant de l’embaucher afin qu’il puisse bénéficier d’une liberté conditionnelle. Victor accepte. Une amitié naît entre les deux hommes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon pote est à l’image de ses personnages. &amp;nbsp;Fort sympathique. A l’image de cette année cinéma aussi. Jalonnée de films sympathiques mais pas de chefs d’œuvre qui vous chavirent le cœur, vous estomaquent, vous bouleversent, vous époustouflent. Un seul film, peut-être deux, &amp;nbsp;cette année pourrait à mon avis entrer dans cette catégorie et je pense que venu le moment du bilan de cette année, il me sera bien difficile de trouver 10 films incontournables alors que les années passées c’était un crève-cœur de n’en choisir que 10. Le résultat d’un cinéma de plus en plus frileux, formaté, soumis aux diktats des chaînes de télévision&amp;nbsp;? Peut-être mais je m’égare…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Revenons à ce «&amp;nbsp;pote&amp;nbsp;» très sympathique donc. Marc Esposito s’est donc inspiré d’une histoire vécue, sa rencontre, alors qu’il était critique pour le magazine «&amp;nbsp;Première&amp;nbsp;», avec Jean-Luc Levesque, ancien détenu, qui lui avait également demandé de l’embaucher lorsqu’il était intervenu dans sa prison. D’abord maquettiste à Première, ce dernier est ensuite devenu directeur artistique de Studio Magazine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marc Esposito aime les acteurs et les amitiés viriles et mettre en valeur les uns et les autres, sonder le cœur des hommes, et chaque seconde de son film en témoigne. Le plaisir, la jubilation même, avec lesquels il les filme transpire dans chaque plan, d’ailleurs souvent des plans séquences, souvent des plans frontaux pour donner le sentiment de la vie d’après son auteur. Si le film est certes très vivant, ses personnages TOUS aussi sympathiques les uns que les autres (les truands ressemblent à des enfants de chœur) sont en revanche très éloignés de la vraie vie autant que du cinéma de Claude Sautet (vous le savez, ou pas, ma référence) que cite souvent Marc Esposito. Peut-être aurait-il d’ailleurs été plus intéressant que la toile de fond soit un journal de cinéma et non un journal automobiles, afin que son regard sur le milieu qui l’entoure soit plus acéré, moins complaisant et admiratif&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour que nous ayons l’impression de voir se dérouler sous nos yeux des choses de la vie, il aurait sans doute fallu plus de nuances, d’aspérités et que les deux compères connaissent plus d’obstacles…mais après tout c’est un parti pris. Et surtout les deux acteurs principaux sont tellement réjouissants et parfaits dans leurs rôles qu’ils empêchent l’ennui de s’installer&amp;nbsp;: Edouard Baer enfin dans un rôle plus mature –du moins au début- et autoritaire et Benoît Magimel dans un personnage plus fragile. Les personnages féminins, plus effacés, ne sont là que pour les mettre en valeur, Marc Esposito a néanmoins eu la judicieuse idée de faire appel à deux actrices inconnues du grand public&amp;nbsp;: Léonie Simaga et Diane Bonnot. Sans doute en prévision du deuxième «&amp;nbsp;volet&amp;nbsp;» intitulé «&amp;nbsp;Ma copine&amp;nbsp;» où les femmes auront les rôles principaux et les hommes un rôle secondaire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Notons que la musique (signée Calogero quand il ne s’agit pas de reprises comme Marc Esposito y est accoutumé afin d’inscrire le film dans notre époque comme «&amp;nbsp;This is the life&amp;nbsp;» d’Amy Mc Donald) est parfois un peu trop présente.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si vous avez envie d’un film bienveillant, tendre, sympathique, plein d’empathie, vivant (mais pas forcément très ancré dans la «&amp;nbsp;vraie vie&amp;nbsp;»), d’une nouvelle histoire de potes (décidément à la mode, et gageons sans prendre trop de risques que celle-ci aussi connaîtra un franc succès) décrite et filmée comme une histoire d'amour&amp;nbsp;et d’un homme qui lui aussi voulait vivre sa vie et pour qui le chemin du bonheur n’est pas forcément moral mais quelque part entre le respect des routes tracées et le franchissement des lignes blanches, alors ce «&amp;nbsp;pote&amp;nbsp;» devrait vous ravir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;BONUS: Critique de &quot;Toute la beauté du monde&quot; de Marc Esposito&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/1796128925.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2761695&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcinema.com/media/01/02/4033946881.jpg&quot; alt=&quot;beauté.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toute la beauté du monde nous promet Marc Esposito, en nous précisant dès la bande annonce qu’il s’agit d’une « histoire d’amour » qu’il a écrite et réalisée. Ambitieux programme, mais de la part du réalisateur qui avait si bien su sonder le &quot;cœur des hommes&quot; dans le film homonyme, je m’autorise à penser qu’il n’est pas si présomptueux et pas totalement irréaliste. Un film qui ose se revendiquer romantique et refléter toute la beauté du monde est paradoxalement audacieusement à contre courant et attise déjà ma curiosité d’esthète et d’utopiste invétérées. La beauté, « la promesse du bonheur » pour Stendhal. C’est donc le cœur battant que je pars à la découverte de toute la promesse du bonheur du monde, un peu comme je partirais &lt;em&gt;Sur la route de Madison&lt;/em&gt;, perfection du genre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le film débute sur un ciel azuré, sans nuages, qui ne vont néanmoins pas tarder à apparaître et à l’obscurcir temporairement… En effet, les protagonistes de l’histoire ne sont pas ici quatre hommes liés par une indéfectible et réconfortante amitié comme dans &lt;em&gt;Le Cœur des hommes&lt;/em&gt;, mais une femme (Tina interprétée par Zoé Félix qui jouait déjà dans &lt;em&gt;Le Cœur des hommes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de même que&amp;nbsp;Marc Lavoine qui y interprétait par ailleurs un personnage aux antipodes de celui qu’il interprète ici) dont le mari vient de mourir dans un accident de voiture, et un homme Franck (Marc Lavoine) qui va s’évertuer à lui redonner le goût de la vie, et de l’amour. Franck est un ami de son frère qui avant même de la connaître va lui conseiller de partir à Bali, troisième protagoniste de l’histoire, symbole de toute cette beauté du monde en laquelle elle ne croit plus. Franck qui a eu un véritable coup de foudre pour Tina, va donc la retrouver là-bas d’abord pour la guider à travers cette île à la beauté incandescente, tout en mettant de côté ses sentiments qu’elle se refuse à partager, persuadée que son mari restera l’unique amour de sa vie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marc Esposito semble tellement subjugué par Bali que cet amour-là étouffe celui qu’il veut nous raconter, et toute cette beauté du monde au lieu de faire émerger ou de cristalliser les sentiments les submerge plutôt. Son film qui a le louable objectif d’être une comédie romantique (louable car&amp;nbsp;finalement plutôt&amp;nbsp;politiquement incorrect) se rapproche alors malheureusement davantage du roman photo que du film romantique avec une redondance de plans de lunes, de ciels, d’étoiles, qui frôlent le ridicule car au lieu de sublimer et reflèter&amp;nbsp;la relation&amp;nbsp;&amp;nbsp;et l'intériorité tourmentée&amp;nbsp;de Franck et Tina&amp;nbsp;comme ils auraient pu le faire, ils&amp;nbsp;créent une distanciation et une rupture. Redondance de plans tout court d’ailleurs, Marc Esposito n’étant apparemment pas parvenu à choisir entre tous les plans d’ensemble de l’île qu’il vénère, et tous les plans des pérégrinations à moto de ses personnages à travers les rizières, si bien que cela disperse l’attention, et empêche l’émotion de s’installer, et le spectateur d’être en empathie pour ces personnages à fleur de peau auquel nous aurions tellement aimé nous attacher tant ils savent être touchants quand la caméra se pose sur eux et oublie son aveuglement admiratif pour Bali. D’ailleurs la dernière partie du film qui se déroule en Provence est plus intéressante car vraiment recentrée sur les deux personnages et le dilemme de Tina. Redondance enfin de la musique qui masque au lieu de révéler.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si le film frôle seulement le ridicule sans jamais l’atteindre c’est parce que en émane une telle sincérité, malgré la justesse parfois aléatoire du jeu de Zoé Félix, que, malgré tous ses défauts, je ne parviens pas à ne pas l’aimer. (A propos notez que Jean-Pierre Darroussin est encore une fois d’une justesse remarquable et ses répliques d’une saveur jubilatoire.) Défauts d’une touchante maladresse donc. Touchante maladresse comme celle de ce personnage si attachant interprété par Marc Lavoine, sorte de bon samaritain, d’une douceur, d’une patience, d’un altruisme et d’un amour désintéressés qui forcent l’admiration, l’incrédulité diront certains. Les dialogues eux aussi sont parfois d’une maladroite simplicité, à l’image du personnage principal étouffé par cet amour qui s'impose à lui comme une évidence, et à cause duquel il paraît avoir soudain &quot;huit mots de vocabulaire et deux de QI&quot;. Après tout peut-être n'existe-t-il tout simplement pas de mots pour &quot;dire&quot; la beauté, la beauté de ces paysages idylliques ou de ces&amp;nbsp;sentiments suffocants,&amp;nbsp;ineffables émotions? La beauté se ressent. Un sourire impromptu. Un paysage sublime. Un moment d’abandon. Une main se laissant frôler et prendre. L’aveu impossible de l’évidence alors. Cela peut paraître mièvre ou naïf. Peut-être…Marc Esposito aura au moins eu le courage de sa naïveté, le courage d’aller à contre-courant du cynisme ambiant et finalement plus facile. Tout simplement probablement a-t-il été submergé par cette intransmissible beauté qu’il voulait tout à la fois suggérer, montrer, sublimer, sans avoir malheureusement su choisir. Submergé aussi probablement par la magnifique expérience que fut ce tournage (à tel point qu'il a tenu à le souligner dans le générique) et qu'il a peut-être inconsciemment davantage réussi à nous faire partager que le cheminement de ses personnages. Réaliser c'est malheureusement aussi et surtout choisir, choix certes cornélien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors aura-t-il été à la hauteur de son utopique promesse ? Peut-être pas. Il aura cependant au moins eu le courage de la formuler…et rien que pour cela, sa promesse est déjà une esquisse de toute la beauté du monde qu’il aspirait à nous faire partager, une promesse en laquelle il nous donne envie de croire -et c’est déjà beaucoup- et que je vous engage à découvrir, même si vous lui préfèrerez forcément la sublime, inoubliable et inégalable route de Madison.&lt;/p&gt;
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