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  • La grille de programmation du Festival Lumière de Lyon 2010

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    Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce festival et de son édition 2010. Je vous invite à découvrir la grille de programmation avec, en ouverture, le 4 octobre, à 20H  des projections surprises suivies de Chantons sous la pluie (1952), en présence du réalisateur Stanley Donen à  qui un hommage sera rendu et, en clôture, à 15h, le dimanche 10 octobre, "Le Guépard" de Luchino Visconti en présence de Claudia Cardinale et (sous réserve) d'Alain Delon. A l'occasion de l'hommage rendu à Visconti dans le cadre du festival retrouvez le cycle Visconti sur inthemoodforcinema.

    Cliquez ici pour télécharger l'impressionnant programme du Festival Lumière de Lyon 2010

     

  • Critique de « Ludwig ou le Crépuscule des dieux » de Luchino Visconti : un opéra funèbre d’une vertigineuse beauté

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    A l’occasion de l’hommage à Visconti rendu prochainement par le Festival Lumière de Lyon et suite à mon dossier sur « Le Guépard », je vous propose aujourd’hui la critique d’un autre chef d’œuvre de Luchino Visconti, son dernier (même s’il réalisa encore deux films ensuite) datant de 1972 : « Ludwig ou le Crépuscule des dieux ». Coproduction italienne, française et allemande, il s’agit du dernier volet de sa trilogie allemande également composée des « Damnés » (1969) et de « Mort à Venise » (1971). Visconti voulait initialement réaliser l’adaptation de « A la recherche du temps perdu » de Proust mais, faute de financements, en attendant que ce projet puisse voir le jour, il décide de tourner « Ludwig ». D’une durée initiale de 3H40 le film sort en France avec une durée de 3H, encore davantage malmené, contre les vœux de Visconti, pour la sortie en Allemagne. Après la mort de Visconti, le film est vendu aux enchères par les producteurs en faillite et est adjugé pour 68 millions de lires à des proches du cinéaste qui se cotisent, avec le soutien de la RAI, afin de récupérer l’intégralité des bobines. Après la mort de Visconti, Ruggero Mastroianni et Suso Cecchi d’Amico remonteront une version approchant des quatre heures et dix minutes d’origine.

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     Ludwig (Helmut Berger) c’est le portrait tragique du roi Louis II, devenu, à 19 ans, en 1864, roi de Bavière, royaume allemand encore autonome, entre la Prusse  et l'empire austro-hongrois. Sa rencontre avec Wagner (Trevor Howard),  la même année, va bouleverser l’existence de l’un et de l’autre. Le roi y trouvant une amitié et un sujet d’admiration, le compositeur un riche et puissant mécène contribuant à son succès. Epris de sa cousine l’impératrice Elisabeth d’Autriche (Romy Schneider) qui, comme Wagner, le décevra, il se fiance avec sa sœur Sophie (Sonia Petriva) avant de rompre les fiançailles puis de sombrer dans la solitude et la démence.

     Comment parler d’un film dont chaque plan est un tableau somptueux et dont chaque seconde est un hymne à la beauté qui imposent le silence ? Comment rendre hommage à ce chef d’œuvre fascinant ? Aucun mot sans doute ne pourra transcrire ce que les images de Visconti célèbrent magnifiquement, visuellement et musicalement. Dès les premiers plans, cela vous heurte et vous subjugue tout à la fois, et vous coupe le souffle : une magnificence visuelle tragique et ensorcelante. Le visage du roi, d’une beauté d’abord jeune mais grave et mélancolique déjà. Des scènes entrecoupées de plans fixes de témoins de l’Histoire et de son histoire qui s’expriment face à nous, le visage à demi dans la pénombre, voilé à l’image de la vérité que, sans doute, ils trahissent. Ils nous prennent alors à témoin de la folie de ce roi ou en tout cas de ce que eux appellent folie et ne pourront, de leur médiocrité, sans doute jamais comprendre : son goût des arts, de la beauté, de la liberté. Comment pourraient-ils comprendre ce roi épris de liberté et prisonnier des conventions de son rang ? Comment pourraient-ils comprendre ce roi si différent d’eux : homosexuel, esthète, amoureux de la liberté et des arts ?

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     Tandis que tout se décompose : son visage, son pays, son entourage, ses dernières illusions reste cette beauté inaltérable de l’art mais une beauté hantée déjà par la fatalité et la mort, une beauté douloureuse soulignée par la somptuosité des décors et des costumes. Des salons byzantins de  Neuschwanstein à la grotte de Linderhof aux galeries de miroirs de Herrenchiemsee, la caméra de Visconti, accompagnée de la musique de Wagner (Tannhäuser ; Tristan und Isolde) ou de Schumann (Kinderscenen), en caresse les lignes baroques, admirables, raffinées et extravagantes,  la beauté démesurée et tragique, nous émouvant aux larmes comme Ludwig l’est par la musique de Wagner.

     Si, malgré la décomposition du monde de ces dieux au crépuscule (le Crépuscule des dieux est le nom d'un drame musical de Wagner) qui l’entourait, la beauté était la dernière lueur  de l’espoir chez le Prince de Salina dans « Le Guépard », elle est ici désespérée mais non moins éblouissante, signe d’une immortalité impossible, ce à quoi les châteaux plus spectaculaires les uns que les autres que fit construire le roi ne changeront rien.  

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     Ludwig c’est donc Helmut Berger à la fois fragile et hautain, solitaire et exalté, puissant et perdu, en force et en retenue. Au fur et à mesure que les années s’écoulent, que les désillusions s’accumulent, que son idéalisme choit, le visage et le regard de l’acteur s’imprègnent de plus en plus de gravité, de déchéance, de noirceur mais il gagne aussi notre sympathie, nous, juges impuissants pris à témoin. Face à lui Romy Schneider prend sa revanche sur les Sissi, ce personnage candide et frivole dont elle a si longtemps voulu se détacher qu’elle incarne ici à nouveau mais tout en mystère, ambigüité. Impériale impératrice qui semble voler plus qu’elle ne marche tel un cygne noir, élégant, gracieux, sauvage qui ressemble tant (trop) au Ludwig des premières années.

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     Visconti, trois ans avant sa mort, comme un  écho testamentaire, nous livre une subtile mise en abyme qui interroge et illustre la beauté de l’art, une symphonie visuelle et sonore, un chant de désespoir, un film d’une flamboyance crépusculaire, une réflexion ardente et vertigineuse sur l’art, la solitude, la folie enchaînés douloureusement et sublimement sur la musique de Wagner, comme en une fatale étreinte. Un hymne à la beauté des corps et des âmes, fussent-elles (ou surtout car) torturées.  Un hommage à l’art. Au sien. A celui dont la beauté transcende ou isole. A celui qui perdra un roi, héros romantique, trop sensible, trop exalté, trop différent.  Le portrait d’un roi à son image, un opéra funèbre à la beauté inégalée, sombre et éblouissante, et qui lui procure ce qu’il a tant et mortellement désiré : des accents d’éternité.

  • Lumière sur le Grand Lyon Film Festival 2009

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    Ci-dessus, Clint Eastwood, lors du Festival de Cannes 2008, photo inthemoodforicnema.com

    ouervturelyon.jpgEn France existeraient plus de 200 festivals de cinéma. Chaque année s'en créent de nouveaux, il n'y a d'ailleurs pas une journée ou presque sans que je reçoive un communiqué de presse évoquant un obscur festival et beaucoup d'entre eux ne durent pas plus d'une année. Moi-même j'ai d'ailleurs plusieurs fois émis l'idée d'en créer un à Laval tout simplement parce que cette ville n'a pas encore le festival de cinéma qu'elle mérite(un festival sur les adaptations, cinéma et littérature: vous pouvez rejoindre le groupe Facebook que j'ai créé sur ce sujet en cliquant ici) qui a eu davantage d'échos médiatiques locaux que municipaux (à bons entendeurs).

    Je ne parle donc ici que des festivals qui m'intéressent et qui me semblent sortir du lot et avoir une réelle ambition et originalité, ce qui est, semble-t-il, le cas du Festival Lumière 2009: Grand Lyon Film Festival dont ce sera l'ouverture, ce soir, et qui se terminera le 18 octobre. 

     Au programme: avant tout un hommage à Clint Eastwood avec notamment la remise du prix Lumière ( qui ambitionne de devenir "le Nobel du cinéma") le 17 octobre à 19H45 mais aussi des films de Sergio Leone présentés par Claude Lelouch,  "Il était une fois la Révolution" présenté par Emir Kusturica,  "L'ennemi public" de Don Siegel présenté par les frères Dardenne, un Ciné-concert Rock, "Il était une fois dans l'Ouest" présenté par Claudia Cardinale, "Pierrot le Fou" présenté par Asia Argento, "L'homme des hautes plaines" présenté par Laurent Gerra... 

     Clint Eastwood sera par ailleurs parrain d'une rétrospective Sergio Leone et Don Siegel à qui il avait d'ailleurs dédié "Impitoyable". De Clint Eastwood, le festival projettera notamment le sublime "Sur la route de Madison" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici ainsi que celle de son dernier film "Gran Torino".

    Si j'ajoute que ce festival a été créé par l'enthousiaste et passionné délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, vous comprendrez pourquoi je vous le recommande. On se demande d'ailleurs comment Lyon n'avait pas encore d'évènement cinématographique majeur, alors que c'est le cas des plus grandes villes européennes, c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Thierry Frémaux, avec Bertrand Tavernier et Gérard Collomb, ont voulu créer ce festival.

    Tout juste revenue du Festival du Film Britannique de Dinard, je n'y serai pas (bah non, je ne peux pas être partout...), cette année du moins, mais vous pourrez néanmoins suivre ce festival comme si vous y étiez sur l'excellent site officiel du Festival de Lyon mais aussi sur le blog de Pascale l'inconditionnelle Eastwoodienne qui commentera quotidiennement le festival en direct Sur la route du cinéma.

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  • Lumière 2009: Grand Lyon Film Festival

    Dès mon retour de Deauville, je vous parle de ce nouveau festival dont la programmation est plus que prometteuse et où je serai peut-être...

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