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  • Critique de SCOOP de Woody Allen sur HD1 à 20H50

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    Alors que cette année sortait à nouveau un grand Woody Allen, "Blue Jasmine", ce soir ne manquez pas "Scoop"), à 20H50, sur HD1.

    Après "Match point", perfection du genre, film délicieusement immoral au scénario virtuose totalement et magnifiquement scénarisé en fonction de son dénouement et de la balle de match finale, quel film pouvait donc bien  ensuite réaliser Woody Allen ? Evidemment pas un film noir qui aurait inévitablement souffert de la comparaison. Si, à l’image de "Match point", Woody Allen a de nouveau délaissé New York -qu’il a tellement sublimée et immortalisée- pour Londres, si comme dans "Match point", il a de nouveau eu recours à Scarlett Johansson comme interprète principale,  il a donc néanmoins délaissé le film noir pour retourner à la comédie policière à l’image d’"Escrocs mais pas trop" ou du "Sortilège du scorpion de Jade". Si le principal atout de son précèdent film "Match point" était son scénario impeccable, c’est ailleurs qu’il faut aller chercher l’intérêt de ce "Scoop."

    L’intrigue est ainsi délibérément abracadabrantesque et improbable. Le célèbre journaliste d'investigation Joe Strombel, arrivé au Purgatoire, y rencontre la secrétaire de l’aristocrate Peter Lyman, également politicien à l’image irréprochable de son état. Elle lui révèle qu’elle aurait été empoisonnée par ce dernier après avoir découvert que Peter serait en réalité le tueur en série surnommé « le Tueur au Tarot » qui terrorise Londres. Professionnel et avide de scoops jusqu’à la mort et même après, Joe Strombel, va se matérialiser à une jeune étudiante en journalisme (et accessoirement en orthodontie), la jeune Sondra (Scarlett Johansson) lorsqu’elle est enfermée dans une boîte lors du tour de magie de l’Américain Splendini (Woody Allen). Croyant avoir trouvé le scoop du siècle elle décide de faire la connaissance de Peter Lyman (charismatique et mystérieux Hugh Jackman) pour le démasquer, avec, comme « perspicace » collaborateur, Splendini. Evidemment elle va tomber amoureuse (de Peter Lyman, pas de Woody, celui-ci ayant ici renoncé au rôle de l’amoureux, dans un souci de crédibilité, ou dans un sursaut de lucidité, pour jouer celui du protecteur). Elle n’aurait peut-être pas dû…

    Woody Allen est donc passé de la noirceur à la légèreté. C’est agréable la légèreté, aussi, surtout après la noirceur, aussi parfaite soit-elle. Woody Allen nous revient aussi en tant qu’acteur, fidèle à lui-même, balbutiant, maladroit, chaplinesque, woodyallenesque plutôt, adepte de l’ironie et de l’autodérision, et narcissique de religion (si, si, vous verrez, ça existe). Intrigue abracadabrantesque donc mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce scoop. Preuve que légèreté et noirceur ne sont pas totalement incompatibles, Woody Allen a saupoudré son scoop d’humour exquisément noir avec notamment une mort presque sympathique en  grande faucheuse embarquant ses défunts et bavards voyageurs. Woody Allen lui aussi nous embarque, dans un jeu, dans son jeu. Il ne nous trompe pas. Nous en connaissons les règles, les codes du genre : la désinvolture et la loufoquerie sont de mise.

    La mise en scène reste cependant particulièrement soignée, Scarlett Johansson est de nouveau parfaite, cette fois en étudiante naïve  et obstinée. Comme la plupart des bonnes comédies, ce Scoop  fonctionne sur les contrastes  d’un duo impossible, celui de la journaliste écervelée et obstinée et de son protecteur farfelu. Certes, vous n’explosez pas de rire mais vous avez constamment le sourire aux lèvres entraînés par l’entrain communicatif et l’humour décalé de Woody Allen qui montre à nouveau que l’on peut être un réalisateur particulièrement prolifique sans rien perdre de son enthousiasme et de sa fraîcheur. Une bonne humeur tenace et contagieuse vaut après tout mieux qu’un rire explosif, non ?

    Un film rythmé, léger, burlesque, ludique à la mise en scène soignée avec une touche d’humour noir même si on peut regretter que la morale soit sauve et même si on peut donc regretter l’immoralité jubilatoire de Match point. Ce scoop-là n’est ni sidérant, ni inoubliable, mais néanmoins il vaut la peine d’être connu.

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  • Critique de VALSE AVEC BACHIR d'Ari Folman sur LCP et Public Sénat, à 20H30, ce dimanche

    Alors que cette année sortait le magnifique "Le Congrès" du même Ari Folman, ce soir, ne manquez pas "Valse avec Bachir".

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    Alors qu’il y a quelques jours encore j’évoquais mon peu  d’appétence pour le cinéma d’animation, c’est en toute logique  que je vais vous faire part aujourd’hui de mon enthousiasme et de mon émotion pour…un film d’animation. Un film d’animation d’un genre très particulier néanmoins. En compétition lors du  Festival de Cannes 2008 où il a fait figure de favori, il est reparti sans un prix mais avec un écho médiatique retentissant. C’est donc avec impatience que j’avais attendu sa sortie en salles l’ayant manqué à Cannes.

    18939633.jpgCela commence par la course d’une meute de chiens face caméra. L’image nous heurte de plein fouet : féroce, effrayante, belle et terrifiante. Une meute de chiens par laquelle, dans ses cauchemars, un ami d’Ari est poursuivi. 26 chiens exactement. Le nombre de chiens qu’il a tués durant la guerre du Liban, au début des années 1980, ce poste lui ayant été attribué parce qu’il était incapable de tuer des humains. Il raconte ce cauchemar récurrent à Ari mais ce dernier avoue n’avoir aucun souvenir de cette période, ne faire aucun cauchemar. Le lendemain, pour la première fois, 20 ans après,  un souvenir de cette période niée par sa mémoire surgit dans la conscience (ou l’inconscient) d’Ari : lui-même alors jeune soldat se baignant devant Beyrouth avec deux autres jeunes soldats sous un ciel lunaire en feu d’une beauté terrifiante. Il lui devient alors vital de connaître ce passé enfoui, ces pages d’Histoire et de son histoire englouties par sa mémoire. A cette fin,  il va aller à la rencontre de ses anciens compagnons d’armes, neuf personnes interrogées au total (dont deux ont refusé d’apparaître à l’écran sous leur véritable identité.) A l’issue de ces témoignages il va reconstituer le fil de son histoire et de l’Histoire et l’effroyable réalité que sa mémoire a préféré gommer…

    Un film d’animation d’un genre très particulier donc. D’abord parce qu’il est autobiographique : cette histoire, le troisième long-métrage du réalisateur (après « Sainte Clara » en 1996 et « Made in Israël » en 2001) est en effet celle du réalisateur israélien Ari Folman pour qui ce film a tenu lieu de thérapie. Ensuite parce que ce sont de vrais témoignages, poignants, et les voix de ces témoins donnent un aspect très documentaire à ce film hybride et atypique : d’abord tourné en vidéo, monté comme un film de 90 minutes, puis un story board en 2300 dessins ensuite animés, c’est un mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D.  Ce mode filmique si particulier n’est nullement un gadget mais un parti pris artistique au service du propos auquel il apporte sa force et sa portée universelle. Un documentaire d’animation sur la guerre du Liban : oui, il fallait oser. Ari Folman s’affranchit des règles qui séparent  habituellement documentaire et fiction et dans ce sens, et aussi parce que ce film se déroule également au Liban, néanmoins à une autre époque, il m’a fait penser à l’un de mes coups de cœur du Festival de Cannes 2008 : « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige  ).

    Dès ces premiers plans de chiens en furie, nous sommes donc happés, happés par la violence sublime des images, ces couleurs noirs et ocre diaboliquement envoûtantes, oniriques et cauchemardesques,  happés par une bande originale d’une force saisissante (signée Max Richter), happés par l’envie et la crainte de savoir, de comprendre, nous aussi, en empathie avec la quête identitaire d’Ari. C’est d’abord la beauté formelle et la poésie cruelle qui en émane qui accroche notre regard, notre attention. Cette beauté ensorcelante rend supportable l’insupportable, rend visible l’insoutenable, créant à la fois une distance salutaire avec la violence de ces témoignages et événements réels mais nous aidant aussi à nous immerger dans cette histoire. Si la violence est atténuée, l’émotion ne l’est pas. Ari Folman n’a pas non plus voulu rendre la guerre lyrique mais son lyrisme visuel exacerbe encore l’absurdité de cette guerre, de ces hommes égarés que la peur fait tirer, sans savoir sur qui, et sans savoir vraiment pourquoi.

    Peu à peu, au fil des témoignages, les pièces du puzzle de la mémoire disloquée d’Ari vont s’assembler jusqu’à l’atrocité ultime, celle qui a sans doute provoqué ce trou noir, celle volonté inconsciente d’oublier, de faire taire ses souvenirs de ces jours de 1982 : le massacre de Palestiniens par les Phalangistes chrétiens, les alliés d’Israël, suite à l’assassinat du président de la République libanaise Bachir Gemayel, dans les camps de Sabra et Shatila, deux camps de Beyrouth-ouest, dont il a été le témoin impuissant (il ne nie pas pour autant la responsabilité d’Israël, du moins son inaction coupable). Au dénouement de ce poème tragique, Ari Folman a alors choisi de substituer des images réelles aux images d’animation pour rappeler, sans doute, la réalité de la guerre, sa violence, son universelle absurdité, sa brutalité. Des images d’une violence nécessaire. Qui nous glacent le sang après tant de beauté d’une noirceur néanmoins sublime.

    18939624_w434_h_q80.jpg Plus qu’un film d’animation c’est à la fois un documentaire et une fiction sur la mémoire et ses méandres psychanalytiques et labyrinthiques, sur l’ironie tragique et les échos cyniques de l’Histoire, l’amnésie tragique de l’Histoire-collective- et de l’histoire-individuelle- (si Ari a effacé cette période de sa mémoire c’est aussi parce qu’elle est un écho pétrifiant à l’histoire tragique de sa famille, victime des camps nazis, ceux  d’une autre époque, un autre lieu mais avec la même violence et horreur absurdes, presque les mêmes images des décennies après, et horreur ultime : les protagonistes ayant  changé de rôle), sur l’absurdité de la guerre que ce film dénonce avec plus d’efficacité que n’importe quel discours. La poésie au lieu de nier ou d’édulcorer complètement la violence en augmente encore l’atrocité : comme ce chant d’une ironie dévastatrice sur le Liban pendant qu’un char écrase des maisons, des voitures, lentement, presque innocemment. Comme cette couleur rouge qui se mue d’un objet anodin en sang qui coule. Ou comme cette valse avec Bashir, celle d’un tireur qui danse avec les balles qu’il tire devant le portrait de Bachir Gemayel sur fond de Chopin, qui joue avec le feu, qui danse avec la mort  dans une valse d’une sensualité violente: cette scène résume toute la beauté effroyable de ce film magnifique. Tragique et magnifique. Cette valse est aussi à l’image de la forme de ce film : entraînante, captivante comme si une caméra dansante nous immergeait dans les méandres virevoltants de la mémoire d’Ari.

    Une œuvre atypique qui allie intelligemment forme et force du propos, où la forme, sublime, est au service du fond, brutal. Une valse étourdissante d’un esthétisme d’une effroyable beauté. Une valse fascinante, inventive. Entrez dans la danse, sans attendre une seconde. Elle vous entraînera dans cette histoire, dans l’Histoire, avec une force renversante, saisissante, poignante.

    Alors, oui sans doute le grand oublié du palmarès de ce 61ème Festival de Cannes (qui me satisfaisait néanmoins pleinement), tout simplement peut-être parce que cette œuvre tellement atypique qui invente même un nouveau genre cinématographique (dont elle sera d’ailleurs certainement le prototype et l’unique exemplaire tant une copie lui ferait certainement perdre sa force) ne correspondait à aucune des catégories du palmarès  à moins que le jury n’ait pas osé, n’ait pas eu la même audace que celle dont Ari Folman a fait preuve dans son film, une œuvre qui répondait d’ailleurs aux exigences du président Sean Penn  témoignant de la conscience du monde dans lequel son réalisateur vit, un monde si souvent absurde et amnésique, enfouissant son Histoire dans les tréfonds de sa mémoire tragiquement et criminellement sélective.

    Lien: site officiel du film

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  • De retour...

    Parce qu’on me dit que la vie continue… 
     
    Merci pour vos messages suite à celui que j'avais publié ici le 31 octobre, merci à ceux qui ont pris le temps d’appeler, de « textoter », de laisser quelques mots sur Facebook, pour certains témoignages aussi de personnes ayant malheureusement vécu une expérience similaire, pour les messages d'inconnus ou de lecteurs venus de loin qui m'ont beaucoup touchée, et pour les trois téméraires qui en ont laissé directement sur le blog…
     
    Vous ne pouvez savoir à quel point quelques mots peuvent être parfois salutaires dans de telles circonstances et je crois plus que jamais en la force et au pouvoir magnifiques des mots et de l'écriture. Il y a aussi ceux dont "on" m'a dit que ce message les avait touchés et qui, sans doute, n'ont pas osé m'écrire directement. Il n'est jamais trop tard et je suis bien placée pour savoir que la vie est trop courte pour ne pas oser.
     
    Je reparlerai peut-être un jour de tout ceci mais probablement ailleurs et autrement.
    Je vais donc essayer de revenir progressivement à des infos futiles :

    -d’abord, la bonne nouvelle (qui n’est d’ailleurs pas une info futile pour moi et même la réalisation d'un vieux rêve) que j’avais déjà brièvement évoquée ici : la présence confirmée de mon éditeur  Numeriklivres au Salon du Livre de Paris 2014 et donc la mienne cette fois en tant qu'auteur et non plus en tant que presse

    -ensuite, 3 critiques de films en avant-première, à ne surtout pas manquer :

    - « The Immigrant » de James Gray (que je persiste et signe à considérer comme un des trois meilleurs films de cette année, malgré l’accueil cannois plus que mitigé) : Critique - http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2013/10/17/critique-de-the-immigrant-de-james-gray-5198472.html

    -« All is lost » de J.C Chandor, également dans le peloton de tête des films de l’année 2013 et dont vous pouvez retrouver ma critique publiée comme la précédente dans l’excellent magazine des anciens élèves de l’ENA, « L’ENA hors les murs », à retrouver également sur les blogs : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2013/06/11/critique-de-all-is-lost-de-j-c-chandor-avec-robert-redford.html

    -Enfin, « Les Garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Gallienne découvert à Cannes comme les deux précédents, revu avec plaisir à Deauville : Critique - http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2013/09/28/critique-de-les-garcons-et-guillaume-a-table-de-guillaume-ga.html

    Pour d’autres critiques de bons films, retrouvez mon compte rendu du Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2013 dont la sélection est toujours gage de qualité et le fut ainsi cette année : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2013/10/18/palmares-et-compte-rendu-du-festival-international-des-jeune.html

    Ayant pour la première fois délaissé mes 7 blogs/sites inthemood depuis plusieurs semaines depuis la création du premier il y a 10 ans, je vais reprendre les articles quotidiens et rattraper les films manqués ces derniers temps (dans la mesure du possible), n’en ayant pas vu depuis un mois et demi. Vous constaterez une remise à jour formelle de ces différents blogs en attendant de nouveaux articles, et je continuerai à en rester l’unique rédactrice (j’y tiens) : http://inthemoodforfilmfestivals.com/, http://inthemoodforcinema.com/, http://inthemoodlemag.com/, http://inthemoodfordeauville.com/, http://inthemoodforcannes.com/, http://inthemoodforluxe.com/, http://inthemoodforhotelsdeluxe.com/ .

     

    Le cinéma et l’écriture restent plus que jamais mes priorités et mes passions dévorantes… Vous pouvez ainsi suivre l’actualité des mes romans publiés sur ma "page Facebook auteur" que je vous invite à rejoindre si ce n'est déjà fait (http://facebook.com/inthemoodforwriting ) et je vous dis également tout sur mon actualité « romanesque » dans cet article : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2013/09/20/lettre-ouverte-aux-lecteurs-d-ombres-paralleles-mon-recueil.html , une écriture romanesque qui ne m’empêchera pas non plus de continuer à développer mes deux sites précités sur le luxe qui continuent à prendre leur envol.

    Avec les évènements tragiques de cette année, je n'ai pas publié mon compte rendu de Cannes et Deauville. Me restent de nombreux brouillons d'articles, des archives d'images et de vidéos aussi que vous trouverez progressivement ici.

     
    Je développerai aussi davantage Inthemoodfordeauville.com laissé un peu à l’abandon ces derniers temps avec une actualité deauvillaise qui ne se cantonnera plus à celle des festivals de cinéma qui en constitueront bien sûr toujours l'essence.

    Je vais donc essayer de replonger « in the mood for cinema », car comme le disait et y aspirait avec ses -sublimes- films un de mes cinéastes préférés, Claude Sautet, le cinéma est là pour nous « faire aimer la vie », sans doute même lorsqu’elle prend une tournure révoltante.

    A très vite « in the mood for cinema » donc.
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