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  • Concours – Gagnez des pass pour le Festival du Film Asiatique de Deauville 2012 !

     

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    Sept ans déjà. Sept ans déjà que j’ai eu le plaisir de faire partie de feu le jury de cinéphiles du Festival du Film Asiatique de Deauville. Sept ans que j’y retourne quoiqu’il arrive, chaque année, après avoir assisté en dilettante à quelques-unes des éditions qui ont précèdé cette édition 2005. Cette année ne dérogera pas à la règle. Chaque année, Deauville me fait voguer faire des terres méconnues, voire inconnues, grâce à des films souvent envoûtants, à l’image de celui qui avait reçu le Grand Prix l’an passé, « Eternity » film thaïlandais de Sivaroj Kongsakul, un très beau film d’amour dans lequel tout se déroule en douceur, en gestes esquissés ou maladroits comme deux mains qui se rejoignent presque imperceptiblement à travers une moustiquaire, où la nature impassible et radieuse semble être un troublant pied de nez à la mort , où tout dit la douleur de l’absence dans un présent simple et évanescent, une absence qui tisse sa toile avant de se révéler, poignante. Un film plein de délicatesse qui imprègne peu à peu, ne cherche jamais la facilité ou l’émotion mais finit par conquérir la seconde. Je ne doute pas que cette compétition 2012 me réservera d’aussi belles surprises.

     Années après années, la programmation du festival s’est enrichie en quantité mais surtout en qualité et a su conquérir un public, pas forcément acquis d’avance à cette cinématographie, et faire revenir chaque année un public d’habitués.

    L’édition 2011 (dont vous pouvez retrouver mon compte-rendu en cliquant ici) a été marquée par le drame japonais qui s’est déroulée pendant le festival. La compétition 2011 (de grande qualité) était elle aussi marquée par la noirceur et le pessimisme et il se pourrait qu'il en soit de même cette année si, comme souvent, les films en compétition se font reflets de la réalité, ce qui n'empêchera pas d'autres films de nous évader, d'agréablement nous égarer même peut-être (le cinéma asiatique, souvent, en tout cas en ce qui concerne le cinéma coréen et thaïlandais est synonyme de lenteur et d'implicite et dans une époque où le cinéma est trop souvent outrancièrement didactique, c'est particulièrement appréciable).

    Comme chaque année, pour le Festival du Film Asiatique mais aussi le Festival du Cinéma Américain, j’ai le plaisir de pouvoir vous faire gagner des pass pour cette 14ème édition du Festival qui se déroulera du 7 au 11 mars. 16 pass en tout.

     Aujourd’hui, je mets 4 pass en jeu mais, attention, ces 4 pass reviendront au même gagnant, soit l’équivalent d’un pass Festival valable pour le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche.

    Si vous ne remportez pas ces pass, ne vous inquiétez pas, vous pourrez prochainement en remporter d’autres ici (12 autres pass seront prochainement mis en jeu) et vous pouvez également tenter votre chance sur la page Facebook officielle du Festival du Film Asiatique de Deauville: https://www.facebook.com/pages/Festival-du-Film-Asiatique-de-Deauville-page-officielle/146362825375167?ref=ts .

    Vous pourrez bien entendu suivre le festival en direct sur ce blog, sur mon blog dédié à Deauville http://www.inthemoodfordeauville.com et sur mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com .

    CONCOURS                                                                            

    Pour être l’heureux gagnant de ces 4 pass, répondez aux 10 questions suivantes. Le lauréat sera choisi parmi les bonnes réponses. La dernière question, facultative, me permettra de départager les gagnants en cas d’égalités. Envoyez vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de votre email "Concours Festival Asiatique 2012". Seul le lauréat sera contacté, par email. Fin de ce 1er concours: le 18 février.

    1.       Comment se nomme le film dont est extraite cette image?

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    2.       De l’affiche de quelle édition du festival ai-je découpé cette image ?

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     3.       Citez un film de ce cinéaste ?

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    4.       De quel film est extraite cette image ?

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    5.       Quel prix du Festival du film Asiatique de Deauville a obtenu le film dont a été découpé un morceau d’affiche ci-dessous ?

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    6.       Qui a fondé le Festival du Film Asiatique de Deauville ?

    7.       Quelle est la particularité de l’année 2012 pour Deauville, particularité à laquelle est lié le Festival du Film Asiatique ?

    8.       Quel est le titre de ce film ?

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    9.       Du synopsis de quel (magnifique) film s’agit-il ci-dessous ?

    Tae-suk arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi qu'elles sont désertées. Il y pénètre alors et occupe ces lieux inhabités, sans jamais rien y voler. Un jour, il s'installe dans une maison aisée où loge Sun-houa, une femme maltraitée par son mari...

     10.   Pourquoi souhaitez-vous assister au Festival du Film Asiatique de Deauville ?

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  • Programme du 14ème Festival du Film Asiatique de Deauville: premiers éléments

    deauville20122.jpgAlors que je vous présentais avant-hier l'affiche 2012 du festival, les premiers éléments de programmation commencent à tomber avec, notamment, la compétition.

    Dix films sont ainsi en lice et la Chine (2 films), les Philippines, la Corée du Sud, l'Iran (2 films), le Japon (2 films), la Thaïlande, le Pakistan sont ainsi représentés. Une compétition qui s'annonce passionnante et éclectique comme chaque année et dont vous pourrez retrouver le compte-rendu complet ici, sur mon blog dédié à Deauville "In the mood for Deauville" et sur mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com .  

    COMPETITION:

    - 11 FLEURS de Wang Xiaoshuai (Chine) Sortie le 9 mai 2012
    - BABY FACTORY (BAHAY BATA) d’Eduardo Roy Jr. (Philippines)
    - BEAUTIFUL MISS JIN de Jang Hee-chul (Corée du Sud)
    - DEATH IS MY PROFESSION de Amir Hossein Saghafi (Iran)
    ... - HIMIZU de Sono Sion (Japon)
    - I CARRIED YOU HOME de Tongpong Chantarangkul (Thaïlande)
    - MOURNING de Morteza Farshbaf (Iran)
    - NOOR de Cagla Zenciri & Guillaume Giovanetti (Pakistan et France)
    - SAYA SAMOURAI de Hitoshi Matsumoto (Japon)
    - THE SUN-BEATEN PATH de Sonthar Gyal (Chine)

     REGARD SUR LE TRAVAIL DE PEN-EK RATANARUANG

    – PROJECTION DE :

    VAGUES INVISIBLES (2006)

    PLOY (2007)

    HEADSHOT (2011)

    - HOMMAGE & MASTER CLASS KIYOSHI KUROSAWA 

     Projection de:

     CURE (1997)

    LICENSE TO LIVE (1998)

     CHARISMA (1999)

    PULSE (2000)

     RETRIBUTION (2006)

     TOKYO SONATA (2009)

     HORS COMPETITION :

    - HEADSHOT de Pen-Ek Ratanaruang (Thaïlande)

    - I WISH-NOS VOEUX SECRETS de Hirokazu Kore-Eda (Japon) Sortie le 11 avril 2012

    - PINK de Jeon Soo-il (Corée du Sud)

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  • Avant-première de Titanic 3D au Grand Rex le 14 février: projection gratuite en vf

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    Pour la Saint-Valentin, le Grand Rex, à Paris, organisera une projection de "Titanic 3D" de James Cameron, en avant-première, une projection gratuite. 600 places sont à retirer sur place, demain, jeudi 9 février, à partir de 10H, au Grand Rex. Ces places sont valables pour deux personnes. 

    Il y a quelques semaines, j'ai eu la chance de voir les premières images en avant-première et de pouvoir assister à une rencontre avec Jon Landau, vous pouvez retrouver mon avis ci-dessous ainsi que mes vidéos de Jon Landau.

     Plus d'informations sur http://www.legrandrex.com . Le film sera projeté en VF, la VO n'étant pas prête.

     

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    Ce matin, j'ai eu le plaisir de découvrir en avant-première quelques extraits de "Titanic" en 3D (le film sera en salles seulement le 4 avril 2012) suivis d'une séance de questions réponses avec le producteur Jon Landau. Ce dernier a notamment produit "Avatar" et "Titanic". Il a également notamment été  vice-président éxécutif de la production longs métrages chez Twentieth Century Fox mais surtout son travail avec les meilleurs talents créatifs fait qu'il maîtrise parfaitement le processus de création qui a conduit à cette nouvelle "version"  d'un des plus grands succès cinématographiques de tous les temps (amplement mérité, je vous en reparlerai plus longuement bientôt avec une critique du film).

    Le 4 Avril 2012, vous pourrez ainsi redécouvrir Titanic. Et je dis bien "redécouvrir" et non "revoir". J'étais au préalable sceptique... et il faut le dire d'emblée  : le résultat est saisissant. Jamais encore la 3D ne m'avait semblée avoir cet impact (d'ailleurs, jamais encore la 3D ne m'avait semblée avoir d'impact tout court)...et c'est d'autant plus fascinant que ce matin ne nous ont été montrés que des extraits. L'immersion a pourtant été immédiate. L'émotion au rendez-vous. La 3D n'est pas ici un gadget mais un véritable atout qui donne au spectateur de vraies sensations et émotions, d'ailleurs les scènes intimistes sont presque plus impressionnantes que les scènes à grand spectacle tant le spectateur a l'impression d'être un intrus, de s'immiscer dans l'action, et pas seulement d'en être spectateur.

    La scène où Rose déambule dans les couloirs en cherchant de l'aide nous donne la sensation magique et inquiétante d'être à ses côtés, et celle où Jack et Rose s'enlacent et "volent", la sensation est étourdissante comme si nous virevoltions aussi. La lâcheté, le courage, la beauté vous happent et heurtent plus que jamais, et c'est particulièrement troublant.

     Alors, bien sûr, l'art c'est aussi de laisser place à l'imaginaire du spectateur et sans doute ce nouveau procédé est-il une manière de prendre le spectateur par la main, de lui dicter ce qu'il doit regarder et même éprouver, ce qui pourrait faire s'apparenter le cinéma à une sorte de parc d'attraction. Mais dire cela après ce que j'ai vu ce matin serait réducteur. Au contraire, tous les éléments artistiques sont justement ainsi mis en valeur: jeu des acteurs, décors ...

    Je vous le garantis, ce Titanic-là permet de revisiter le film de James Cameron. Ou quand le cinéma devient une expérience au service de l'émotion, des sensations mais surtout du film et du spectateur ( et de l'industrie, sans doute: ce film a coûté 60 semaines et 18 millions de dollars...).

     En tout cas, vous aurez la sensation étrange, vertigineuse d'être réellement impliqué dans  une des plus belles histoires d'amour de l'histoire du cinéma. Histoire d'amour mais aussi d'orgueil, d'arrogance , une tragédie métaphorique des maux de l'humanité qui fait s'entrelacer mort et amour et qui reste aussi actuelle15 ans après. Un film avec de la profondeur (dans les deux sens du terme désormais), et pas un simple divertissement. Un moment de nostalgie aussi pour ceux qui, comme moi, l'ont vu en salles il y a 15 ans et pour qui ce sera aussi une romantique réminiscence.

    Le 12 Avril, plongez au "coeur de l'océan" et au coeur du cinéma... Je vous promets que vous ne regretterez pas le voyage, cette expérience unique, magique, étourdissante, réjouissante : définition du cinéma (du moins, de divertissement) finalement porté ici à son paroxysme! A voir et vivre absolument.

    "Il y a toute une nouvelle génération qui n'a jamais vu Titanic tel que nous l'avons conçu pour être présent" sur grand écran. Et cette fois, ce sera Titanic comme personne ne l'a encore jamais vu, remastérisé numériquement en 4K et minutieusement converti en 3D. Avec sa puissance émotionnelle intacte et des images plus fortes que jamais, ce sera  une expérience fabuleuse pour les fans comme pour ceux qui vont le découvrir". James Cameron

     

     

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  • Critique – « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti : LE film de ce début d’année 2012

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    J’ai découvert ce film lors du dernier Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean de Luz dans le cadre duquel il était présenté en compétition et où il a d’ailleurs remporté le prix du meilleur film (Chistera d’or). Un vrai coup de cœur. Un coup de foudre, même. Malheureusement, je n’avais pas rédigé de critique à l’époque ou quelques lignes trop brèves. Je n’ai pas la possibilité de le revoir cette semaine mais je vous livrerai une critique plus longue dès que je pourrai retourner le voir. En attendant, ci-dessous, quelques mots qui, je l’espère, vous inciteront à découvrir ce film magnifique et rare.

    Adapté du roman de Valérie Zenatti « Une bouteille à la mer de Gaza », c’est l’histoire de Tal  (Agathe Bonitzer), une jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi. Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire.

    « Je m’appelle Tal Lévine, j’ai bientôt 17 ans et j’habite Jérusalem.

    Hier soir, il y a eu un attentat près de chez moi […]

    Toi qui trouveras cette bouteille, réponds-moi.

    Dis-moi où tu l’as trouvée. Qui tu es. Parle-moi de toi. S’il te plaît. »

    Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux « Gazaman » (Mahmoud Shalaby)… Va alors débuter un échange épistolaire d’abord constitué de doutes, de reproches, d’incompréhension mais qui va finalement les mener sur le chemin d’une liberté et d’une réconciliation apriori impossibles.

    Je vous avais déjà parlé du travail de Thierry Binisti à l’occasion de la diffusion du docu-fiction « Louis XV, le soleil noir » qu’il avait réalisé pour France 2 et par lequel j’avais été très agréablement surprise et charmée : un divertissement pédagogique passionnant, de très grande qualité, aussi bien dans le fond que dans la forme, une immersion dans les allées tumultueuses de Versailles et dans les mystérieux murmures de l'Histoire, dans le bouillonnant siècle des Lumières et dans la personnalité tourmentée de Louis XV. Les similitudes entre ce téléfilm et « Une bouteille à la mer » sont d’ailleurs assez nombreuses, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer : Versailles, une prison (certes dorée) pour Louis XV comme peut l’être Gaza pour Naïm, un portrait nuancé de Louis XV comme le sont ceux de Naïm et Tal, une combinaison astucieuse entre fiction et documentaire (  Certaines séquences d’« Une bouteille à la mer » sont ainsi des images d’actualité provenant d’archives diffusées par les médias, comme celles sur la grande manifestation commémorant l’anniversaire de la mort de Yitzhak Rabin filmée sur la place des Rois, au milieu de milliers d’Israéliens manifestant leur désir de paix ) permettant d’explorer le politique et l’intime, l’importance du lieu qui cristallise les tensions et les émotions.

    Tout comme le docu-fiction évoqué ci-dessous, « Une bouteille à la mer » ne laisse pas place à l’approximation. Le sujet est ainsi particulièrement documenté, l’auteure Valérie Zenatti (auteure du roman éponyme et coauteure du scénario) a d’ailleurs passé son adolescence en Israël. Il faut d’ailleurs souligner le formidable travail d’adaptation de ce roman épistolaire, genre particulièrement périlleux à adapter. Valérie Zenatti et Thierry Binisti ont fait de ce qui aurait pu être un inconvénient un atout : ces deux voix qui se répondent, à la fois proches et parfois si lointaines, se font écho, s’entrechoquent, se confrontent et donnent un ton singulier au film, grâce à une écriture belle et précise, et sont ainsi le reflet de ces deux mondes si proches et si lointains qui se parlent, si rarement, sans s’entendre et se comprendre.

    Un autre grand atout du film est que Thierry Binisti ne tombe jamais dans l’angélisme ni la diabolisation de l’un ou l’autre côté du « mur ». Il montre au contraire Palestiniens et Israëliens, par les voix de Tal et Naïm, si différents mais si semblables dans leurs craintes et leurs aspirations, et dans l’absurdité de ce qu’ils vivent. Il nous fait tour à tour épouser le point de vue de l’un puis de l’autre, leurs révoltes, leurs peurs, leurs désirs finalement communs, au-delà de leurs différences, si bien que nous leur donnons tour à tour raison. Leurs conflits intérieurs mais aussi au sein de leurs propres familles sont alors la métaphore des conflits extérieurs qui, paradoxalement, les rapprochent.

    Agathe Bonitzer, grave et candide, épouse parfaitement la belle maturité de son jeune personnage et, face à elle, Mahmoud Shalaby est bouleversant de douceur et de rage mêlées (vous aviez pu le découvrir dans « Les Hommes libres » d'Ismaël Ferroukhi).

     La sensibilité avec laquelle ce sujet justement sensible est évoqué rend probable une histoire a priori impossible entre ces deux êtres que tout sépare, pour qui la vie tient à ça : « avoir envie d’aller ou pas au café d’en bas ». Une violence cruellement quotidienne, ce qui ne les empêche pas d’être épris de vie et de désirs, de rêves et d’aspirations, ce que montre très bien ce film à hauteur d’hommes qui, par la « petite » histoire permet d’appréhender la grande.  La caméra est au plus près des êtres, de leurs émotions, de leur rage, leurs désirs, leurs douleurs, leur éveil (à la politique, à l’amour) et se fait « carcérale » pour suivre Naïm emprisonné dans les 370 km2 de Gaza (pour 1,6 millions d’habitants !).

    Cela commence par le fracas tétanisant d’une bombe et s’achève par une lumière d’espoir bouleversante, un dénouement fiévreux d’une tension palpitante.

     Ce dame cornélien, au sens littéral, concilie l’impossible, la douceur et l’âpreté, la modernité des emails et l’archaïsme romanesque de la bouteille à la mer, le romantisme (ou en tout cas le romanesque) et la politique, la raison et les sentiments. Des « liaisons dangereuses » qui possèdent la beauté tragique du roman éponyme de Laclos, outre le fait d’avoir en commun le style épistolaire.

    C’est un hymne à la paix et à la tolérance mais aussi  au pouvoir et à la magie des mots qui peuvent unir, réunir ceux que tout oppose, si ce n’est leur aspiration à la liberté. Ce sont finalement leurs différences et leur jeunesse qui les réunissent.  C’est d’ailleurs la langue, le Français, qui sert de terrain neutre, de pont entre eux. C’est ainsi au Centre Culturel Français de Gaza que s’évade Naïm et ose croire à la liberté, à un avenir meilleur.

    Ce film réunit tout ce que j’aime dans le cinéma : une histoire d’amour ou en tout cas d’amitié, apriori impossible, un propos engagé, une réalisation maîtrisée, des acteurs époustouflants, un style épistolaire que et qui sublime(nt) les mots. De l’émotion. De l’espoir. Sans mièvrerie, mais avec beaucoup de sensibilité et de pudeur (aucun cliché, aucune volonté de forcer l’émotion, pourtant ravageuse).

    Ce film m’a bouleversée comme je l’ai rarement été ces derniers temps au cinéma. Un film intense d’une douce gravité qui possède et concilie la fraîcheur et l'incandescence de ses jeunes interprètes. Une brillante métaphore d’un conflit a priori insoluble auquel il apporte un vibrant message d’espoir. Un film plus convaincant que n'importe quel discours politique. Deux personnages bouleversants que la réalisation et la direction d’acteurs nous font prendre en empathie ainsi que ceux qui subissent la même situation. Une bouteille à la mer qui nous fait croire à l’impossible. Que des bouteilles à la mer peuvent arriver à destination. Réunir ceux que tout oppose. Et que des milliers de bouteilles, un jour, peut-être, arriveront à faire entendre leurs voix pacifistes et arriveront à briser le fracassant et assourdissant silence après les tonitruantes explosions de terreur et de haine. Un film ensorcelant, poignant comme un poème entremêlant tragédie et espoir, et les réunissant par la beauté lumineuse et clairvoyante des mots. Mon coup de coeur de ce début d'année 2012.

     « Une bouteille à la mer » a également été récompensé dans d’autres festivals que celui de Saint-Jean de Luz et en particulier au Festival du film de La Réunion 2011 où il a reçu le Prix du Public ;le Prix Coup de cœur du Jury Jeune ;le Mascarin de la meilleure interprétation masculine à Mahmoud Shalaby.

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    Egalement en compétition, deux films dont je vous parlais précédemment, déjà évoqués dans

    Hasards du calendrier, en salles cette semaine également deux films présentés à Saint-Jean de Luz, dont un ne mérite pas vraiment qu’on s’y attarde et dont l’autre présente d’ailleurs aussi une jeunesse avide de liberté. Ils ‘agit de  « En secret » de l’Iranienne Maryam Keshawarz dans lequel Atafeh et sa meilleure amie Shireen fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essayent de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des mœurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shireen. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles.  « En secret » a reçu le prix du public du dernier Festival de Sundance. Le film montre  ce qui devrait être la légèreté de la jeunesse mais qui est étouffée par le poids l’intégrisme, dont la seule lueur d’espoir semble être dans la fuite, là où le bonheur semble être condamné au secret. La jeune et talentueuse actrice Sarah Kazemy, présente à Saint Jean de Luz a ainsi expliqué que si elle retournait en Iran, elle ne pourrait sans doute plus en sortir. Bouleversant témoignage sur un Etat qui oppresse la jeunesse, toute tentative de pensée libre, tout désir et qui scrute les moindres et faits et gestes (omniprésence des caméras dans la sphère privée et publique). Si le style est parfois presque « clipesque », le sujet habilement traité en fait presque un documentaire sur une réalité qui nie l’individu, où faire la fête ou doubler des films américains, ou s’aimer, est considéré comme subversif, condamnable. Un film courageux et nécessaire.

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