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  • Concours - Gagnez le hors-série bilan de Studio Ciné Live de décembre 2011 avec Ryan Gosling en couverture

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    Cela faisait un moment que je ne vous avais pas proposé de nouveau concours. Cette semaine, je vous propose de remporter le hors-série bilan du magazine Studio Ciné Live (décembre 2011)  en attendant, comme chaque année, mon propre bilan de l’année cinéma 2011 (retrouvez en attendant mon bilan 2008, 2009, 2010) :

    • BILAN DE L'ANNéE CINEMA 2008
    • BILAN DE L'ANNEE CINEMA 2009
    • BILAN DE L'ANNEE CINEMA 2010
    • Dans ce numéro que je vous recommande vivement, vous pourrez retrouver tous ceux qui ont fait l’année 2011 (plébiscités par la critique, ayant reçu un prix ou incarné un rôle déterminant), les acteurs ou réalisateurs qui ont fait une entrée tonitruante dans le cinéma cette année ou dont la carrière a pris une autre dimension cette année mais aussi les temps forts de 2011 parmi lesquels les films que je vous ai recommandés ici comme « The Artist », « Black swan », « Melancholia » ou d’autres au sujet desquels j’étais beaucoup plus sceptiques comme « Drive » (sans pour autant nier les qualités de metteur en scène de Nicolas Winding Refn). Vous pourrez aussi y retrouver les 597 films de 2011 avec leur box office mais aussi les previews 2012 avec 100 films passés à la loupe. Vous pourrez également tout savoir sur celui dont la carrière a explosé cette année, Ryan Gosling. Vous pourrez aussi retrouver le portfolio du festival de La Réunion, en savoir plus sur le film « Une séparation » ou encore suivre Leïla Bekhti pendant une année.

      Vous le savez, le principe des concours sur ce blog est de vous faire travailler un peu et aussi de ne vous faire gagner des places de cinéma que pour des films que je défends ou que pour des magazines que j’apprécie comme celui-ci. Je lis Studio Ciné Live depuis bien longtemps, c’est-à-dire quand Studio et Ciné Live ne s’étaient pas encore « mariés » et sans doute cela a-t-il contribué à nourrir ma passion pour le cinéma. J’assume et revendique même de continuer à le lire, en appréciant son côté populaire qui s’assume (lui aussi) même si pour certains (non, je ne citerai pas de noms), le cinéma se doit d’être un art snob évoqué avec cynisme et condescendance.  Bref, je suis ravie de pouvoir continuer ce partenariat et que ce concours inaugure ceux de mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com , c’est pourquoi, ce mois-ci je vous propose un concours un petit peu différent de d’habitude et de participer non pas en envoyant un email mais en répondant à la suite de la note sur http://inthemoodlemag.com pour inaugurer ce nouveau blog  : http://inthemoodlemag.com/?p=277 .

      REGLEMENT DU CONCOURS: Pour remporter cet exemplaire, dîtes-moi, avant le 11 décembre à minuit, quels sont les 5 films suivants (forcément des films de 2011, mais pas forcément encore sortis, des films dont je vous ai en tout cas parlé -en bien- sur inthemoodforcinema.com en 2011) et en une phrase dîtes-moi quel est pour vous le film le plus marquant de l’année, et pourquoi. Le gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses. N'hésitez pas à participer même si vous ne trouvez pas tous les films. Bonne chance!

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  • Résultats du Grand Prix des Blogueuses Elle 2011 : votre avis et questions à la rédaction du magazine...

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    Le magazine Elle a communiqué ce matin, par email, aux finalistes sélectionnées par la rédaction les noms des 12 "coups de coeur de la rédaction" (comme son nom l'indique, attribués par la rédaction) et le prix des internautes (celui ayant obtenu le plus grand nombre de voix des internautes, toutes catégories confondues) du Grand Prix des Blogueuses Elle 2011. Je faisais partie des 10 finalistes sélectionnées par la rédaction catégorie cinéma. Je vous en avais parlé, ici: http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2011/11/15/inthemood-selectionne-pour-le-prix-des-blogueuses-du-magazin.html

     Je m'étonne d'ailleurs de l'absence, dans la sélection de la rédaction, de ce qui est à mon avis le meilleur blog cinéma que je lis tous les jours: http://surlarouteducinema.com ... Comme vous le constaterez dans la liste des lauréates en bas de cet article, catégorie cinéma, c'est "Barbara fait son cinéma" ( http://barbarafaitsoncinema.over-blog.com/ )qui a gagné.

     Tout d'abord, je remercie tous ceux qui ont eu la gentillesse de voter pour inthemoodforcinema.com et qui l'ont fait chaque jour. Certains d'entre vous ont peut-être également découvert ce blog à cette occasion et j'en profite pour vous inviter à découvrir mon cinquième et nouveau blog http://inthemoodlemag.com (après inthemoodforcannes.com , inthemoodfordeauville.com, inthemoodforcinema.com, inthemoodforluxe.com ) sur les motivations duquel vous pourrez en savoir plus dans ses rubriques "A propos" mais également sur mon parcours si vous découvrez ces blogs à cette occasion(http://inthemoodlemag.com/?page_id=2 )  et dans la rubrique "Dans les médias" du blog en question.

    Je félicite le magazine Elle d'avoir eu l'audace d'ajouter cette année la catégorie cinéma à sa sélection...et me permets de relayer ici mes questions adressées à la rédaction. Vous le savez si vous suivez ce blog, j'ai participé à de nombreux concours (rarement des concours de blogs certes), et donc souvent gagné -comme vous le constaterez, ici: http://www.inthemoodforcinema.com/about.html/- mais aussi perdu...sans jamais contester...et je n'ai pas pour habitude d'être mauvaise perdante... (d'ailleurs, sans parler du mien, si un autre blog correspondant au règlement qui concourait également avait gagné, ces questions n'auraient pas lieu d'être). Sans doute est-ce dû à mon passé (dans une autre vie...) d'étudiante en droit qui fait que je suis toujours soucieuse des règlements quels qu'ils soient, d'autant plus lorsque celui-ci a été établi par un magazine que j'apprécie pour son sérieux, c'est pourquoi je relaie ici mes questions posées à la rédaction, et leurs réponses, à ce sujet.

    Tout en félicitant la gagnante, je m'interroge en effet néanmoins sur les critères de choix et le respect du règlement a fortiori car il était stipulé dans le règlement (  http://www.elle.fr/Site/Grand-Prix-des-Blogueuses-ELLE-2011/Reglement ) que " Les rédactions prennent en compte la qualité éditoriale du blog et la qualité des photos postées sur le blog"  et sachant que la gagnante a publié le nombre astronomique de ...0 photo! 

    L'autre critère était la qualité éditoriale. Même si qualité n'est pas synonyme de quantité, il me semble que la passion qui est censée guider un blog implique d'écrire assez régulièrement. Or, la gagnante écrit une note par semaine...voire tous les 15 jours et en plus pas toujours à propos du cinéma, ce qui fait très peu d'articles sur le cinéma et surtout beaucoup moins que tous les autres blogs concurrents ( http://www.elle.fr/Site/Grand-Prix-des-Blogueuses-ELLE-2011/(categorie)/cinema) . Il ne s'agit encore une fois pas de remettre en cause ce prix ni de stigmatiser la lauréate mais simplement de connaître les critères de choix et de savoir pourquoi un des deux critères du règlement n'a pas été pris en compte par la rédaction. J'ai donc posé les mêmes questions au magazine et comme je n'ai eu que les réponses sibyllines ci-dessous et sachant que des rédactrices du magazine me suivent sur twitter, je me suis dit que j'aurais peut-être davantage d'éclaircissements en publiant mes questions ici.

    Voici mes questions et les réponses du magazine:

    Concernant ma question de savoir s'il s'agissait bien d'un vote de la rédaction et non des internautes puisque le blog gagnant a également obtenu le plus grand nombre de votes des internautes (je persiste d'ailleurs à croire que la rédaction, faute de temps et peut-être d'intérêt pour ce prix, s'est basée sur ces votes), la réponse a été la suivante: "La rédaction a fait son choix en tout état de cause : effectivement il était du devoir de chacune de surfer sur les différents blogs, et de donner son vote. Barbara fait son cinéma en a récolté le plus grand nombre. D’où sa victoire en tant que blog « coup de cœur »" et voici la réponse à ma question sur les critères de choix des jurées   "Il est difficile de répondre à votre seconde question car la réponse est fondée sur la subjectivité des jurées.  Chacune a voté selon son goût, je ne puis vous en dire plus". Il me semble que si, certes, la subjectivité entre en ligne de compte dans un concours, le respect d'un règlement est en revanche purement objectif.

    Votre avis est le bienvenu... Que je gagne ou non ne changera rien à mes passions viscérales pour le cinéma et l'écriture qui m'animent depuis tant d'années déjà, ni à mes projets, mais il me semble qu'un magazine sérieux comme Elle (par lequel je n'avais pas été déçue jusqu'à présent de ma participation à son jury des lectrices à ma participation aux Présidentielles à l'occasion desquelles le magazine avait permis à quelques lectrices d'interroger les candidats à la dernière Présidentielle) se doit de respecter le règlement qu'il établit et de respecter ses lectrices, c'est pourquoi je suis persuadée que j'aurai très prochainement une réponse plus précise et une lumineuse explication ici.

    Félicitations aux lauréates dont voici les blogs :

    Les 12 coups de cœur de la rédaction :

    Mode Anne-Catherine a truly intriguing subject.
    Chroniques Mich et Auré La Michauré
    CuisineB. Wak J'veux être bonne
    Beauté RDF Ravalement de façade
    Dessins Vee Un lézard à Madinina
    Créations La princesse aux bidouilles à pois Cabinet à bidouilles
    Mamans Mère Borde lMais pourquoi je deviens mère Bordel ??!
    Société Erhbd (Précaire Anoynme) / Almira Gulsh / Isabelle Follador / Galliane Paye ton précaire
    Sexe La Tchipie Tchiiip !!!
    Littérature Tamara, Marie-Adélaïde, Noémie, Mélanie Lectrices and the city
    Voyage Two travelling birdsTwo travelling birds
    Cinéma Barbara Barbara fait son cinéma

     Et la gagnante du prix des internautes : Chroniques Princesse Soso Foo d'amour

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  • Critique - « Le Samouraï » de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon en DVD restauré et Blu-ray inédit à partir du 7 décembre 2011

     

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    Il était évidemment impossible que je ne vous parle pas de la sortie du « Samouraï » en DVD restauré et Blu-ray inédit d’abord parce que c’est un des films à l’origine de ma passion pour le cinéma qui s’est au départ et dès l’enfance nourrie surtout de cinéma policier, ensuite parce que c’est un chef d’œuvre du maître du cinéma policier et accessoirement un de mes cinéastes de prédilection, Jean-Pierre Melville, et enfin parce que c’est un des meilleurs rôles d’Alain Delon qui incarne et a immortalisé le glacial, élégant et solitaire Jef Costello tout comme il immortalisa Tancrède, Roch Siffredi, Corey, Robert Klein, Roger Sartet, Gino dans les films de Clément, Deray, Visconti, Verneuil, Losey, Giovanni. Si je ne devais vous recommander qu’un seul polar, ce serait sans doute celui-ci…

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    Jef Costello est un tueur à gages dont le dernier contrat consiste à tuer le patron d’une boîte de jazz, Martey. Il s’arrange pour que sa maîtresse, Jane (Nathalie Delon), dise qu’il était avec elle au moment du meurtre. Seule la pianiste de la boîte, Valérie (Cathy Rosier) voit clairement son visage. Seulement, lorsqu’elle est convoquée avec tous les autres clients et employés de la boîte pour une confrontation, elle feint de ne pas le reconnaître… Pendant ce temps, on cherche à  tuer Jef Costello « le Samouraï » tandis que le commissaire (François Périer) est instinctivement persuadé de sa culpabilité qu’il souhaite prouver, à tout prix.

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    © Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    Dès le premier plan, Melville parvient à nous captiver et plonger dans son atmosphère, celle d’un film hommage aux polars américains…mais aussi référence de bien des cinéastes comme Johnny To dans « Vengeance » dans lequel le personnage principal se prénomme d’ailleurs Francis Costello mais aussi Jim Jarmusch  dans « Ghost Dog, la voie du samouraï » sous oublier Michael Mann avec « Heat » , Quentin Tarantino  avec « Reservoir Dogs » ou encore John Woo dans « The Killer » et bien d’autres qui, plus ou moins implicitement, ont cité ce film de référence…et d’ailleurs très récemment le personnage de Ryan Gosling dans « Drive » présente de nombreuses similitudes avec Costello (même si Nicolas Winding Refn est très loin d’avoir le talent de Melville qui, bien que mettant souvent en scène des truands, ne faisait pas preuve de cette fascination pour la violence qui gâche la deuxième partie du film de Nicolas Winding Refn malgré sa réalisation hypnotique) ou encore le personnage de Clooney dans "The American" d'Anton Corbijn.

    Ce premier plan, c’est celui du Samouraï à peine perceptible, fumant, allongé sur son lit, à la droite de l’écran, dans une pièce morne dans laquelle le seul signe de vie est le pépiement d’un oiseau, un bouvreuil. La chambre, presque carcérale, est grisâtre, ascétique et spartiate avec en son centre la cage de l’oiseau, le seul signe d’humanité dans cette pièce morte (tout comme le commissaire Mattei interprété par Bourvil dans « Le Cercle rouge » a ses chats pour seuls amis).  Jef Costello est un homme presque invisible, même dans la sphère privée, comme son « métier » exige qu’il le soit. Le temps s’étire. Sur l’écran s’inscrit « Il n’y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï si ce n’est celle d’un tigre dans la jungle…peut-être… » ( une phrase censée provenir du « Bushido, le livre des Samouraï » et en fait inventée par Melville). Un début placé sous le sceau de la noirceur et de la fatalité comme celui du « Cercle rouge » au début duquel on peut lire la phrase suivante : "Çakyamuni le Solitaire, dit Siderta Gautama le Sage, dit le Bouddha, se saisit d'un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit : " Quand des hommes, même sils l'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents, au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge (Rama Krishna)".

    Puis, avec calme et froideur (manière dont il agira tout au long du film), Costello enfile sa « panoplie », trench-coat et chapeau, tandis que son regard bleu acier affronte son image élégante et glaciale dans le miroir. Le ton est donné, celui d’un hiératisme silencieux et captivant qui ne sied pas forcément à notre époque agitée et tonitruante. Ce chef d’œuvre (rappelons-le, de 1967) pourrait-il être tourné aujourd’hui ? Ce n’est malheureusement pas si certain…

    Pendant le premier quart d’heure du film, Costello va et vient, sans jamais s’exprimer, presque comme une ombre. Les dialogues sont d’ailleurs rares tout au long du film mais ils  ont la précision chirurgicale et glaciale des meurtres et des actes de Costello, et un rythme d’une justesse implacable : «  Je ne parle jamais à un homme qui tient une arme dans la main. C’est une règle ? Une habitude. » Avec la scène du cambriolage du « Cercle rouge » (25 minutes sans une phrase échangée), Melville confirmera son talent pour filmer le silence et le faire oublier par la force captivante de sa mise en scène. (N’oublions pas que son premier long-métrage fut « Le silence de la mer »).

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    © Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    La mise en scène de Melville est un modèle du genre, très épurée (inspirée des estampes japonaises), mise en valeur par la magnifique photographie d’Henri Decae, entre rues grises et désertes, atmosphère grise du 36 quai des Orfèvres, passerelle métallique de la gare, couloirs gris, et l’atmosphère plus lumineuse de la boîte de jazz ou l’appartement de Jane. Il porte à la fois le polar à son paroxysme mais le révolutionne aussi, chaque acte de Costello étant d’une solennité dénuée de tout aspect spectaculaire.

    Le scénario sert magistralement la précision de la mise en scène avec ses personnages solitaires, voire anonymes. C’est ainsi « le commissaire », fantastique personnage de François Périer en  flic odieux prêt à tout pour satisfaire son instinct de chasseur de loup (Costello est ainsi comparé à un loup) aux méthodes parfois douteuses qui fait songer au « tous coupables » du « Cercle rouge ». C’est encore « La pianiste » (même si on connaît son prénom, Valérie) et Jane semble n’exister que par rapport à Costello et à travers lui dont on ne saura jamais s’il l’aime en retour. Personnages prisonniers d’une vie ou d’intérieurs qui les étouffent comme dans « Le cercle rouge ».

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    © Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    Le plan du début et celui de la fin se répondent ainsi ingénieusement : deux solitudes qui se font face, deux atmosphères aussi, celle grisâtre de la chambre de Costello, celle, plus lumineuse, de la boîte de jazz mais finalement deux prisons auxquelles sont condamnés ces êtres solitaires qui se sont croisés l’espace d’un instant.  Une danse de regards avec la mort qui semble annoncée dès le premier plan, dès le titre et la phrase d’exergue. Une fin cruelle, magnifique, tragique (les spectateurs quittent d’ailleurs le « théâtre » du crime comme les spectateurs d’une pièce ou d’une tragédie) qui éclaire ce personnage si sombre qui se comporte alors comme un samouraï sans que l’on sache si c’est par sens du devoir, de l’honneur…ou par un sursaut d’humanité.

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    © Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    Que ce soit dans « Le Doulos », « Le Deuxième souffle » et même dans une autre mesure « L’armée des ombres », on retrouve toujours chez Melville cet univers sombre et cruel, et ces personnages solitaires qui firent dirent à certains, à propos de « L’armée des ombres » qu’il réalisait un « film de gangsters sous couverture historique » … à moins que ses « films de gangsters » n’aient été à l’inverse le moyen d’évoquer cette idée de clandestinité qu’il avait connu sous la Résistance. Dans les  films précédant « L’armée des ombres » comme « Le Samouraï », Melville se serait donc abrité derrière des intrigues policières comme il s’abritait derrière ses indéfectibles lunettes, pour éviter de raconter ce qui lui était le plus intime : la fidélité à la parole donnée, les codes qui régissent les individus vivant en communauté. Comme dans « L’armée des ombres », dans « Le Samouraï » la claustrophobie psychique des personnages se reflète dans les lieux de l’action et est renforcée d’une part par le silence, le secret qui entoure cette action et d’autre part par les «couleurs », terme d’ailleurs inadéquat puisqu’elles sont ici aussi souvent proches du noir et blanc et de l’obscurité. Le film est en effet auréolé d’une lumière grisonnante, froide, lumière de la nuit, des rues éteintes, de ces autres ombres condamnées à la clandestinité pour agir.

    Evidemment, ce film ne serait sans doute pas devenu un chef d’œuvre sans la présence d’Alain Delon (que Melville retrouvera dans « Le Cercle rouge », en 1970, voir ma critique ici, puis dans « Un flic » en 1972) qui parvient à rendre attachant ce personnage de tueur à gages froid, mystérieux, silencieux, élégant dont le regard, l’espace d’un instant face à la pianiste, exprime une forme de détresse, de gratitude, de regret, de mélancolie pour ensuite redevenir sec et brutal. N’en reste pourtant que l’image d’un loup solitaire impassible d’une tristesse déchirante, un personnage quasiment irréel (Melville s’amuse d’ailleurs avec la vraisemblance comme lorsqu’il tire sans vraiment dégainer) transformant l’archétype de son personnage en mythe, celui du fameux héros melvillien. 

    Avec ce film noir, polar exemplaire, Meville a inventé un genre, le film melvillien avec ses personnages solitaires portés à leur paroxysme, un style épuré d’une beauté rigoureuse et froide et surtout il a donné à Alain Delon l’un de ses rôles les plus marquants, finalement peut-être pas si éloigné de ce samouraï charismatique, mystérieux, élégant et mélancolique au regard bleu acier, brutal et d’une tristesse presque attendrissante, et dont le seul vrai ami est un oiseau. Rôle en tout cas essentiel dans sa carrière que celui de ce Jef Costello auquel Delon lui-même fera un clin d’oeil dans « Le Battant ». Melville, Delon, Costello, trois noms devenus indissociables au-delà de la fiction.

    Sachez encore que le tournage se déroula dans les studios Jenner si chers à Melville, en 1967, des studios ravagés par un incendie…et dans lequel périt le bouvreuil du film. Les décors durent être reconstruits à la hâte dans les studios de Saint-Maurice.

    Édités par Pathé, le DVD restauré et le Blu-ray inédit du film « Le Samouraï » seront disponibles à partir du 7 décembre 2011. Les deux supports contiennent un sublime livret de 32 pages au cours desquelles le journaliste Jean-Baptiste Thoret raconte la genèse du film et nous livre une analyse complète de l’œuvre et de son influence dans le cinéma français et international. Les Bonus sont enrichis par des documents inédits : un documentaire « Melville-Delon : de l’honneur à la nuit » et le Journal Télévisé de 20h de 1967 qui diffuse un reportage sur le film. Vendue au prix de 19.99€ pour le DVD et 24.99€ pour le Blu-ray, cette réédition exceptionnelle est l’occasion de redécouvrir les couleurs magistrales de ce chef d’œuvre du cinéma policier.

    Je vous recommande aussi cette interview d’Alain Delon pendant le tournage de « Mélodie en sous-sol »  réalisée en 1963 dans laquelle apparaît toute sa détermination, son amour du métier…que je ne retrouve malheureusement pas chez beaucoup d’acteurs aujourd’hui.

     

     

    Autres articles consacrés à Alain Delon sur inthemoodforcinema.com :

     

    Dossier spécial "Le Guépard" de Visconti ( critique du film, mes vidéos de la présentation du film par Cardinale, Delon, Scorsese à Cannes, et reportage) avec, en bonus, mes critiques de "Rocco et ses frères" et "Lduwig ou le crépuscule des Dieux".

    Retrouvez également les critiques des films suivants en cliquant sur leurs titres:

      La Piscine », « Borsalino », « Le Guépard », « Monsieur Klein »,  « Le Cercle rouge », "Le Professeur", "Plein soleil"

    Critique de pièces de théâtre avec Alain Delon:

    "Une journée ordinaire" (première de la pièce)

    "Lovers letters"

    "Sur la route de Madison"

    Autre:

    Mireille Darc met en scène Alain Delon pour l'opération "plus de vie"

    Retrouvez aussi cet article sur mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com : http://inthemoodlemag.com/?p=269

    Lien permanent Imprimer Catégories : CYCLE ALAIN DELON, GROS PLAN SUR DES CLASSIQUES DU SEPTIEME ART Pin it! 3 commentaires
  • Critique de "Quantum of Solace" de Marc Forster: la vengeance implacable de 007 (ce soir, à 20H45, sur France 2)

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    Après « Casino Royale », un James Bond particulièrement jubilatoire et réussi à tous points de vue (scénario, action, montage, jeu, réalisation…) qui avait fait l’unanimité et qui était aussi le premier dans lequel Daniel Craig interprétait 007 (qui lui aussi avait fait l’unanimité après avoir pourtant suscité une vive polémique lorsqu’on avait annoncé qu’il succéderait à Pierce Brosnan), je me suis donc précipitée dès son premier jour de sortie (inhabituellement un vendredi) voir ce « Quantum of Solace » qui en est en quelque sorte la suite, pour savoir s’il serait à la hauteur du précédent et pour voir comment ce dernier allait assouvir sa soif de comprendre et surtout de vengeance.

    Trahi par Vesper Lynd (Eva Green)  dans « Casino Royale », la jeune femme qui l’aimait qui fut forcée à le trahir, James Bond (Daniel Craig) est en effet décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à agir ainsi. Bond est alors conduit sur la piste de Dominic Greene (Mathieu Amalric), homme d’affaires impitoyable et pilier d’une mystérieuse organisation nommée « Quantum ». Il croise alors la route de la belle et pugnace Camille (Olga Kurylenko) qui cherche à se venger elle aussi.  Greene veut ainsi prendre le contrôle de l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l’organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique. Afin de déjouer le sinistre plan de Greene,  Bond doit alors absolument garder de l’avance sur la CIA, les terroristes et même M  (Judi Dench qui l’incarne ici pour la sixième fois) qui veut l’empêcher d’assouvir son désir de vengeance.

    Ce 22ème volet de la saga James Bond a suscité une attente à la hauteur de la réussite et de l’engouement pour le précédent volet dont il est la suite, l’intrigue commençant en effet une heure après la fin de « Casino Royale ». Ce volet pourra être compris sans problèmes par ceux qui n’ont pas vu le précédent, il aura néanmoins davantage de sens et de saveur pour les autres.

    Comme ce titre n’aura pas manqué de vous intriguer, précisons d’abord que « Quantum of Solace » vient d’une nouvelle de Ian Fleming et que cela signifie dans le contexte du film qu'une relation ne peut être sauvée que si la confiance est restaurée entre les deux parties, "Quantum" signifiant quantité et "Solace" consolation.  Quantum of Solace fait par ailleurs ici référence à deux éléments : tout d'abord au fait que Bond cherche à se consoler de la  mort de Vesper, et ensuite à Quantum, l'organisation criminelle à laquelle il est confronté et qu'il va devoir combattre.

    Comme toujours avec James Bond, cela commence par des cascades époustouflantes qui font crisper les mains des spectateurs sur leurs fauteuils et qui maintiennent leurs yeux écarquillés rivés à l’écran. C’est en Toscane, à Sienne, que débute ce dernier volet et le montage nerveux, efficace nous captive (capture même) d’emblée. C’est un Bond au cœur brisé qui laisse entrevoir ses fêlures, mais aussi plus violent et glacial qui use et abuse de son « permis de tuer », qui réapparaît auquel Daniel Craig apporte une dureté, une intensité, une classe et à côté duquel les précédents acteurs l’ayant incarné font bien pâle figure.   Malgré sa violence, ses failles qui l’humanisent, son avidité de vengeance  et sa solitude (même la fidèle M doute de lui) suscitent notre empathie de même que le personnage de Camille guidée par une blessure que seule la vengeance semble pouvoir soigner. Leurs désirs de vengeance et leurs deux personnalités blessées se heurtent et se font intelligemment écho.

    Certains seront sans doute décontenancés par ce James Bond qui a perdu certaines caractéristiques qui contribuaient à sa spécificité : il n’utilise (temporairement) plus ou si peu de gadgets, a perdu son flegme et son humour britanniques, et se rapproche davantage de Jason Bourne que du héros de Ian Fleming. Il a aussi su s’adapter à l’époque complexe dans laquelle il vit : le méchant n’est plus un monstre sanguinaire qui veut dominer le monde interprété par un acteur au physique patibulaire et au jeu grandiloquent mais il prend ici les traits du Français Mathieu Amalric dont un simple regard suffit à faire comprendre la détermination haineuse. Il est aussi confronté à de nouveaux ennemis et aux maux de son époque dont l’environnement et les ressources naturelles deviennent un enjeu capital et parfois une trompeuse façade de générosité pour criminels et personnages cupides. James Bond confirme donc son entrée dans une nouvelle ère amorcée par « Casino Royale ».

    On assiste ainsi à une véritable surenchère : dans les scènes d’action (leur nombre et leur aspect spectaculaire), dans le nombre de plans, mais aussi dans le nombre de lieux, James Bond nous embarquant ainsi en Italie, en Autriche, à Haïti, en Bolivie, en Russie et en ville aussi bien qu’en plein désert. C’est aussi d’ailleurs pour cela qu’on se rue dans les salles à chaque nouveau volet : pour ce  voyage auquel il nous invite, il nous emmène ailleurs dans tous les sens du terme et de ce point de vue aussi ce James Bond est particulièrement réussi.

    La BO innove elle aussi puisqu’elle est pour la première fois interprétée par un duo, en l’occurrence formée par Alicia Keys et Jack White (des White Stripes). Marc Forster (« A l’ombre de la haine », « Neverland », « Stay ») qui succède à Martin Campbell est quant à lui un réalisateur efficace et appliqué même si la profusion de plans et d’angles de prise de vue nous égarent parfois.

    Le seul vrai bémol : c’est certainement le scénario (pourtant de nouveau cosigné Paul Haggis notamment réalisateur de « Collision » et scénariste de « Million Dollar Baby » mais aussi coscénariste de « Casino Royale ») plus léger que celui, il est vrai si dense et riche en rebondissements, de « Casino royale » mais il en faudrait plus pour bouder notre plaisir et pour que je ne vous recommande pas ce nouveau volet, transition réussie et nécessaire vers de nouvelles aventures peut-être moins sombres,  dont une scène remarquable sur un air de Tosca mérite, à elle seule, le détour.

    Daniel Craig aurait signé pour 4 James Bond. Vivement les prochains ! En attendant allez voir ce dernier James Bond, vous y trouverez votre quantité de consolation…ou en tout cas de divertissement et d’adrénaline, je vous le garantis.

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