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  • « Les temps qui changent » d’André Téchiné : de sublimes « égarés » à Tanger.

    medium_temps_qui_changent.jpgUn premier amour peut-il devenir un dernier amour ? C’est autour de cette question passionnante, de cette idée malheureusement apparemment désuète, que tournent ces « temps qui changent » et c’est aussi la réponse affirmative à cette question qui dicte les actes d’Antoine (Gérard Depardieu) qui depuis plusieurs années cherche à venir travailler et diriger un chantier à Tanger pour retrouver Cécile (Catherine Deneuve) qu’il a aimée 30 ans plus tôt. Cécile s’est pourtant remariée mais cela n’arrête pas Antoine persuadé que ce premier amour doit être son dernier amour. Le couple mythique du non moins légendaire « Dernier métro » de Truffaut se trouve ici à nouveau réuni pourtant leurs retrouvailles seront ici aux antipodes du romantisme. Ce sera dans un supermarché. Ce sera l’émotion qui submerge Antoine. Ce sera Antoine qui tellement bouleversé se cogne contre la vitre du supermarché. Ce sera le mari de Cécile (interprété par Gilbert Melki) qui vient au secours d’Antoine. Ce sera Cécile qui le découvre, là, à terre, le nez ensanglanté. Et il va se cogner à la vie, à la réalité l’idéaliste Antoine. La réalité des temps qui changent. La réalité de l’indifférence de Cécile. La réalité des corps et des situations bouleversés. La réalité de l’oubli.
    Là où d’autres auraient démontré, insisté, prenant le spectateur en otage, lui dictant ses émotions, Téchiné sait suggérer par une colère subite, une main qui se pose sur une autre, un regard fuyant. Depardieu est magistral en colosse fragile et Deneuve étonnant de fragilité endurcie. On pourra regretter que Téchiné amorce plusieurs histoires, tous ces destins qui s’entremêlent nous laissant un goût d’inachevé, mais faisant la force du film ne le réduisant ainsi pas à un clin d’œil cinéphilique. La caméra vacille constamment, hésite, cherche, bouge, change… Cécile vacillera-t-elle à son tour ? Un premier amour peut-il devenir un dernier amour ? Pour le savoir, rendez-vous dans les salles obscures pour ce voyage passionné et passionnant à Tanger que je vous recommande vivement et qui ravira forcément les inconditionnels du cinéaste (dont je suis) et qui ravira ceux qui s’agacent du cynisme ambiant. (dont je suis également).
    Un film inégal, mélancolique traversé par de fugaces instants magiques comme seul Téchiné en a le secret, comme chacun de ses films en recèle.
    Note : A voir absolument du même cinéaste « Les Egarés », « Hôtel des Amériques », « le lieu du crime » …et tous les autres.

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  • Les sœurs fâchées d’Alexandra Leclère : un premier film très prometteur.

    medium_soeurs.2.jpgPour son premier film Alexandra Leclère a choisi de nous conter l’histoire de Louise (Catherine Frot), esthéticienne au Mans, venue passer 3 jours chez sa sœur Martine (Isabelle Huppert), à Paris pour rencontrer un potentiel éditeur. C’est dans ce face à face singulier que réside tout l’intérêt de ce premier film plus que prometteur. Louise va malgré elle faire exploser l’existence glacialement routinière de Martine. Renoir aurait appelé ce film un « drame gai », tant la frontière entre drame et comédie est étanche avec pour résultat un film au rythme enlevé au cours duquel on ne s’ennuie pas une seule seconde. C’est une comédie savoureuse, savoureusement grinçante même dans laquelle comédie et noirceur, voire cruauté s’entremêlent. Le face à face entre Louise et se joie de vivre constante, sa gentillesse inaltérable, presque envahissante, et la cinglante Martine est jubilatoire. Une magnifique scène d’opéra avec leurs visages en gros plan résume merveilleusement la capacité émotive de l’une et l’indifférence, l’indolence, de l’autre. Catherine Frot interprète magnifiquement ce rôle en or, véritable personnage chaplinesque faisant penser à Villeret ou à Bourvil pour cette impression donnée au spectateur de pouvoir passer du rire à la mélancolie avec une déconcertante facilité. Les seconds rôles sont également brillamment distribués avec un François Berléand, dans un rôle inédit et Brigitte Catillon, parfaite dans le rôle de la parisienne snob et cynique. Le sujet se prêtait à la caricature, la réalisatrice-scénariste ne plonge jamais dans cet écueil. On songe à de brillantes références, notamment à Claude Sautet, cette « histoire simple »étant aussi celle « d’un cœur en hiver »capable de colères et de violence soudaines comme souvent chez les personnages de Sautet, une référence corroborée par la présence de la lancinante mélodie de Philippe Sarde, compositeur attitré de Claude Sautet. Ce film n’est néanmoins pas une copie de tel ou tel style, il possède son ton bien à lui, la singularité d’une réalisatrice qui devrait compter…
    Remarque:Alexandra Leclère a signé en 2002 un court-métrage, Bouche-à-bouche, avec Alexandra Vandernoot et Helene Foubert dans le rôle de... deux soeurs.

    Sandra.M

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