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Avant-première : « L’affaire Farewell » de Christian Carion avec Guillaume Canet, Emir Kusturica… (Festival Paris Cinéma 2009)

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Hier soir, toujours dans le cadre du Festival Paris Cinéma, était projeté en avant-première « L’affaire Farewell » de Christian Carion, en présence d’une grande partie de l’équipe du film.

 

 

 

Après « Une Hirondelle a fait le printemps » (2001) puis « Joyeux Noël » (2005) et sa guerre de 1914, c’est cette fois en 1981 à Moscou que nous emmène Christian Carion, en pleine Guerre Froide.  Le colonel Grigoriev, membre du KGB (Emir Kusturica) décide de faire tomber le système. Il prend contact avec un ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment (Guillaume Canet) et lui transmet des documents secrets concernant le système de défense américain. Connu sous le nom de code « Farewell », il va ainsi contribuer à l’effondrement de l’URSS en affaiblissant considérablement son système d’espionnage industriel et militaire mis en place à l’Ouest.

 

Passionnée par le cinéma d’espionnage, ce film contenait tous les ingrédients pour (me)  plaire : l’histoire d’un homme ordinaire confronté à une histoire (et Histoire) extraordinaire, une des affaires d’espionnage les plus étonnantes du 20ème siècle,  une histoire vraie avec de fortes implications historiques et politiques,  une dualité très cinématographique entre le bloc de l’Est et celui de l’Ouest, un casting prestigieux (Guillaume Canet, Emir Kusturica, Willem Dafoe, Niels Arestrup, …).

 

Alors comment se fait-il que cela fonctionne si mal, que je n’y ai pas cru une seule seconde… le comble quand on sait qu’il s’agit d’un thriller d’espionnage inspiré de faits réels et adapté d’un roman de Sergueï Kostine ?

 

Ce nouveau long de Christian Carion souffre en effet d’un terrible manque de rythme, de structure et surtout de tension ! Cet épisode historique pourtant passionnant n’est finalement que survolé,  Christian Carion ayant ainsi préféré se concentrer d’un côté sur un thème qui semble lui être cher, celui de la fraternité et de l’amitié naissante entre l’ingénieur français et le membre du KGB, mais aussi de l’autre côté sur l’opposition entre l’Est et l’Ouest, et la soif de liberté à l’Est,  symbolisée par cette scène où le fils de Grigoriev se déchaîne en écoutant Queen sur son walkman importé de l’Ouest, ces images alternant avec celles de Freddie Mercury  sur scène. Grigoriev et Froment sont les incarnations humaines de ces deux mondes à la fois si semblables et différents.

 

Tout comme les changements brusques de lieux à la James Bond ou à la Jason Bourne et les plongées dont Christian Carion abuse, ce parallèle semble alors très artificiel.

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 Il en délaisse alors l’intrigue secondaire entre Pierre Froment et son épouse (de même que l’histoire personnelle de Grigoriev) qui n’accepte pas sa dangereuse mission. Elle disparaît de l’intrigue pour réapparaître brutalement, coupant ainsi court à tout enjeu dramatique naissant.  Les dialogues sont aussi parfois un peu plats face à la démesure de l’enjeu avec notamment le mémorable « j’ai un ulcère depuis cet été » dans une scène où la tension aurait dû culminer.

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En voulant traiter à la fois la dimension politique et humaine mais aussi l’implication des présidents  Reagan et Mitterrand (respectivement incarnés par  Philippe Magnan et Fred Ward, le premier faisant preuve d’ autant de justesse et de mesure que le second en est dépourvu),   Christian Carion se disperse en même temps que notre attention. Peut-être que pour éviter  ce style hybride voire indéfini aurait-il dû choisir carrément le parti pris documentaire ou celui de la fiction totale (en donnant à Miterrand et Reagan ou Gorbatchev des noms fictifs).

 

Certains personnages frôlent le grotesque et au lieu de relâcher une pseudo tension contribuent à donner au film un ton indéfinissable et vain.

 

Heureusement, comme toujours, Guillaume Canet est d’une justesse stupéfiante et irréprochable en homme ordinaire  dépassé par les évènements et son "duo" avec Emir Kusturica fonctionne plutôt bien. La musique (( de Clint Mansell) est aussi plutôt réussie… même si elle ne tombe pas toujours aux moments opportuns.

 

Lisez plutôt le roman qui retrace cet épisode capital de l’histoire de la Guerre Froide … et vous informera plus précisément ou bien voyez le film si vous voulez en avoir une idée globale et imprécise.

 

 

Sortie en salles : le 23 septembre 2009

Commentaires

  • Je l'ai vu aussi, et comme toi je ne suis jamais rentré dans le film, même si j'aurais bien voulu!
    Guillaume Canet est bien mais Kusturica n'est quand même pas un acteur et çà se voit!Un trop grand rôle pour un début! Certains personnages sont grottesques ou inexistants, au bout d'une demi-heure, on s'ennuie ferme, poliment on attend la fin!
    Pas de rythme, on n'est jamais vraiment captivé, un sujet trop grand pour un réalisateur qui ne devrait se contenter de filmer de "petites histoires simples" comme le joli "Une hirondelle a fait le printemps".

  • @ Georges: Je crois comme toi que ce genre d'histoires n'est pas fait pour Christian Carion, qu'il a voulu jouer dans une cour qui n'est pas la sienne! Dommage: le sujet était passionnant!

  • Bonjour, j'ai également assisté à la projection du film lors du festival Paris Cinéma. Je ne partage pas du tout vos avis, je trouve que c'est un grand film, les acteurs sont formidables et l'histoire tout à fait incroyable ! Évidemment la mise en scène c'est pas dans l'esprit de Jason Bourne, c'est différent, on aime ou on aime pas mais c'est tout de même très maîtrisé. Je trouve qu'ici Christian Carion fait un grand pas (je n'étais pas fan de ses précédents films) , ses acteurs sont formidablement dirigés et très bien incarnés, l'aspect humain n'est pas laissé de côté (c'est la force de Carion). On est plus dans le registre de "Les Patriotes" de Rochan que je trouvais formidable également, ou de "La vie des autres". J'ai pu discuter avec plusieurs personnes en sortant de la projection qui ont toutes été conquises par ce film, l'ovation était d'ailleurs plutôt convaincante.
    En tout cas merci pour ce blog et nous faire partager et découvrir les nouveautés.

  • D'accord avec georges, Carion n'est pas du tout à la hauteur du sujet (comme pour "joyeux noël"...), un sujet pourtant fascinant. J'invite les fans d'espionnage à se tourner vers le livre de Kostine qui relate cette histoire dans toute sa dimension "dostoïevskienne".

  • @ Julien: à l'exception du contexte, j'ai du mal à voir le lien entre ce film et l'excellent "La vie des autres" dont le scénario est absolument irréprochable et la psychologie des personnages ciselée, au contraire d'ici.

    @ Guy Kartabian: C'est vrai que le sujet était fascinant et se prêtait à un excellent film. Dommage... Je devrais peut-être lire le bouquin alors...

  • Bonjour,
    j'ai vu ce film hier, en Label UGC, et je suis d'accord en tout point avec votre critique! Une déception d'un bout à l'autre. Nous avons bien espéré que le film décolle, que la tension s'intensifie, ou qu'au moins le réalisateur se décide sur son angle d'attaque... mais non. Rien. C'est vraiment dommage.

  • Bonjour,
    J'ai vu le film en avant-première hier, et je trouve que ta critique est tout à fait juste ! Quelle déception, moi qui voulais sincèrement aimer ce film, étant une grande admiratrice de Christian Carion et de Guillaume Canet. Cette histoire qui aurait pu être passionnante ne donne qu'un film plat et manquant cruellement de tension dramatique.

  • @ Caroline: oui, c'est vraiment dommage car tous les ingrédiens étaient là pour un grand film...
    @ Coralie:Guillaume Canet ne démérite pas mais le reste... Immense déception pour moi également.

  • moi , j'ai beaucoup aimé ce film et aussi le jeu des 2 acteurs principaux et les sentiments d'amitié et de complicité entre les 2 personnages.
    par contre, les présidents sont un peu ridicules , j'ai eu du mal à y croire..." l'habit ne fait pas le moine"
    les scènes d'interrogatoires et de tortures étaient trop soft , trop simplifiées, pas assez de tension psychologique

    mais dans l'ensemble: TB

  • @jouan: les scènes de torture soft??? C'est pas antithétique comme formule...? Pour les présidents, cela ne m'a pas trop choquée, c'est de toute façon difficile, la comparaison avec la réalité étant inévitable. Le problème est surtout un problème de structure scénaristique.

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